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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
05/12/2019
André Letowski 
Ailleurs 

Les magasins bio représentent 3,5 % des magasins de proximité

Les magasins bio sont plus employeurs, plus en réseau et plus rentables.
En 2016, parmi les 57 000 magasins alimentaires « de proximité », 1 970 sont spécialisés dans la vente de produits biologiques (3,5 % des magasins et 2,5 % de la surface de vente). Avec 223 m² de surface de vente moyenne, les magasins bio sont un peu plus grands que les supérettes (141 m² en moyenne), mais bien plus petits que les supermarchés (1 234 m²). Les jeunes magasins bio sont plus grands que leurs aînés (234 m² pour les moins de dix ans vs 189 m² pour les autres).

76 % ont moins de 10 ans, contre 64% pour les magasins non bio.

La distribution de produits biologiques en magasins spécialisés compte une quinzaine d’enseignes ; parmi les indépendants, se trouvent les pionniers de la vente bio (La Vie Claire, L’eau vive), les enseignes spécialisées qui ont émergé dans les années 80 et 90 (Satoriz, Biocoop, Biomonde) et les nouvelles créées dans les années 2000 (Bio C Bon, Natureo).
On y trouve aussi des enseignes rachetées par des groupes de la grande distribution (Naturalia) ou des enseignes plus récentes développées par les groupes eux-mêmes (Carrefour Bio).
Les distributeurs spécialistes du bio sont fréquemment organisés en réseaux d’enseigne : 54 % vs 39 pour les autres), du fait d’une part plus élevée du commerce associé (18 % adhèrent à un groupement contre 6 pour les autres magasins). En revanche, le modèle du commerce intégré et la franchise sont aussi fréquents parmi les magasins bio et les magasins non bio (environ respectivement 18 % et 11 %).

Les magasins bio de moins de deux ans sont davantage organisés en réseau d’enseigne (62 %), et essentiellement sous forme de succursales (30 %), alors que les jeunes magasins non bio exercent leur activité hors de tout réseau d’enseigne (68 %).


Les magasins spécialistes du bio sont présents sur l’ensemble du territoire français, avec cependant de fortes disparités territoriales. Ils sont davantage implantés en Bretagne et dans les Pays de la Loire, en Rhône-Alpes et dans certains départements d’Occitanie, en Alsace, ainsi qu’à Paris et dans sa banlieue sud et ouest. Cette implantation coïncide en partie avec les territoires où la culture de produits biologiques est plus développée.
Ils sont aussi plus souvent situés dans les grandes villes que leurs homologues non bio (83 % sont implantés dans des pôles urbains, dont 71 dans des grands pôles vs 71 % et 62 pour les magasins non bio) ; à l’inverse, les magasins bio sont moins présents dans les territoires hors aires urbaines.

Leurs zones de chalandise sont plus denses en population que les autres magasins alimentaires de proximité : autour d’un distributeur bio, la densité moyenne de population est de 7 000 habitants par km², contre 6 400 en moyenne pour les autres; toutefois, les jeunes magasins bio s’installent dans des zones un peu moins denses : 6 800 habitants par km² dans la zone de chalandise des magasins bio de moins de dix ans et 7 300 autour des distributeurs bio présents depuis au moins dix ans.
Dans leur zone de chalandise, ils font face à un nombre légèrement plus élevé de concurrents (tous types de magasins alimentaires de proximité confondus) que les magasins non bio (20,8 magasins concurrents en moyenne contre 19,3) ; on y trouve un peu plus d’autres magasins bio, des magasins de produits surgelés et des primeurs.
Au voisinage des magasins bio, 41 % des ménages sont composés d’une seule personne et 33 % sont des familles (38 et 35 pour les non bio). Le niveau de vie médian est légèrement supérieur dans les zones de chalandise des magasins bio : 17% des magasins bio (vs 12 des non bio) ont une zone de chalandise dans laquelle le niveau de vie médian des habitants est supérieur à 25 000€ annuels.

Ils sont davantage employeurs
: 80% emploient au moins un salarié contre 56 à 60% dans les autres. Un magasin bio emploie en moyenne 5,5 salariés en équivalent temps plein (EQTP), contre seulement 1,7 pour une supérette et 1,6 pour les autres magasins spécialisés non bio. Rapporté à la surface de vente, le nombre de personnes employées (salariées et non salariées) est plus élevé en magasin bio : 2,5 pour 100 m2. Ce ratio est de 1,7 en moyenne dans une supérette et 1,6 dans les autres magasins spécialisés non bio. Mais il est équivalent au nombre de personnes employées aux 100 m2 dans les supermarchés (2,4 en moyenne).

Alors qu’ils représentent 3,5 % des magasins alimentaires de proximité (hors artisanat commercial), les distributeurs bio emploient 4,2 % de l’ensemble des salariés du secteur.


Le profil des salariés qui travaillent dans les magasins bio est proche de celui des salariés des supermarchés : 60 % sont des femmes, contre 51 dans les supérettes et 65 dans les supermarchés ; 81 % des salariés ont un contrat à durée indéterminée contre 74 dans les supérettes et 85 dans les supermarchés.
Le salaire net horaire médian est de 9,80 € dans les magasins bio, contre 8,93€ dans les supérettes et 9,91 € dans les supermarchés.

Les magasins bio dégagent en moyenne 262 000 € de chiffre d’affaires par salarié, moins que les supermarchés (408 000€), mais plus que les supérettes et les autres magasins non bio (193 000 €).
Un salarié génère plus de valeur ajoutée dans un magasin bio : 54 000 € en moyenne contre 42 000 € pour les supérettes et supermarchés.

Enfin, le taux de marge commerciale y est également supérieur : 32 % en moyenne pour un magasin bio, contre 29 pour une supérette et 19 pour un supermarché.
Ces différences de ratios économiques semblent sans impact sur les taux de pérennité à deux ans, qui restent similaires entre les magasins bio et les autres.

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/

Source
: "Défaillances et sauvegardes d’entreprises en France 3ème trimestre 2019", Altares, lu novembre 2019
Méthodologie : la défaillance d’entreprise correspond à l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, redressement judiciaire ou liquidation judiciaire directe auprès d’un Tribunal de Commerce ou de grande instance. Cela ne recouvre donc ni les procédures amiables (mandat ad ’hoc ou conciliation) ni les suites d’ouverture (arrêt de plan, conversion en liquidation); Chaque année, en moyenne, les 2/3 des redressements Judiciaires ouverts sont convertis en Liquidations Judiciaires; 60% des conversions en liquidation judiciaire sont prononcées l’année de l’ouverture du redressement judiciaire et 40% le sont en année N+1 voire N+2.
Les statistiques Altares de défaillances d’entreprises comptabilisent l’ensemble des entités légales disposant d’un numéro siren (entreprises individuelles, professions libérales, sociétés, associations). Altares collecte par ailleurs prés de 4 000 annonces non sirénées par an et opère un traitement spécifique manuel d’identification, permettant d’affecter un numéro de siren sur plus de la moitié des annonces; les autres sont chargés dans la base de données Altares mais ne sont pas retenues dans les statistiques de défaillances.

 
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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