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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
18/12/2019
André Letowski 
Emploi 

Les auto-entrepreneurs (42 %) et les chefs d’entreprise (15 %) sont aussi salariés

 Un non-salarié sur quatre travaille aussi en tant que salarié.
L’activité non salariée est pratiquée en complément par des personnes salariées ou des dirigeants salariés à titre principal aux ressources élevées, mais aussi par des salariés aux ressources modestes pour compléter leur revenu. Par contre, les non-salariés ont recours à l’activité salariée quand ils sont autoentrepreneurs aux ressources modestes ou en situation de transition entre salariat et non-salariat.

Les pluriactifs en nombre et type d’activité : un non-salarié sur 4 travaille aussi comme salarié

Ils sont ainsi 640 000 pluriactifs, notamment dans les professions libérales (la santé avec les 2/3 des chefs d’entreprise), où il sont 20 % des non-salariés classiques et 54 % des micro-entrepreneurs. Les autres non-salariés non professions libérales sont 12 % parmi les non-salariés classiques (14 % chez les gérants non-salariés et 9 % dans les entreprises individuelles) et 37 % parmi les micro-entrepreneurs.

Mais les situations sont variées : cumul en même temps d’un emploi salarié et d’un emploi non salarié, alternance au fil d’une année de ces 2 modalités d’activité, mais aussi salariés ayant quitté leur emploi pour créer leur entreprise.
Ainsi, en fin d’année 2016, un tiers des pluriactifs n’exercent plus que leur activité non salariée ; parmi ceux qui occupent toujours un emploi salarié, 71 % ont occupé cet emploi salarié pendant toute l’année sans interruption.


Le revenu d’activité global moyen des pluriactifs est 1,7 fois plus élevé que celui des monoactifs

Hors micro-entrepreneurs, les pluriactifs perçoivent en moyenne 2 830 € par mois de leur activité non salariée, contre 3 540 € pour les monoactifs ; en ajoutant les salaires qu’ils perçoivent, le revenu global dépasse nettement celui des monoactifs : 5 880 € par mois, soit 1,7 fois plus que celui des monoactifs.

En effet, 40 % du revenu d’activité global des professionnels libéraux pluriactifs provient de leur activité salariée.
L’écart de revenu d’activité global est encore plus important pour les micro-entrepreneurs : alors que les monoactifs gagnent en moyenne 510 € par mois, les pluriactifs perçoivent un revenu total de 2 310 €, dont plus de 80 % provient de leur activité salariée.

Hors micro-entrepreneurs, près d’un quart des pluriactifs ont un revenu non salarié nul ou déficitaire : 10 % des professionnels libéraux pluriactifs, 25 % des entrepreneurs individuels et 44 % des gérants de société. Cette part est beaucoup plus faible parmi les monoactifs : 4 % des professionnels libéraux et moins de 9 % des autres entrepreneurs individuels et gérants.

Toutefois 3 remarques pour clarifier :
  • d’une part, lorsque l’entreprise est déficitaire, le revenu du non-salarié n’est pas connu,
  • d’autre part, les gérants majoritaires de société peuvent choisir de réinvestir les bénéfices réalisés dans leur entreprise ou de se verser des dividendes plutôt qu’une rémunération.
  • d’autre part encore, l’activité salariée des pluriactifs est parfois brève.

Neuf profils de pluriactifs se dégagent :

  • Trois profils sont caractérisés par des salaires élevés, avec en complément une activité non salariée faiblement rémunératrice (25 % des pluriactifs) ; ils sont souvent cadres et la quasi-totalité d’entre eux occupe un emploi salarié à plein temps ou proche du temps plein. Ils dirigent en parallèle une micro-entreprise à laquelle ils consacrent peu de temps. On trouve aussi dans ce groupe les chefs d’entreprise avec des salaires élevés qui sont aussi gérants non-salariés (5 %), généralement sans se verser de rémunération (hors dividende) pour cette activité complémentaire.
  • À l’inverse, 2 autres profils sont caractérisés par un revenu d’activité non salariée relativement élevé, auquel s’ajoute un complément plus faible provenant de l’activité salariée. C’est souvent le cas des médecins et professions paramédicales (13 %), ou l’exercice d’activités spécialisées (avocats, conseil), où ils sont ponctuellement salariés de l’enseignement supérieur (4 %).
  • 2 profils cumulent des revenus non-salariés faibles avec un revenu salarié, un moyen de compenser une activité non salariée peu rémunératrice (37 %). Ils sont majoritairement micro-entrepreneurs avec une activité intermittente ou saisonnière, en plus d’occuper des emplois salariés avec un faible temps de travail, notamment dans les services personnels.
  • Le dernier profil rassemble les pluriactifs qui ont débuté leur activité non salariée en 2016, après avoir quitté leur emploi salarié pendant l’année (10 % des pluriactifs) ; 40 % d’entre eux restent dans le même domaine d’activité; leur revenu non salarié est faible au cours de cette première année d’activité tronquée ; ils sont par ailleurs jeunes (près de la moitié ont 30 ans ou moins).

