Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Business 
24 jun 2026

Défaillances : mieux anticiper pour préserver les chances de rebond

Les difficultés d’entreprise rappellent l’importance d’agir tôt. Trésorerie, retards de paiement, isolement du dirigeant : autant d’alertes à prendre en compte avant que la situation ne se dégrade.
Une entreprise ne bascule pas du jour au lendemain. Avant une défaillance, il y a souvent des alertes : une trésorerie qui se tend, des délais de paiement qui s’allongent, une rentabilité qui s’érode, un dirigeant qui diffère certaines décisions ou reste seul face à ses difficultés. C’est précisément dans cette phase amont que l’accompagnement peut faire la différence.

Selon la Banque de France, 70 228 défaillances ont été recensées à fin avril 2026 en cumul sur douze mois, contre 69 978 à fin mars, après révision des données, soit 250 procédures supplémentaires en un mois (+0,4 %). La hausse reste légère, mais elle concerne la majorité des secteurs d’activité et la plupart des tailles d’entreprises.

Elle intervient dans un paysage contrasté : certaines entreprises demeurent fragilisées par une conjoncture dégradée, marquée par des chocs successifs et des incertitudes accrues, tandis que la dynamique de création reste soutenue. L’Insee comptabilise ainsi plus de 1,2 million de créations d’entreprises sur douze mois glissants à fin avril 2026, soit une hausse de 9,3 % sur un an.

Repérer les signaux faibles

La hausse des procédures rappelle qu’une difficulté se joue souvent bien avant le tribunal. Pour un entrepreneur, demander de l’aide tôt n’est pas un aveu d’échec mais un acte de pilotage. Experts-comptables, banques, chambres consulaires, réseaux d’accompagnement, médiation du crédit, associations spécialisées dans le rebond : de nombreux interlocuteurs peuvent aider à poser un diagnostic, prioriser les urgences et identifier des solutions.

Les tribunaux de commerce, dont certains expérimentent depuis 2025 le statut de tribunal des activités économiques, font aussi partie de ces acteurs de prévention. Encore trop souvent perçus uniquement comme le lieu des procédures collectives, ils peuvent pourtant intervenir en amont, dans un cadre confidentiel, pour aider le dirigeant à faire le point sur sa situation. Le rendez-vous de prévention permet d’évaluer les difficultés, d’identifier les marges de manœuvre et, si nécessaire, d’orienter vers des outils adaptés, comme le mandat ad hoc ou la conciliation. Mobilisés à temps, ces dispositifs de prévention permettraient, selon la Tournée Santé de l’entrepreneur et de l’entreprise, de redresser la situation dans plus de 70 % des cas, avant qu’elle ne se détériore.

S’entourer face aux difficultés

Cette approche préventive suppose aussi de mieux coordonner les acteurs qui entourent l’entreprise. C’est tout le sens de la Charte de confiance contre les défaillances d’entreprises, qui vise à rapprocher les acteurs publics, privés et associatifs autour des entrepreneurs en difficulté.

L’objectif : agir plus tôt, orienter plus vite et éviter que des difficultés encore traitables ne se transforment en rupture irréversible. La prévention devient ainsi un levier de résilience. Elle permet de préserver l’activité, les emplois et les savoir-faire, mais aussi la santé du dirigeant, premier capital immatériel de l’entreprise.
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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