Fondation d'entreprise
 
 
André Letowski
Conjoncture 
19 fév 2026

69 957 défaillances en 2025

En 2025, la hausse des défaillances s'explique avant tout par la forte progression des redressements judiciaires, portée par les entreprises de plus de 11 ans d'ancienneté.

 ♦ Une approche d’ensemble (69 957 défaillances).


Entre 2024 et 2025 les liquidations judiciaires ont été stables (+0,9%), tout en restant le flux le plus important (67% des procédures collectives), alors que les redressements ont progressé de 8,6% et les sauvegardes de 6,1%.

Toutefois, la tendance manifeste un net ralentissement (+16,9% entre 2023 et 2024 vs +3,1% entre 2024 et 2025).



Si l’on compare à la moyenne 2016-2019, la hausse du nombre de défaillances a été de 26,8%, quasiment autant en redressements (+28,4%) qu’en liquidations (+25,8%), mais +45% pour les sauvegardes, qui sont par ailleurs fort peu nombreuses (1 643 en 2025 ou 2,3% des défaillances).

Noter qu’au 4éme trimestre 2025, on enregistre un record avec 19 024 ouvertures de procédures collectives ou 4 000 jugements de plus que la moyenne des 4éme trimestres des 15 dernières années ; les redressements y ont progressé de 8,6% alors que les liquidations baissaient de 1,3%.

♦ Les défaillances selon la taille des entreprises

Les 6-9 salariés ont connu les plus fortes hausses en redressements entre 2024 et 2025 (+14,7%), et ce au regard des autres tranches de taille, alors même que les liquidations y baissaient légèrement (-1,6%). Les 100 salariés et plus (236 entreprises soit 0,3% des défaillances) partagent cette forte hausse des redressements (+19,6%) et la baisse des liquidations (-3,6%).

Par contre les défaillances d’entreprises de plus de 100 M€ de Chiffre d’affaires et de 100 salariés et plus chiffrent 27 273 emplois disparus ou en risque de l’être ; la plupart sont en redressement ou en sauvegarde accélérée.



♦ Les défaillances selon l’ancienneté des entreprises

Les plus de 11 ans (le 1/3 des défaillances) connaissent les hausses les plus importantes en redressements (+20% pour les plus de 16 ans d’ancienneté et + 14,6% pour les 11-15 ans). Les plus jeunes (les moins de 3 ans, ou 13% des défaillances) ont le second taux le plus élevé de défaillances, mais à égalité entre les liquidations (+6,8%) et les redressements (+6,6%). Noter que les entreprises de 3 à 10 ans résistent (-0,1%).



♦ Les défaillances par nature juridique

Les hausses les plus fortes sont localisées dans les entreprises individuelles (+25,6%, dont +18,4 en liquidation) ; noter que ces entreprises ne sont que 14% des défaillances, alors qu’elles sont plus de la moitié des entreprises en activité. Les SARL, en perte de vitesse dans les nouvelles immatriculations, sont aussi celles qui connaissent des baisses (-5,6% en liquidation), mais une légère hausse en redressement (+2,7%). Les SA et SASU les plus nombreuses dans le flux (44,5%) suivent la tendance moyenne (+3,1% dont +2,4% en redressement).



♦ Les défaillances selon les régions

Hors 4 régions ou groupes de régions, la hausse globale est proche de la moyenne (entre 1,8 et 3,6% dans 7 régions) ; 2 connaissent la stabilité (la Normandie et le Grand Est) et même Paca une trés nette baisse (-6,4%). Les 4 régions en nette hausse appartiennent pour 3 d’entre elles au sud de la France (Corse, Occitanie et Nouvelle Aquitaine) et la dernière aux départements et régions d’outre-mer.



♦ Les défaillances par activité fine 

Les activités “traditionnelles” telles le commerce, la construction connaissent la stabilité des défaillances entre 2024 et 2025 ; elles sont 42% des défaillances.

Par contre certaines activités connaissent de fortes hausses : la livraison à domicile (+41%), la santé/action sociale (+32), le transport voyageur (+27%), les activités récréatives (+17%), certains services aux entreprises (+12-20%), l’enseignement (+13%).




Le rapport Altares propose les chiffres défaillances détaillées par région.

Pour en savoir davantage.

"TRIMESTRE 4 ET BILAN 2025 Étude de défaillances et sauvegardes des entreprises en France", Altares, janvier 2026
Définition de la défaillance : la défaillance d’entreprise correspond à l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe auprès d’un
Tribunal Judiciaire. Cela ne recouvre donc ni les procédures amiables (mandat ad hoc ou conciliation) ni les suites d’ouverture (arrêt de plan ou conversion en liquidation). Chaque année, en moyenne, les 2/3 des Redressements Judiciaires ouverts sont convertis en liquidations Judiciaires.
Le jugement prononçant le redressement judiciaire ouvre une période d’observation devant permettre à l’administrateur de dresser le bilan économique et d’élaborer un plan de redressement. La durée de la période d’observation est de 6 mois renouvelable 1 fois, avec une prolongation exceptionnelle de 6 mois.

Méthodologie : Altares collecte l’ensemble des jugements auprès des greffes des Tribunaux de Commerce de métropole et d’outre-mer et du B.O.D.A.C.C. La date de défaillance retenue par Altares est celle de l’ouverture de la procédure, c’est-à-dire la date du jugement et non pas la date à laquelle ce jugement a été publié dans un journal d’annonces légales ou au B.O.D.A.C.C.

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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