La menace cyber de plus en plus présente
Selon le Baromètre France Num 2026, publié par la Direction générale des Entreprises (DGE), 53 % des dirigeants de TPE-PME redoutent d’être piratés ou de perdre leurs données. Ils n’étaient que 36 % en 2020. Et cette crainte n’a rien de théorique : 39 % des entreprises interrogées déclarent avoir subi, au cours des douze derniers mois, au moins un incident de cybersécurité ayant affecté leur activité.La menace prend le plus souvent la forme de l’hameçonnage (phishing) : de faux messages qui se font passer pour une banque, un fournisseur ou un collègue afin de pousser à cliquer sur un lien ou à communiquer des données. Il touche 18 % des TPE-PME, loin devant les virus et logiciels malveillants (8 %). Les entreprises de 20 à 49 salariés sont les plus exposées : 28 % d’entre elles en ont été victimes.
Face à ces risques, la grande majorité des TPE-PME (84 %) ont mis en place au moins une mesure de cybersécurité, une proportion stable depuis 2025. Parmi ces entreprises, 96 % utilisent un antivirus et 80 % sauvegardent leurs données à l’extérieur, notamment dans le cloud. L’authentification multifacteur, qui ajoute une étape de vérification lors de la connexion, gagne aussi du terrain : 47 % d’entre elles l’ont adoptée.
Les mesures de prévention et d’organisation restent en revanche moins répandues. Seules 38 % de ces entreprises sensibilisent ou forment leurs collaborateurs aux risques numériques. Un décalage d’autant plus notable que l’hameçonnage, première attaque déclarée, repose justement sur la manipulation des utilisateurs.
Des entreprises qui gèrent seules les incidents
Lorsqu’une attaque survient, les TPE-PME comptent d’abord sur leurs propres ressources : dans 65 % des cas, elles résolvent l’incident en interne. Ce réflexe varie toutefois selon la taille. Les entreprises de 50 à 249 salariés règlent seules trois incidents sur quatre, quand celles de 10 à 19 salariés se font aider près de quatre fois sur dix, et celles de 20 à 49 salariés près d’une fois sur deux.Lorsqu’elles cherchent de l’aide, c’est surtout auprès d’acteurs privés : 31 % font appel à un prestataire extérieur, comme un expert informatique ou leur assureur. Seules 4 % sollicitent un organisme public (ANSSI, CSIRT, police…).
Ces dispositifs sont pourtant conçus pour elles. Gratuits, ils peuvent les aider à identifier la nature de l’incident et à engager les bonnes démarches :
- Cybermalveillance.gouv.fr : un diagnostic en ligne pour identifier la nature d’une attaque, des conseils pour réagir et une mise en relation avec des prestataires référencés.
- 17Cyber : un service d’assistance en ligne qui aide les victimes à comprendre leur situation et les oriente, si nécessaire, vers la police ou la gendarmerie.
- Les centres régionaux de réponse aux incidents cyber (CSIRT) : présents dans la plupart des régions, ils offrent une première assistance gratuite aux TPE-PME confrontées à un incident.