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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
16/05/2018
André Letowski 
Territoires 

Globalement le nombre de commerce a peu bougé à Paris depuis 2014.

Le recensement effectué en mars 2017 est le septième réalisé depuis 2000 par l’Apur* en partenariat avec la ville de Paris et la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Il permet de suivre les évolutions des activités commerciales et de voir les changements de mode de vie des parisiens sous le prisme du commerce.
Si le nombre de commerce à Paris n’a pas progressé, certaines activités ont connu de fortes hausses (magasins de vélos, magasins de réparation d’appareil électriques et électroniques, des salles de sport), alors que d’autres régressaient (commerce de gros, habillement et chaussures, librairie-presse, travaux de rénovation, vente et réparation automobile, agences de voyage).

La population parisienne dispose d’une offre commerciale composée de 62 507 commerces et services commerciaux ; ce nombre est stable depuis 2014 : seuls 25 établissements supplémentaires ont été comptabilisés entre 2014 et 2017 alors qu’ils avaient progressé de plusieurs centaines d’unités entre 2011 et 2014 (+617 établissements). Cette stabilité ne doit pas masquer l’ampleur des transformations qui sont intervenues en trois ans avec 19 100 mouvements (10 700 commerces ont changé d’activité, alors que 8 400 créations et autant de disparitions ont eu lieu).

En moyenne à Paris,
  • 26 % des commerces correspondent à un commerce non alimentaire : équipement de la personne (habillement, chaussures…), de la maison (vente de meubles) ou lié à la culture, aux loisirs, au bricolage ou encore à la mobilité (concessionnaire de voiture, vente de vélos…)
  • 20 % des locaux sont le fait de services commerciaux (coiffeurs, cordonniers, agences bancaires ou immobilières…)
  • 20 % pour la restauration et hôtellerie,
  • 9 % pour les commerces alimentaires (dont 1 186 boulangeries, 548 boucheries, 105 poissonneries ou 350 primeurs).
  • Les 25 % restant sont soit des locaux occupés par une activité non commerciale (commerces de gros, bureaux, ateliers en boutique, médical…) dans 16 % des cas, soit des locaux vacants ou en travaux (9 %); les 7 800 locaux vacants sont en très légère augmentation depuis 2014 (+147 locaux).

Les supérettes (+6 %) et supermarchés (+9 %) continuent de gagner du terrain ; progressent aussi les soins du corps (+9 %, dont onglerie, salon de massage, institut de beauté, alors que chutent les salons de bronzage) ainsi que les commerces alimentaires spécialisés (+6 %) tels que les commerces de produits bio (+47 %), les pâtissiers (+33 %), les cavistes (+11 %), les chocolatiers et torréfacteurs (+7 %), la vente de produits régionaux (+5 %), et les restaurants (+5 % dont +11 % la restructuration rapide et entre +9 et +28 % les restaurations de cultures étrangères).
De nouvelles tendances apparaissent, en écho aux mouvements de fond de la société, comme l’augmentation des magasins de vélos (+57 %), des magasins de réparation d’appareil électriques et électroniques (+41 %), des salles de sport (+38 %).
En nombre d’établissements nouveaux, ce sont d’abord les cafés-restaurants (+652), l’alimentaire spécialisé (+300), les soins du corps (+171), alors que les supérettes et supermarchés ne totalisent que 53 établissements.

À l’inverse, certaines activités diminuent (plus de 1 200 établissements) : le commerce de gros (-21 % et -429 établissements), l’équipement de la personne en habillement et chaussures (-5 % mais -429 établissements), la librairie-presse (-10 % et -152), les travaux de rénovation (-10 % et -146), la vente et réparation automobile (-11 % et -60), agences de voyage (-9 % et -61), la photographie (-9 % et -19).

