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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
24/01/2019
André Letowski 
Management 

20 % des Français sont ou ont été chefs d’entreprise

7 % conduisent des démarches en ce sens ; 12 % en ont envie..
Les Français sont largement concerné par la création/reprise d’une entreprise, ce qui parait assez peu pris en compte par les Pouvoirs Publics, notamment dans la connaissance de ces populations.

Résultats globaux : rappel des principaux résultats publiés en octobre 2018
Un autre article traitera de 3 sous-populations : les femmes, les demandeurs d’emploi, les habitants des quartiers politique de la ville.

♦ 32 % des Français sont ou ont été inscrits dans une dynamique entrepreneuriale
3 sous-populations participent à cette dynamique entrepreneuriale : les porteurs de projets de création ou de reprise d’entreprise qui ont engagé une démarche pour ce faire (7 %, mais 12 % ont aussi exprimé l’intention de le faire sans avoir effectué de démarches), les entrepreneurs en activité (12 %), ainsi que les anciens dirigeants (13 %).
2 concepts différents sont utilisés dans ce rapport, celui d’indice entrepreneurial qui inclut ceux qui ont l’intention de créer et ceux qui sont en activité d’entrepreneurs (au total 30 % de la population) et celui de dynamisme entrepreneurial qui exclut les intentionnistes n’ayant pas fait de démarches (12%) et inclut cette fois les ex dirigeants d’entreprise (au total 32 %). Leur proximité peut conduire à des confusions entre sous-populations.

♦ 19 % de la population de France âgée de 18 ans ou plus envisagent de créer ou reprendre une entreprise ; parmi cette sous-population, 7 % ont déjà entrepris des démarches (d’ailleurs plus d’un tiers de ces personnes ont créé leur entreprise au moment de l’enquête).
Le niveau d’intention est d’autant plus important que le niveau de diplôme est élevé (de 8 % pour les personnes n’ayant pas de diplôme à 39 % pour les personnes titulaires d’un diplôme de niveau Bac + 5 et plus).

Parmi ces intentionnistes, 40 % pensent créer/reprendre au cours des 2 prochaines années ; parmi ceux qui ont eu l’intention de créer l’année passée, 43 % n’ont engagé aucune démarche pour créer, 20 % ont abandonné le projet de création/reprise, et 37 % l’ont concrétisé ou sont en cours ; 2 groupes de constats qui permettent de relativiser l’envie de créer/reprendre au regard du passage à l’acte.

Leurs motivations sont d’abord tournées vers ce nouveau statut qui permet indépendance, épanouissement, opportunité pour évoluer, moins par l’approche entrepreneuriale, et moins encore pour gagner de l’argent et très peu par contrainte :
– S’accomplir (72 %) : s’épanouir, réaliser un rêve (46 %), se lancer un défi (26 %),
– L’indépendance avec 65 % ; être indépendant, être son propre patron (49 %), ne plus être salarié (16 %),
– Une opportunité pour évoluer (55 %) : changer de métier, faire autre chose (19 %), saisir une opportunité (16 %), profiter d’un changement dans sa vie professionnelle (12 %), sans emploi, en profiter pour lancer un projet (8 %),
– Une approche entrepreneuriale (43 %) : Mettre en œuvre une idée nouvelle (16 %), , participer à un projet d’équipe (11 %),
– Gagner plus d’argent (35 %),
– Un non choix : seule possibilité pour exercer sa profession (4 %), sans emploi et pas d’autre solution pour retrouver du travail (4 %).

Ceux qui ont entamé des démarches (7 %) ont plus fréquemment mis en avant des motivations pragmatiques : saisir une opportunité (21 % contre 14 pour ceux qui n’ont pas commencé des démarches), ne pas ou ne plus être salarié (20 % contre 15), profiter d’une rupture professionnelle (15 % contre 11), être sans emploi et avoir choisi, ou avoir été contraint de créer au regard de cette situation.
En revanche, les intentionnistes qui n’ont pas commencé de démarches mettent plus souvent en avant des motivations liées à un ressenti, un état, une recherche de bien ou de mieux être : s’épanouir, réaliser un rêve (49 % contre 38), gagner plus d’argent (36 % contre 32), se lancer un défi (28 % contre 22).

Les freins mettent d’abord en avant (si l’on compare item par item) les démarches administratives complexes (35 %), l’investissement financier trop important (34 %) et le risque important d’échec (23 %) ; si l’on regroupe les items en proximité, l’analyse se modifie, priorisant la fonction de chef d’entreprise avant les risques encourus et les questions financières, laissant en retrait la complexité administrative :
– 85 % l’exercice de la fonction de chef d’entreprise : trop grandes responsabilités (20 %), ne sait pas comment s’y prendre (17 %), trop d’autonomie (12 %), investissement en temps de travail trop important (12 %), ne pense pas avoir les compétences nécessaires (12 %), ne pense pas avoir une expertise suffisante (12 %),
– 72 % les peurs : risque d’échec trop important (23 %), peur de perdre son patrimoine (19 %), peur de ne pas gagner suffisamment d’argent (19 %), peur de perdre l’équilibre familial (11 %)
– 34 % les questions financières : investissement financier trop important, voire 53% si l’on intégrait le fait de ne pas gagner assez d’argent (19 %),
– Et les formalités complexes (35 %).

Noter que les craintes relatives à l’expertise et aux compétences, à l’investissement financier, aux risques d’échec et au fait de ne pas savoir s’y prendre sont moins fréquemment cités par ceux qui ont entrepris des démarches. En revanche, ils se sentent davantage soumis aux contraintes du temps de travail important, à l’autonomie nécessaire, au gain d’argent insuffisant et au risque de dissuasion venant de leur entourage.


