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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
24/02/2020
André Letowski 
Emploi 

17 % des cadres ont déjà travaillé en freelance

L’image des statuts de freelance et du portage sont bonnes pour les cadres, incitant certains à envisager de choisir ce statut dans l’avenir. 

Les aspirations professionnelles prioritaires des cadres dans les années à venir

Mais tout d’abord, la satisfaction actuelle dans la carrière professionnelle ?

86 % sont satisfaits dont très 12 %. les écarts selon les caractéristiques observées sont peu importants (entre 81 et 88 %).

Les plus satisfaits sont ceux qui encadrent au moins 10 personnes (95 % vs 83 ceux qui n’encadrent personne), les hauts revenus (91 %), ceux qui ont été freelance (90 %).

Les enjeux prioritaires dans les 5 ans à venir
: 2 enjeux sont cités à égalité : la possibilité de concilier vie privée et vie professionnelle (60 % dont en premier cité 35 %) et l’épanouissement au travail (58 et 30 %).

Sont davantage demandeurs en ce qui concerne la conciliation vie privée et vie professionnelle (réponses en premier) : les 50 ans et plus (45 % vs 33 les 35-49 ans et 31 les moins de 35 ans), les femmes (41 % vs 33 les hommes), ceux qui ont 2 enfants présents au foyer (40 vs 26 les “célibataires” jamais en couple), ceux qui vivent en milieu rural (40 %), ceux qui ont plus de 15 ans d’ancienneté (40 % vs 29 à 36 pour les autres), les hauts revenus (40 %), ceux qui n’ont jamais été freelance (39 % vs 20) et ne manifestent pas d’intérêt pour cette modalité de travail (38 % vs 29), et par ailleurs ceux qui travaillent dans les secteurs de l’information et communication (43 %), du commerce et de l’immobilier (39 %) vs 25 dans les autres services aux entreprises.

Le fait d’être cadre d’entreprise ou ingénieur/techniciens cadres, celui de la taille de l’entreprise, celui du nombre de personnes à encadrer parait moins important en termes d’écarts.

Si l’on observe la totalité des citations (60 %), les tendances sont proches avec toutefois quelques différences : ceux qui exercent dans le BTP (70 %), ceux qui travaillent dans les entreprises de moins de 20 salariés (68 %), ceux qui n’ont pas de charge d’encadrement (66 %), les ingénieurs (64 %), ceux qui sont en couple mais non mariés (63 %), les moins de 35 ans rejoignent les 50 ans et plus (63 %), mais à contrario 44 % pour ceux aux revenus modestes.

Sont davantage demandeurs en ce qui concerne l’épanouissement au travail (30 % en 1ère citation et 58 pour toutes citations) : les moins de 3 ans d’ancienneté (39 % vs 22 les 15 ans et plus), les moins de 35 ans (37 % vs 20 les 50 ans et plus), ceux qui travaillent dans des entreprise de moins de 20 salariés (37 %).

Si l’on observe l’ensemble des citations, les tendances sont proches, hors les célibataires jamais en couple qui sont les plus demandeurs (68 %).

• Les autres items concernent la vie au sein de l’entreprise ; je ne les traiterais que globalement :
  • La transformation managériale c’est-à-dire par exemple les nouvelles approches en matière de collaboration entre métiers, les modes de décisions plus collaboratifs (en 1er 9 % et total citations 21 %),
  • La digitalisation des métiers (7 et 13 %),
  • Le respect de valeurs d’éthique : RSE, développement durable (6 et 16 %),
  • La formation professionnelle (5 et 14 %),
  • Le développement de nouvelles formes de travail en dehors du salariat (5 et 11 %),
  • La facilité de mobilité géographique (3 et 8 %).
Le critère le plus susceptible de permettre leur épanouissement professionnel :
  • Avoir un bon équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle (33 %), mais 46 % pour ceux travaillant dans des entreprises de moins de 20 salariés, vs 22 % pour ceux qui ont été freelance,
     
  • Avoir le sentiment de faire un travail utile (21 %), mais 38 pour ceux de l’information-communication, et 31 pour ceux qui n’ont jamais vécu en couple,
     
  • Exercer un travail dans lequel l’acquisition de connaissances est régulière (15 %), mais 21 pour ceux ayant exercé en freelance plusieurs fois,
     
  • Pouvoir évoluer dans la hiérarchie (13 %), ceux qui encadrent au moins 10 personnes (19 %), les moins de 35 ans (17 %), les revenus modestes (21 %), ceux qui ont songé à démissionner pour travaille en freelance (30 %),
     
  • Pouvoir changer de de métier ou d’activité durant votre carrière (8 %),
     
  • Être le plus indépendant possible (7 %), mais 13 % pour ceux qui ont déjà créé plusieurs fois en freelance ou a songé à démissionner pour le devenir (12 %).
L’entreprise, une structure de travail permettant aux actifs de s’épanouir dans leur vie professionnelle ?
78 % oui dont 12 tout à fait.