Le volume de travail salarié est fortement lié au niveau de revenu et au secteur de l’activité non salariée

  • 60 % ont un volume d’activité salariée plutôt faible, soit parce que cette activité n’a duré que quelques mois au cours de l’année, soit parce qu’elle représente un nombre d’heures par mois peu élevé.
    Ainsi dans les activités artistiques et l’enseignement, où l’emploi non salarié est souvent intermittent, il est plus fréquent d’avoir une activité salariée courte.
    Certaines activités non salariées nécessitent d’y consacrer un temps important et laissent peu de place à un emploi salarié en sus de celle-ci, notamment en cas de gestion d’un commerce physique devant rester ouvert régulièrement (commerce, coiffure, hébergement-restauration), en cas d’activité intense et régulière (dans la construction par exemple) ou d’activité nécessitant un fort investissement financier initial (taxis).
  • Les médecins se trouve dans une situation intermédiaire. Travailler dans la santé favorise l’exercice d’une activité salariée en parallèle, en particulier, pour les médecins et dentistes.
  • 40 % ont une activité salariée importante (temps complet ou presque ; il concentre 95 % des 3 profils de pluriactifs caractérisés par des salaires élevés et des revenus non-salariés plutôt faibles.

Au regard des différentes caractéristiques (ne sont pris en compte que les mesures nettement supérieures à la moyenne)

Catégorie de non-salarié
  • Les autoentrepreneurs sont en activité salariale pour 1/3 d’entre eux ; sont bien plus dans cette situation, des salariés à plein temps (85 sur 56 en moyenne), ou à quasi plein temps (91 sur 56),
  • Les entreprises individuelles sont bien plus le fait des professionnels de la santé (96 et 95 vs 26 en moyenne) et des non-salariés à revenu élevé et par ailleurs ponctuellement salariés dans l’enseignement (51 vs 26),
  • Les gérants sont bien plus le fait des dirigeants salariés à temps plein et par ailleurs gérants à revenu nul (90 vs 18), ou de non-salariés à revenu élevé et par ailleurs ponctuellement salariés dans enseignement (43 vs 18), voire de non-salariés à revenu modeste (74 vs 18).
Selon les activités (les plus fréquentes)
  • Commerce et artisanat commercial : dirigeants salariés à temps plein et par ailleurs gérants non rémunérés, et non-salariés à revenu modeste avec activité salarié en complément.
  • Services aux entreprises : non salarié à revenu élevé et ponctuellement salarié dans l’enseignement (47 vs 16).
Selon l’ancienneté en tant que non-salarié
  • Moins d’un an, ceux en transition (96 vs 26).
  • Entre 2 et 5 ans : ceux en activité salarié principale (34 et 38 vs 26) et micro-entrepreneurs avec une faible activité salariée (34 vs 26).
  • 5 ans et plus : dirigeants salariés à haut revenu et par ailleurs gérant non rémunéré (63 vs 35), non-salariés à revenus élevés et ponctuellement salariés par l’enseignement (70 vs 35), médecins (67 vs 35), ce qui montre bien l’intelligence stratégique de ces personnes.
S’ils sont employeurs : dirigeants à temps plein, tout en étant gérant non rémunéré, non-salariés à revenu élevé et salarié ponctuel de l’enseignement (31 vs 11), et non-salariés à revenus modestes et en complément salariés (42 vs 11).

Selon leur CSP
  • Chefs d’entreprise : dirigeants salariés temps plein et gérants non rémunérés en complément (31 vs 3).
  • Cadres : salariés à temps plein et non salariat en complément (34 et 31 vs 20), et dirigeants salariés temps plein et gérants non rémunérés en complément (35 vs 20).
  • Professions intermédiaires : paramédicaux (91 vs 24).
  • Employés : non-salariés au revenu élevé avec salariat ponctuel dans l’enseignement (68 vs 30), micro-entrepreneurs à faible activité salariée (43 vs 30) et personnes en transition (39 vs 30).
Selon l’âge
  • Moins de 30 ans : personnes en transition (42 vs 18).
  • 45-59 ans : dirigeants à temps plein, tout en étant gérant non rémunéré (63 vs 42), non-salariés au revenu élevé avec salariat ponctuel dans l’enseignement (43 vs 34), et non-salariés à revenu modeste et salariés en complément (45 vs 34).
  • 60 ans et plus : médecins (26 vs 8).
Selon le sexe :
  • Les femmes : dans le paramédical (77 vs 42), micro-entrepreneurs à revenu modeste et activité salariée en complément (52 vs 42).
  • Les hommes : salariés plein temps et non-salariat en complément (71 vs 58), dirigeants à temps plein, tout en étant gérant non rémunéré (79 vs 58), non-salariés à revenu modeste avec salariat en complément (70 vs 58).
 "Un non-salarié sur quatre travaille aussi en tant que salarié ", Insee Première N°1785, décembre 2019
Sources : la base non-salariés est issue de deux sources administratives, gérées par l’Acoss et par la caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA). Ces deux organismes collectent les cotisations sociales et la CSG-CRDS assises sur les rémunérations des non-salariés. Cette étude se limite aux non-salariés en activité au 31 décembre, hors secteur agricole. Tous les emplois donnant lieu à au moins un euro de rémunération sont pris en compte.
Définition de non-salariés : ensemble des personnes affiliées à un régime de protection sociale des travailleurs non-salariés, qu’ils soient artisans, commerçants, industriels ou professionnels libéraux.

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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