♦ Si l’autre moitié ne s’inscrit pas dans cette dynamique, seuls 16 % y sont tout à fait opposés.

Les principaux freins cités par cette population manifestent en priorité la préférence du salariat, les peurs d’y aller, et une fonction à laquelle on ne se juge pas préparé, moins les aspects financiers et les démarches administratives complexes :
– 62 %, la priorité donné au salariat avec la sécurité de l’emploi (25 %), l’emploi salarié jugé satisfaisant (14 %), voire le fait de n’y avoir jamais songé (23 %),
– 51 %, l’exercice de la fonction de chef d’entreprise : le fait de ne pas avoir les compétences nécessaires (12%) ou une expertise suffisante (10 %), les trop grandes responsabilités (11 %), ne sait pas comment s’y rendre (9 %), l’investissement en temps de travail trop important (7 %), la trop grande autonomie (2 %),
– 50 %, des peurs : le risque d’échec (23 %), la peur de perdre son patrimoine (13 %), la peur de perdre l’équilibre familial (7 %), le fait de ne pas gagner assez d’argent (7 %),
– 27 % les aspects financiers : l’ investissement financier trop important (27 %),
– 18 % les formalités administratives complexes ,
– 6 % le non encouragement à créer/reprendre : des exemples peu motivants de l’entourage (4 %), l’entourage a dissuadé (2 %).

♦ Quid des dirigeants en activité ?

Parmi ce derniers, 42 % dirigent l’entreprise, 42 % y travaillent comme associé et 15% sont des associés ne travaillant plus dans l’entreprise (par associé, il faut sans doute imaginer une forte fréquence du conjoint puisque peu d’entreprises nouvelles ont des associés non conjoints et travaillant au quotidien dans l’entreprise). Noter que 22 % déclarent travailler et /ou gérer plusieurs entreprises simultanément.

La moitié des chefs d’entreprise déclarent avant tout souhaiter créer leur propre emploi depuis la création de leur dernière entreprise. Pourtant, près de 7 dirigeants sur 10 déclarent que leur dernière entreprise créée ou reprise emploie des salariés (en dehors d’eux-mêmes et de leurs associés) dont 26% en emploient moins de 5. Au final, seuls 31 % des dirigeants déclarent ne pas employer de salariés.
L’objectif de ces dirigeants pour les trois prochaines années est de développer fortement l’activité de leur entreprise (51 %) ; 11 % pensent cesser l’activité de leur entreprise.
L’échantillon choisi me parait éloigné de la population moyenne des TPE, moins employeur et moins inscrite dans le développement.

♦ les ex dirigeants

11 % des Français déclarent avoir cessé l’activité d’une entreprise, 3 % ayant subi une liquidation judiciaire, 6% ayant cédé par vente, transmission ou leg.
48 % affirment avoir exercé 10 ans et plus en tant que chef d’entreprise.
Avoir déjà cessé l’activité de son entreprise n’éloigne pas de l’entrepreneuriat, bien au contraire : 38% des dirigeants ayant cessé l’activité de leur entreprise sont à nouveau chef d’entreprise, et 43 % ont encore l’ intention de créer ou reprendre (20 % ont entamé des démarches en ce sens).

♦ Rappelons enfin que 48 % des Français estiment que créer une entreprise est le choix de carrière le plus important, alors que 52 % privilégient le salariat (dont 17 % le salariat dans la fonction publique, 17 % dans une PME et 17% dans une grande entreprise).
70 % estiment que créer/reprendre une entreprise doit se faire par passion, mais seulement 23 % en réponse à l’introduction de produits/services sur un marché.
39 % disent avoir déjà approché l’entrepreneuriat, soit parce qu’ils ont monté ou dirigé une association (21 %), soit par le suivi de formation ad hoc (notamment pendant leurs études) 18 %, soit en aidant un proche à créer/reprendre ou à faire fonctionner son entreprise (18 %). Une situation plus fréquente pour ceux ayant entrepris des démarches pour créer.
28 % ont reçu le conseil de créer/reprendre (16 % dans l’entourage familial, 10 % dans l’entourage professionnel, 3 % de l’employeur, 3 % d’un conseiller pôle emploi).

Ces résultats sont proches de ceux observés en 2016 lors de la 1ére enquête.

"Indice entrepreneurial français 2018 : l'entrepreneuriat en tête des choix de carrière les plus attractifs", AFE, pôle emploi, MMA Fondation des Entrepreneurs, décembre 2018
Méthodologie de l’enquête : enquête réalisée par TMO Régions auprès de 2 517 répondants; le panel global est constitué de 2 échantillons interrogés en ligne entre le 26 juin et le 20 juillet 2018 et un échantillon interrogé par téléphone du 22 juin au 10 juillet 2018.
Un premier échantillon de 1 003 personnes, représentatif de la population résidant en France de 18 ans et plus selon la méthode des quotas (sexe, âge et CSP par grande région).
Un sur-échantillon de 1011 personnes « cibles » : 108 dirigeants d’entreprise / 102 ex-dirigeants d’entreprise / 200 porteurs de projet / 300 intentionnistes / 300 demandeurs d’emploi, selon la méthode des quotas (sexe, âge et CSP par grande région). Un second sur-échantillon de 503 personnes habitant dans des QPV.
Cette enquête a été réalisée avec l’appui de pôle emploi et de MMA Fondation des Entrepreneurs et rediffusée fin décembre 2018.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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