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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
07/05/2019
André Letowski 
Emploi 

Les cadres tentés par une forme d’emploi non salarial

Mais ils hésitent au regard des avantages de leur situation de salarié.
Si les cadres sont tentés de quitter le salariat pour plus d’autonomie et de réalisation de soi, la rémunération régulière et la sécurité de l’emploi les fait beaucoup hésiter.

Avant tout pour les cadres, l’activité professionnelle doit offrir une stabilité financière, et donc percevoir des revenus réguliers (très important pour 64 %), plus que le montant élevé de la rémunération (26 %), et bénéficier de la sécurité de l’emploi (40 %). Ce besoin de sécurité financière est particulièrement prégnant chez les cadres âgés de 35 à 44 ans (71 %) ; les femmes y sont plus sensibles que les hommes (69 % vs 62).

D’autres aspects de la vie professionnelle apparaissent comme fondamentaux :

– Faire du bon travail (61 %), se sentir utiles à l’entreprise (52 %), exercer un métier qui a du sens (51 %), être reconnu (39 %), partager et transmettre un savoir (35 %)

– Mais aussi progresser et continuer à apprendre de nouvelles choses (56 %), et ce quel que soit leur âge mais plus encore au-delà de 55 ans (62 %), être autonome (49 %), prendre du plaisir (43 %), avoir des challenges (33 %), entreprendre de nouveaux projets (32 %), travailler en équipe (30 %).

57 % se déclarent prêts à sortir du salariat dans l’absolu, notamment les cadres sans emploi (74 %) ou ceux insatisfaits de leur situation professionnelle (69 % vs 53 les satisfaits), ainsi que les cadres âgés de moins de 40 ans (62 % vs 53). 7% disent ne pas du tout être attachés au salariat vs 43 % très attachés.

Cependant, la sortie du salariat n’est le plus souvent pas imaginée. Les prérequis permettant d’y songer concrètement sont principalement de deux ordres : l’existence d’un projet solide et motivant, et la garantie de revenus suffisants et réguliers.

17 % ont déjà expérimenté une forme d’emploi alternative au salariat classique, essentiellement via le micro-entrepreneuriat (12 % en moyenne, 13 % des hommes, 10 % des femmes); les autres formes d’emploi ne concernent qu’une minorité de cadres avec des taux de pratique de l’ordre de 2 à 5 %.

Les cadres sans emploi ont un peu plus souvent déjà fait l’expérience d’une forme d’emploi autre que le salariat (21 %), plus fréquemment le micro-entrepreneuriat et le portage salarial (15 et 9 %), voire un groupement d’employeur (5 %).

Si dans l’ensemble, les cadres ont déjà quasiment tous entendu parler d’au moins une forme d’emploi autre que le salariat classique, ils sont en proportion peu nombreux à savoir précisément ce que recouvre chacune de ces formes d’emploi alternatives; les sans emploi et les plus de 45 ans sont plus au fait.

Les cadres semblent particulièrement attirés par la liberté que ces formes alternatives d’emploi offrent en termes d’organisation du temps de travail et de choix des missions, ainsi que par l’autonomie qu’elles confèrent dans la conduite des projets (décider soi-même à toutes les étapes, ne pas avoir de supérieur hiérarchique). Le micro-entrepreneuriat l’incarne plus particulièrement. Mais le pendant est une moindre sécurité financière.

Les inconvénients majeurs tournent essentiellement autour du risque financier (incertitude sur la capacité à se payer, irrégularité des revenus), voire l’absence de protection sociale pour le micro-entrepreneuriat.

Si les 3/4 des cadres ont une image positive de chacune des formes d’emploi alternatives, peu déclarent en avoir une très bonne image; noter que le micro-entrepreneuriat a très bonne presse auprès des cadres de moins de 35 ans (84 %); ceux ayant expérimenté les formes alternatives d’emploi ont une image nettement plus positive que les autres.

Les formes alternatives d’emploi suscitent l’intérêt : 16 % seraient d’ailleurs prêts à s’engager dans cette voie dans les trois prochaines années avec certitude et 40 % le seraient probablement. Les cadres de moins de 35 ans sont les plus enclins (61 % probablement, 20 % avec certitude), alors que les plus de 55 ans l’envisagent moins facilement.

Les cadres ayant déjà fait l’expérience d’une forme alternative d’emploi se montrent nettement plus disposés à y avoir nouveau recours (86 % probablement, 41 certainement). Mais 3/4 des cadres, qui envisagent de recourir à une autre forme d’emploi dans les trois ans à venir, n’en ont jamais fait l’expérience.



Plusieurs groupes de raisons pourraient conduire à choisir l’une des alternatives :

Pour 54 % un licenciement économique, une période sans activité ou de chômage; les cadres en emploi âgés de plus de 45 ans sont aussi ceux qui envisagent le plus un recours aux formes d’emploi alternatives comme un choix contraint (71 % d’entre eux),

Le complément de revenu (37%),

Pour rejoindre/créer

"SALARIAT ET AUTRES FORMES D’EMPLOI" APEC, mars 2019
Méthodologie : enquête en ligne, menée par CSA, lancée en novembre 2018 auprès de 1 050 cadres : des cadres en emploi salariés (950 individus), des cadres sans emploi ayant connu le salariat (100 individus).

Les données recueillies ont été redressées en fonction de différents critères pour être au mieux représentatives de la population cadre dans son ensemble (en emploi et sans emploi) : l’âge, le sexe, le lieu de résidence, le niveau de diplôme ainsi que le secteur d’activité dans lequel le cadre en emploi travaille ou a travaillé, et la taille de l’entreprise.

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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