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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
10/02/2020
André Letowski 
Business 

2019 suit 2018 quant à la forte évolution du nombre de créations d’entreprises

2019 manifeste à la fois une hausse du nombre d’auto-entrepreneurs et du nombre de créations classiques, en rupture avec les années 2009-2017.

Les évolutions globales récentes

En 2019, 815 257 entreprises ont été créés dont 47 % sous forme d’auto-entrepreneurs, et à quasi égalité 27 % en société (dont une majorité sont des entreprises de type unipersonnel) et 26 % en entreprise individuelle (non, auto-entrepreneur).

En nombre d’entreprises nouvelles, ce sont 124 000 entreprises en plus au regard de 2018, dont 63 % en auto-entrepreneurs et 37 % en entreprises classiques.

Rappelons que le statut de ces 2 modalités de création est différent puisque 40 % des auto-entrepreneurs ne démarreront jamais (pas de recettes) et que leur recettes moyennes sont de l’ordre de 10 000 € annuels.

La progression au regard de 2018 est forte : +17,9 % au global, mais +25,3 % pour les auto-entrepreneurs, 15,7 % pour les autres entreprises individuelles et 8,6 % pour les sociétés. Noter que la progression 2018/ 2014-2017 a été fulgurante avec +46,8 % au global, à égalité pour les AE et les entreprises individuelles autres (+60 %), et bien moindre pour les sociétés (+21 %), à relier au fait que les entreprises nouvelles ont rarement des salariés (5 %).


L’évolution par activités

Les données par grands secteurs d’activité sont manifestement insuffisantes pour cerner l’évolution des activités fines ; l’exemple de l’industrie, en forte évolution cette année, est particulièrement signifiant puisqu’on y trouve tant des activités réellement de type industriel, des activités artisanales de proximité et pour partie de type artistique ; dans quelles activités fines s’observent cette évolution ? Des modalités nouvelles de sous-traitance, des activités réellement nouvelles ne pouvant se développer qu’avec des effectifs réduits voire pas de salarié, des activités artistiques en fort développement ?

En ce qui concerne les créations classiques (+12 % sur un an)

3 sous-groupes d’évolution :
  • Les fortes évolutions tout d’abord (entre 15 et 21 %), avec l’exception de l’industrie (+30,7 %), regroupant surtout des activités de services et la construction,
  • puis 2 activités à l’évolution moyenne (9-12 %), dont les transports (Uber et livraisons à domicile pour grande part, en forte baisse au regard des dernières années),
  • et enfin 3 activités dont 2 “structurantes”, la santé/éducation et le commerce en faible évolution (+2 à 4 %).


En ce qui concerne les autoentrepreneurs (+25 % sur un an)

La progression est forte (20-33 %), plus que pour les entreprises classiques, dans quasiment toutes les activités, hors la santé/éducation avec +14 % et par ailleurs l’industrie avec +41 %.

L’autoentrepreneuriat joue d’influence nette sur l’évolution du nombre de créations

Cette influence est tantôt positive, tantôt “neutre”, tantôt fortement positive, quand nous observons les évolutions depuis l’apparition de ce nouveau régime (2009-2019).
  • Au démarrage du nouveau régime (2009-2010), une nette hausse conduisant à une nette hausse du flux global de créations (+7 %), avec un taux d’auto-entrepreneur de 55-58 %.
  • Puis la stabilité entre 2011 et 2014, l’engouement étant passé, avec la stabilité aussi du flux de création, avec un taux d’auto-entrepreneur de 51 à 56 %.
  • Puis une nette baisse entre 2015 et 2017 du taux d’autoentrepreneur (40-43 %) et une hausse marquante des entreprises classiques (de 6 à 13 %), et une baisse du flux d’auto-entrepreneurs (de 8,5 à -21 %),
  • Pour connaitre en 2018-2019, une hausse à la fois des aut-oentrepreneurs et des entreprises classiques, plus forte en faveur des auto-entrepreneurs (25 à 27 % vs 10-12 %).

Cette influence conduit à ce que les autoentrepreneurs soient plus nombreux que les classiques dans le flux des entreprises nouvelles ; cette influence observée, est à la fois plus forte pour les activités majoritairement de type auto-entrepreneurs, mais aussi pour des activités traditionnelles en faible évolution (le commerce notamment), alors que les activités à faible taux connaissent une hausse proche à la fois des autoentrepreneurs et des entreprises classiques.



L’observation des 4 derniers mois, comparés à la même période en 2018, montre des écarts importants entre les évolutions des 2 types de création : les auto-entrepreneurs l’emportent largement dans 3 activités traditionnelles (commerce, HCR et santé/éducation), alors que ce sont les créations classiques qui dominent dans les services aux personnes et aux entreprises. Cette évolution plutôt nouvelle se poursuivra-t-elle ?



 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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