Ceux qui le pensent le plus sont ceux qui sont très satisfaits de l’évolution de leur carrière (98 % vs 39 ceux qui ne sont pas satisfaits), les moins de 35 ans (83 %), les cadres en milieu rural (83 %), ceux qui ont des responsabilités d’encadrement, notamment avec 10 personnes et plus (82 vs 75 ceux qui n’en ont pas), ceux qui ont déjà travaillé en freelance (82 %).

70 % ont l’intention d’être mobile, que ce soit pour un changement de poste au sein de la même entreprise (44 %), un changement d’entreprise pour exercer le même type de métier, en tant que salarié (35%), un changement d’entreprise pour exercer un autre type de métier, en tant que salarié (29 %), un changement de localité qu’elle soit liée ou non à votre activité professionnelle (29 %), une mobilité externe pour exercer la même activité avec un autre statut que celui de salarié (17 %).

Ceux qui expriment le moins de mobilité sont les 50 ans et plus (49 % vs en moyenne 30), ceux qui ont plus de 15 ans d’ancienneté (44 %), ceux en milieu rural (44 %), ceux qui travaillent dans l’administration (43 %), ceux qui n’ont pas d’intérêt pour un statut de freelance (37 %).

Regardons plus avant ce dernier item où les plus demandeurs sont :
  • Ceux ayant les revenus les plus faibles (46 %), vs 12 % pour les plus aisés,
     
  • Ceux travaillant dans l’information/communication (37 %) et le commerce (23 %) vs 12-18 % pour les autres activités,
     
  • Ceux ayant déjà créé en freelance (34 %) voire ont déjà démissionné pour ce faire (49 %), ou ayant de l’intérêt pour cette modalité d’activité (34 %),
     
  • Les moins de 35 ans (26 % vs 17 en moyenne) et peu les 50 ans et plus (7 %),
     
  • Moins les ingénieurs et techniciens cadre (13 % vs 20 les autres cadres).

Qu’en est-il pour l’intérêt porté à la situation de freelance ?

77 % ont une bonne opinion de ce statut, dont 12 % une très bonne opinion.

Ont une très bonne opinion ceux qui ont travaillé en freelance plusieurs fois (43 % vs 12 en moyenne). Par contre, ont le plus une mauvaise opinion ceux qui travaillent dans l’administration (36 % vs 23 en moyenne), ceux qui sont insatisfaits de leur carrière professionnelle (40 %), et ceux qui envisagent de travailler en freelance (34 %).

Les atouts de cette modalité de travail sont
:

La liberté avant tout,
  • celle d’organiser son temps comme on le souhaite : 25 % cité en 1er et 44 % toutes citations, mais 57 % pour ceux en information/communication, 55 % pour ceux travaillant en TPE, 51 % pour les femmes,
     
  • la liberté de choisir ses misions (17 et 37 %), mais toutes citations 47 % les ex-freelance à plusieurs reprises, 44 % les 50 ans et plus, peu les revenus modestes (29 %),
     
  • la possibilité de travailler davantage sur des sujets que l’on apprécie (12 et 24 %), voire l’absence de hiérarchie (11 et 23 %), 
Et des atouts moins importants :
  • Un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle (8 et 16 %),
     
  • Une croissance plus rapide des revenus (8 et 16 %),
     
  • Le défi que représentent la conquête et la fidélisation de clients (7 et 13 %),
     
  • La possibilité de réaliser une mobilité géographique (3 et 6 %),
     
  • Mais aucun atout pour 9 et 11 %.
Mais 62 % perçoivent ce statut comme engendrant une activité stressante vs 38 % une activité épanouissante ; 68 % y voient un risque, vs 32 % une opportunité; certes elle apporte beaucoup de liberté, alors que 47 % y observe des contraintes. Toutefois 80 % estiment qu’elle est adaptée aux attentes actuelles des actifs.

– Qui parle plutôt d’épanouissement (38 %) ? Ceux qui ont été freelance plusieurs fois (60 %), ceux qui envisagent de devenir freelance (58 %), ceux qui encadrent au moins 10 personnes (43 %).

– Une opportunité (32 %) ? pour les revenus modestes (45 %), pour les ex-freelance (51 %) ou ceux qui l’envisagent (54 %).

Le portage salarial

Globalement pour 51 % une bonne notoriété, mais 26 % ne voient pas précisément de quoi il s’agit. 73 % en ont toutefois une bonne image !

Les 32 % qui savent bien ce qu’est le portage salarial sont plutôt d’ex-freelance (51 %), ceux qui travaillent dans l’informatique/nouvelles technologies (41 %).

