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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
15/01/2020
André Letowski 
Indicateurs 

Que sont devenus les auto-entrepreneurs de la génération 2014 ?

36 % des auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 sont encore actifs 3 ans après, mais 34 % des immatriculés n’avaient jamais déclaré de recettes. Ainsi 55 % des auto-entrepreneurs sont toujours en activité à 3 ans.

Résultats globaux

Sur 100 auto-entrepreneurs immatriculés au premier semestre 2014, 34 n’ont pas déclaré de chiffre d’affaires lors de leurs 8 premiers trimestres d’exercice et sont considérés comme n’ayant pas démarré leur activité ; sur les 66 en activité dans les 8 premiers trimestres de leur création, 36 sont encore actifs sous ce régime et 30 ont cessé, soit pour cette population un taux de pérennité de 54 %, vs 75 % pour les créateurs classiques (63 % pour les entreprises individuelles), mais aussi un taux de pérennité de 36 %, si l’on considérait l’ensemble des AE immatriculés.

Les AE de la génération 2014 sont plus nombreux à être pérennes que ceux de la génération 2010 (36 % contre 30), la proportion de ceux qui démarrent effectivement une activité a été plus grande (66 % contre 62); la pérennité à 3 ans pour les actifs a été plus forte (54 % contre 48).

Comme pour les entrepreneurs individuels classiques, la pérennité des auto-entrepreneurs dépend fortement du secteur d’activité. Elle est la plus élevéedans la santé humaine et l’action sociale (60%) et l’enseignement (48%), et la plus faible dans la construction (36%), les services aux entreprises (36%) ou le commerce (28%), secteurs où les immatriculations d’auto-entrepreneurs sont les plus nombreuses.

Ces écarts sectoriels s’expliquent partiellement par une propension au démarrage plus élevée dans la santé humaine et l’action sociale (83 %) ou l’enseignement (79 %) que dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques (71 %), la construction (65 %) ou le commerce (54 %). Cependant, des écarts de pérennité persistent même si on ne considère que les entrepreneurs ayant démarré une activité.

Analyse des différentes caractéristiques

Une analyse « toutes choses égales par ailleurs », effectuée sur les auto-entrepreneurs ayant démarré leur activité, permet de mesurer l’effet spécifique de chaque facteur de pérennité d’une entreprise :
  • Cette analyse confirme la hiérarchie des secteurs d’activité.
  • La pérennité augmente avec l’âge de l’auto-entrepreneur

28 % des moins de 30 ans sont actifs trois ans après leur immatriculation, contre 44 % de ceux de 50 ans ou plus ; chez les entrepreneurs individuels classiques, la pérennité est la plus forte entre 30 et 54 ans.
  • La pérennité est plus forte chez les femmes (41 %) que chez les hommes (33 %) :
    Cette différence s’explique surtout par le meilleur taux de démarrage effectif des femmes (72 %, 10 points de plus que les hommes). Parmi les auto-entrepreneurs ayant démarré une activité, l’écart de pérennité est en faveur des femmes, mais il n’est que de 4 points (57 % contre 53 %). Le positionnement sectoriel explique en partie cet écart : les auto-entrepreneuses sont surreprésentées dans les activités les plus pérennes, notamment la santé humaine et l’action sociale ou l’enseignement.
À caractéristiques identiques, la pérennité est plus forte en cas de vie en couple, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. En revanche, l’expérience dans la création d’entreprise et le niveau de diplôme n’ont pas d’effet significatif sur la pérennité.
  • Une pérennité plus élevée dans les communes rurales : 43 % vs 34 dans les unités urbaines ; il n’y a pas d’écart significatif entre petites et grandes unités urbaines.
Lors de la création de leur entreprise, les auto-entrepreneurs urbains ont déclaré plus souvent vouloir répondre à une opportunité ponctuelle, surtout dans l’agglomération parisienne (22 % contre 15 % dans les communes rurales).

  • La pérennité croît avec le montant de l’investissement initial : 32 % pour les projets lancés sans investissement initial, contre 40 pour ceux ayant investi au moins 1 euro. Cet écart s’explique partiellement par une propension au démarrage plus élevée (70 % ont démarré une activité contre 62 % de ceux qui n’ont fait aucun investissement). Parmi les auto-entrepreneurs ayant démarré une activité, le taux de pérennité à trois ans est de 52 % pour ceux n’ayant rien investi initialement vs 57 % pour les autres.
  • L’aide a joué favorablement : 36 % ont bénéficié d’un dispositif d’aide (le plus souvent l’ Accre) ; 42 % sont actifs après trois ans, contre 33 % de ceux n’ayant bénéficié d’aucune aide. Cet écart s’explique essentiellement par un taux de démarrage effectif d’activité plus élevé.
  • Les auto-entrepreneurs en activité principale sont plus pérennes (67 % vs 62 pour les activités complémentaires)