Certaines activités restent stables :
  • les commerces alimentaires traditionnels (+1 %, +26 établissements); les bouchers et boulangers diminuent très faiblement (respectivement -12 et -6 boutiques) pendant que les poissonniers progressent pour la première fois depuis 2003 (+4 magasins), tout comme les crémiers/ fromagers (+18 établissements) et les primeurs (+22 boutiques).
  • L’hôtellerie de tourisme (+23 établissements); le parc se transforme vers une offre de standing plus élevé (les hôtels sans étoile, ou 1 ou 2 étoiles avec -13 %, soit -75 établissements vs, les hôtels 3, 4, 5 étoiles et les palaces avec +9 %, +98 établissements supplémentaires).
  • Meuble et petit équipement du foyer (-2 %, -30 magasins); les magasins de meubles (salon, chambre, cuisine, salle de bains) sont en augmentation alors que les boutiques d’équipement du foyer (luminaires, vaisselle) sont en baisse.
  • Les équipements de communication (téléphonie, informatique, électroménager) avec -3 %, et -34 établissements), notamment la téléphonie et la vente de matériel informatique.
17 secteurs d’intervention publique ont eu lieu en faveur du commerce en 2018 :
  • l’opération Vital’Quartier 1 où la SEMAEST a acheté et revendu 122 locaux et a signé 152 protocoles avec des commerçants ; pour l’opération Vital’Quartier 2, encore en cours, sont recensés 87 achats/ventes et 25 protocoles.
  • Un Contrat de Revitalisation Artisanal et Commercial sur un principe proche de celui déployé pour les opérations Vital’Quartier 1 et 2 et concernant un peu moins de 6 500 commerces et services commerciaux, sur une surface de 948 hectares (9 % du territoire de Paris); la SEMAEST a jusqu’à présent acheté et revendu 5 locaux et signé 12 protocoles avec des commerçants.
  • Le GIE Paris Commerces est une structure de coopération inter-bailleurs créée en 2017. Il réunit les principaux bailleurs (Paris habitat OPH, Elogie-Siemp et la RIVP) sous une direction unique permettant ainsi la mutualisation de l’activité de commercialisation du parc des locaux de pied d’immeuble des différents bailleurs sociaux. Les actions du GIE Paris Commerces permettent de réduire la vacance et d’améliorer l’offre commerciale grâce à l’installation de nouvelles activités. Les principaux bailleurs sociaux de la Ville gèrent près de 6 500 locaux d’activité en pied d’immeuble situés sur l’ensemble du territoire parisien, soit une superficie totale de plus de 878 000 m². Les effectifs de ce parc représentent 10 % des commerces parisiens.

Par ailleurs les 6 grandes gares parisiennes : entre 2003 et 2017, on passe de 122 établissements en réseaux en 2003, à 263 en 2017.

Cette offre est tout à la fois dense (28 commerces pour 1 000 habitants) et variée dans sa composition. La densité de commerces et services pour 1 000 habitants est 2,5 à 3 fois plus élevée à Paris que dans les autres territoires de la Métropole du Grand Paris (28 contre 8 à 12, en moyenne 16).

On observe des situations variées selon les arrondissements : la restauration occupe une place plus importante dans les arrondissements du centre que dans les arrondissements périphériques, où les commerces alimentaires sont plus nombreux en proportion. Dans les 2e, 3e et 11e arrondissements les commerces de gros représentent le quart des locaux ou plus.
Parmi les 62 507 commerces recensés, plus de 3 100 se situent dans la centaine de concentrations commerciales (centre commercial, galerie marchande, gare…) que compte Paris. La plus importante en nombre de commerces est le Forum des Halles (169 boutiques) suivie par le centre commercial Italie Deux (131 boutiques).

La comparaison de Paris avec les centres des autres grandes villes françaises met en évidence la forte animation commerciale, du fait d’une importante densité de population et d’emplois mais également de la présence très marquée des touristes.
- Pour les seuls commerces non alimentaires, Paris totalise 9,5 commerces pour 1 000 habitants contre seulement 6,9 à Bordeaux ou 6,2 à Nice.
- Pour la restauration, ce sont 8,8 restaurants pour 1 000 habitants contre 6,8 à Bordeaux, 6,6 à Lille ou 6,5 à Nice.
- Pour les commerces alimentaires, ce sont 2,9 commerces pour 1 000 habitants à Paris contre 2,8 à Nice ou encore 2,7 à Marseille.
- Le seul secteur d’activité où la densité est moins forte à Paris que dans les grandes villes de province est celui des services commerciaux : 6,6 à Nice, 6,5 à Paris et 5,1 à Bordeaux.

Les commerces parisiens sont tenus aux trois quarts par des commerçants indépendants, avec une stabilité du poids des réseaux d’enseignes.

*
"L’ÉVOLUTION DES COMMERCES À PARIS INVENTAIRE DES COMMERCES 2017 ET ÉVOLUTIONS 2014‐2017", Apur, lu avril 2018

MÉTHODOLOGIE : l’enquête BDCOM 2017 a été réalisée de mars à avril 2017. Elle a porté sur l’ensemble des locaux situés au pied des immeubles parisiens, possédant une vitrine sur rue ainsi que ceux situés dans des concentrations commerciales. Afin de réaliser cet exercice, une équipe de 20 enquêteurs a sillonné l’ensemble des voies parisiennes pendant un mois et demi.
Les informations relevées lors de l’enquête font état de la localisation et de la nature du local (commerce, service commercial, commerce de gros, local vacant ou autres), de l’activité exercée en 220 postes, de l’enseigne et de la surface du local (moins de 300 m², 300 à 1 000 m², plus de 1 000 m²). L’enquête 2017 prolonge les recensements précédents réalisés selon la même méthodologie en 2000, 2003, 2005, 2007, 2011 et 2014.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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