Pour une grande majorité, 76 à 84 % sont globalement d’accord aux 6 raisons énoncées ; par contre les tout à fait d’accord ne sont plus qu’entre 12 et 21 %.

Les raisons proposées sont :
  • le portage salarial permet d’accroitre son réseau professionnel (84 %),
  • d’acquérir une expérience diversifiée (83 %),
  • de valoriser son expérience professionnelle en travaillant pour de grandes structures (78 %),
  • de concilier la souplesse dans l’organisation de son travail et la sécurité que permet le salariat (77 %),
  • de s’épanouir professionnellement (76 %).
Interrogés s’ils connaissent ne serait-ce que de nom les organisations concernées, les instances de travail temporaire sont grandement connues (89-82 %), l’Apec aussi (88 %), beaucoup moins les structures de portage (entre 4 et 14 %).

Les salariés ex-freelance ou intéressés par cette modalité de travail

17 % ont déjà travaillé en Freelance (dont 6 plusieurs fois).

Ils sont plus souvent
des freelance aux revenus modestes (35 % vs 13 % les hauts revenus), ceux exerçant dans le secteur information/communication (35 %), ou en immobilier (30 %) mais peu souvent ceux des services aux entreprises (10 %), ceux qui ont encadré du personnel (23 % vs 10 pour ceux qui n’ont jamais encadré), ceux qui sont très satisfaits de leur carrière professionnelle (23 % vs 16 les autres), ceux en couple marié (22 % vs 8 à 16 pour les autres). Noter que 72 % disent avoir démissionné pour créer en freelance.

Y ont fait moins appel : les femmes (12 % vs 21 pour les hommes), ceux en milieu rural (13 % vs 19 pour les autres), les hauts revenus (13 %).

• 40 % envisagent de l’expérimenter dans les 5 ans à venir (dont 6 % certainement). On y trouve les freelance expérimentés (60 %) ou ceux intéressés par la statut de freelance (74 %), davantage de moins de 35 ans (51 %) et peu de 50 ans et plus (29 %), plus souvent avec peu d’ancienneté en entreprise (45 à 53 % moins de 5 ans vs 28 % plus de 15 ans), davantage les revenus modestes (51 %).

• 26 % ont eu l’intention de démissionner pour travailler en freelance mais ne l’ont pas fait.

On y trouve ceux qui manifestent de l’intérêt pour ce statut (55 % vs en moyenne 26), ceux aux revenus modestes (49 % vs 29 -32 les hauts revenus), ceux exerçant dans l’information, la communication (39 %), les insatisfaits de leur vie professionnelle (39), ceux aux revenus modestes (34 %), ceux qui encadrent du personnel (36 % vs 24).

Y ont moins songé : les femmes (27 % vs 34 les hommes), les 50 ans et plus (24 % vs 30-34 les autres), ceux qui ont au moins 6 ans d’ancienneté (27 et 32 %), les célibataires jamais en couple (23 % vs 30-35 % les autres formes), ceux pour qui le portage salarial a moins de notoriété (20 %).

Les raisons de non démission sont le risque (63 %), les finances (54 %), loin devant des raisons familiales (26 %) ou administratives (15 %).

• 37 % manifestent de l’intérêt pour travailler sous cette forme dans l’avenir, dont 5 % beaucoup.

On y retrouve ceux qui envisagent de le faire (77 %), ceux qui ont déjà travaillé comme freelance (73 % pour ceux qui l’ont fait plusieurs fois et 58 % une seule fois), ceux aux revenus modestes (58 %), ceux exerçant dans l’information/communication (55 %) et l’immobilier (44 %), ceux exerçant dans de grosses PME (45 %), ceux qui ont une expérience d’encadrement avec au moins 5 personnes (44 %), les moins de 35 ans (41 % vs 27 pour les 50 ans et plus).

4 sous-populations sont citées souvent comme davantage concernées par le statut de freelance

Ce sont les moins de 35 ans, les cadres avec responsabilité d’encadrement, les salariés du secteur information/communication et ceux au revenus modestes.

Globalement, ces répondants expriment plus d’atouts et moins de contraintes en direction du statut de freelance; ils considèrent plus souvent l’entreprise comme lieu d’épanouissement; ils sont plus disposés à s’impliquer dans des changements professionnels.

Mais chaque sous-population est aussi marquée par sa spécificité : les jeunes plus enclins à s’épanouir, plus inquiet pour leur revenu mais moins pour le risque et les contraintes, les “encadreurs”, plus au fait de la dynamique entrepreneuriale et plus expérimentés, les revenus modestes en recherche d’une échappatoire.

Source : "Les cadres et les nouvelles formes de travail – Vague 2 ", Ifop-Freelance.com, décembre 2019
Méthodologie : échantillon de 1001 personnes, représentatif de la population cadre âgée de 18 ans et plus; les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 25 au 29 novembre 2019.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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