⇒ Chiffres d’affaires, rentabilité, trésorerie et satisfaction

  • Un chiffre d’affaires annuel moyen de 10 300 € en 2016, un résultat comparable à celui de la génération 2010. 3 % déclarent un chiffre d’affaires nul en 2016.
Pour les auto-entrepreneurs en activité de complément, le chiffre d’affaires moyen est de 7 600 € en 2016, contre 12 800 € pour ceux en activité principale. Parmi ces derniers, il est de 12 200 € pour ceux qui ont une autre source de revenu, et de 13 100 € pour ceux dont c’est l’unique source de revenu. N’oubliez pas que la donnée est le chiffre d’affaires duquel il faut retrancher à minima les cotisations sociales pour connaitre le revenu disponible (23 % pour un libéral, laissant chaque mois de l’ordre de 820 €, s’il est en activité principale).

Le chiffre d’affaires des auto-entrepreneurs immatriculés en 2014 est très inférieur à celui des entrepreneurs individuels classiques de la même génération : 75 % (66 % ceux en activité principale) des premiers déclarent moins de 15 000 € de recettes en 2016, contre 23 % des seconds.

Les activités les plus rémunératrices ne sont pas forcément les plus pérennes.

Le chiffre d’affaires est le plus élevé dans les secteurs de l’hébergement-­restauration (15 600 €). Il est le plus faible pour les arts, spectacles et activités récréatives (6 500 €) et l’industrie (8 200 €). Un auto-entrepreneur travaillant principalement pour des entreprises déclare en moyenne un chiffre d’affaires annuel supérieur de 1 600 € à celui d’un auto-entrepreneur travaillant surtout pour des particuliers.

Un auto-entrepreneur titulaire d’un diplôme qualifiant déclare en moyenne un chiffre d’affaires annuel supérieur de 1300 € à celui d’un auto-entrepreneur sans diplôme qualifiant. S’il a déjà une expérience dans le même métier, son chiffre d’affaires est supérieur de 3 000 € à celui d’un auto-entrepreneur sans expérience. Pourtant, ces 2 facteurs ne sont pas liés à une pérennité plus importante.

Le chiffre d’affaires est également plus élevé si l’auto-entrepreneur a investi lors du démarrage : en moyenne un chiffre d’affaires supérieur de 1 300 € ; s’il a investi au cours des 3 dernières années, il déclare en moyenne un chiffre d’affaires supérieur de 1 400 €.
  • 54 % des auto-entrepreneurs sont satisfaits de leur chiffre d’affaires : 58 % des auto-entrepreneurs en activité de complément (8 points de plus que ceux en activité principale). 57 % de ceux qui n’ont rien investi à la création se déclarent satisfaits, contre 53 % de ceux qui ont investi moins de 1 000 € et 50 % de ceux qui ont investi plus de 1 000 €.
La satisfaction vis-à-vis du chiffre d’affaires dépend également du secteur d’activité. Elle est plus élevée dans l’informatique/communication et l’enseignement (respectivement 63 % et 62 % de satisfaits), qui sont souvent des activités de complément ; elle est la plus faible dans le secteur du commerce (42 %).

Quasiment tous les auto-entrepreneurs de la cohorte 2014 actifs fin 2017 se disent satisfaits (63 %), voire très satisfaits (22 %), de leur projet en général. Un tiers sont satisfaits de leur activité, mais pas de leur chiffre d’affaires.
  • Les auto-entrepreneurs en activité principale déclarent plus de problèmes de trésorerie : 27 % déclarent rencontrer souvent des problèmes de trésorerie, un niveau comparable à celui des entrepreneurs individuels classiques (31 %). Les causes les plus fréquentes sont les baisses de chiffre d’affaires, les délais et retards de paiement des clients ainsi que les augmentations d’impôts, de taxes et/ou de cotisations.
Le commerce est le secteur le plus touché (36 %), notamment du fait de difficulté d’accès au crédit, puis les HCR (33 %) et la construction (31 %) ; les activités d’informatique/communication (19 %), d’enseignement (21%) et de santé humaine (20 %) sont les moins exposées aux problèmes de trésorerie.

Les auto-entrepreneurs en activité principale déclarent plus fréquemment des problèmes de trésorerie (36 % vs 17 pour les activités de complément d’entre eux) ; les plus concernés sont ceux n’ayant pas d’autres sources de revenus (38 % vs 31 ceux ayant une autre source de revenu).

Pour en savoir plus : https://www.insee.fr/

Source :  "Les auto-entrepreneurs sont moins pérennes que les entrepreneurs individuels classiques" Insee résultats, décembre 2019
Méthodologie : enquête Sine 2014-2017

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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