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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
09/07/2018
André Letowski 
Business 
Management 

L’engagement des salariés, que ce soit à leur initiative ou à celle de l’entreprise est un atout pour l’entreprise

L’engagement des salariés n’est pris en compte que pas une moitié des entreprises.
De même les engagements proposés par les entreprises semblent mal connu des salariés, alors que le fait même de l’engagement sociétal est un atout gagnant pour les 2 parties.

⇒ L’engagement sociétal hors entreprise :

61% des salariés se considèrent engagés (dont très 15%); ils sont un peu plus chez les managers (72%), dans les entreprises publiques (70%) et en Île-de-France (68%).

Ils le sont ou l’ont été dans le cadre d’une association (41%), dans un syndicat ou un parti politique (24%), un projet humanitaire (21%) ou un autre collectif (18%); 31% le sont comme aidant d’un proche. 40% ont un engagement actif.
Ceux qui ne sont pas engagés, mais aimeraient y être, privilégieraient un projet humanitaire (34%), un conseil de quartier (27%), voire un syndicat ou un parti politique (15%); ils le feraient dans le cadre d’une association (26%), d’un autre collectif 24%), mais aussi comme aidant d’un proche (25%).
Ils en ont tiré de belles rencontres (43%), des connaissances et savoir faire (38%), une énergie positive et inspirante, des compétences relationnelles, une forme d’épanouissement (34% pour chaque item) et de la fierté (31%). Les perceptions divergent quelque peu quand l’entreprise est à l’origine d’initiatives et que des salariés y participent :

engagement entreprise tableau

⇒ L’appui de leur entreprise à cet engagement (pour ceux qui sont engagés ou l’ont été) :

Pour 48% l’entreprise n’est pas au courant; par contre ceux qui savent dans l’entreprise sont d’abord les collègues (42%), le manager du salarié (26%, plus souvent les cadres 33% et les TAM 32%), bien plus rarement la direction ou la DRH (13%, davantage les cadres 19%, et les grandes entreprises 19%).
Entre 32 et 38% (mais tout à fait 6-8%) estiment que leur entreprise est soucieuse de ces engagements : pour 38%, l’entreprise laisse du temps pour l’engagement (cadres 45% et managers 48%); elle valorise ces engagements (33%, mais cadres et managers 42%, et moins de 30 ans 41%).
La réaction supposée de l’entreprise si le salarié demandait congés exceptionnel ou flexibilité pour un engagement personnel (tous les salariés sont interrogés) est pour moitié négative (20% elle accepterait mais pénaliserait de façon indirecte, 18% elle refuserait, 13% elle essaierait de dissuader), et pour moitié positive (pour 34% elle accepterait le principe quitte à négocier les modalités, dont 41% pour les cadres; 14% encouragerait).

⇒ Quand l’entreprise propose un engagement à son initiative

Mais l’entreprise pourrait aussi proposer un engagement sans lien direct avec le travail, ce qui parait légitime pour 73% des salariés. Il s’agirait :
-de congés spécifique pour aider des proches (42%), notamment les 50 ans et plus (49%)
-une journée de solidarité durant laquelle les salariés travaillent sur un projet pour une association (33%), ou une course de solidarité (course au profit d’une association organisatrice ou partenaire de la course) pour 22%, voire un bénévolat de compétences (engagement libre, hors temps de travail et sans rémunération) pour 25%
-du mécénat de compétences (engagement volontaire du salarié durant son temps de travail) pour 27%, notamment les cadres (39%), un engagement d’intrapreneuriat (22%), de parrainage/tutorat (21%, cadres 33%).

80% des salariés affirment alors que ce type d’engagement est gagnant-gagnant pour les salariés comme pour les entreprises
(tout à fait gagnant pour 25 à 28%). C’est ce que montre l’observation des différences entre les salariés ayant participé à un engagement proposé par l’entreprise, et ceux qui n’ont pas participé à ce type d’engagement :
engagement entreprise tableau
Pour vous donner envie de s’engager dans une initiative proposée par l’entreprise (tous sont interrogés), l’initiative doit permettre de défendre une cause qui tient à cœur (37%), et d’être utile à la société (28%), d’être acteur des missions ou des valeurs défendues par l’entreprise (10%). Elle doit aussi permettre de vivre une nouvelle expérience (28%), de sortir du quotidien du travail pour s’aérer l’esprit (28%), tout en partageant un moment convivial avec les collègues (18%).

Ceux par contre qui ne souhaitent pas s’impliquer dans ce type d’engagement (22% des répondants), mettent en avant le désir de séparer vie professionnelle et engagements à titre personnel (43%), ou le fait que le travail (35%) , voire la famille (17%) ne laissent pas de temps; peu ne croient pas à la sincérité de la démarche (15%) ou estiment trop faible la valorisation (10%).

42% affirment que ce type d’initiative n’existe pas dans leur entreprise, vs 55% ont connaissance d’au moins une initiative de ce type (course solidaire, congés spécifique, journée de solidarité). 15% de l’ensemble des répondants y ont participé notamment les managers (28%). Ce petit nombre tiendrait aussi au fait, selon 63%, que les entreprises n’encouragent guère les salariés à y participer; les cadres et les managers sont ceux qui affirment plus vivement le contraire (44-47% vs 35 en moyenne).

Pour clore ce sondage, 4 types de collaborateurs ont été repérés dans leur implication dans des engagements (personnels et proposés par l’entreprise) :
- 19% sont des « réfractaires » aux 2 types d’engagement,
- 38% sont des « pragmatiques », modérément engagés dans l’un et l’autre type,
- 21% sont des « militants », plus engagés à titre personnel, mais aussi engagés en entreprise, mais plus modérément,
- 23% sont des « aventuriers », engagés dans les 2 types mais davantage à la suite de l’initiative de l’entreprise.


Source : "L'engagement pluriel" 3éme forum de l'engagement, Opinion Way, lu juin 2018

Méthodologie
: échantillon représentatif de 1 000 salariés travaillant dans des PME (14%), ETI et GE (77% dans les entreprises de plus de 1 000 salariés), interrogés par questionnaire auto-administré en ligne entre le 21 et le 30 mars 2018.
25% sont des cadres, 19% des professions intermédiaires, 24% des employés et 22% des ouvriers.
69% des salariés travaillent dans le secteur des services, 27% dans l’industrie et 4% dans le BTP.

 

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André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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