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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
16/06/2020
André Letowski 
Indicateurs 

40 % des dirigeants de PME envisagent un retour rapide à la normale à la sortie de la crise

Le recours aux aides mises en place conduit les chefs d’entreprise à penser poursuivre leur activité, même si leur chiffre d’affaires sera amputé.

La trésorerie

La trésorerie des PME s’est très fortement détériorée au cours des 3 derniers mois, même si 10 % la jugent encore aisée et 43 % normale. 47 % la jugent à l’inverse difficile. 82% s’attendent à une dégradation de leur trésorerie dans les mois à venir.

Au 2ème trimestre, les délais de paiement des clients ont fortement reculé et les délais de paiement vis-à-vis des fournisseurs se sont allongés. Le « solde commercial » s’est ainsi nettement réduit, soulageant ainsi légèrement la trésorerie des PME, fortement affectée par la crise.

Le financement de l’exploitation courante et des investissements

Au cours des 3 derniers mois, 74 % des PME ont fait appel aux organismes de crédit pour financer leur exploitation courante, une proportion globalement stable sur un an (73 % au T2 2019) ; seules 19 % des entreprises déclarent avoir rencontré des difficultés d’accès au financement courant, une proportion stable sur le trimestre et depuis un an.
Les chefs d’entreprise qui déclarent souhaiter investir en 2020 sont nettement moins nombreux qu’il y a 3 mois (37 % contre 55 % au T1), en recul également au regard de 2019.

Ceux qui comptent encore investir le feront principalement dans l’objectif de renouvellement et de modernisation de leurs équipements mais en proportion moindre qu’au trimestre précédent (71 % et 62 % des dirigeants déclarant investir contre 77 % et 70 % au T1).

La part de l’investissement destinée à l’extension des capacités et à la création d’une nouvelle implantation sont également en recul par au trimestre précédent (37 % et 24 % après 39 % et 29 %).

Les chefs d’entreprise envisagent en revanche de consacrer une part plus élevée de leurs investissements à l’introduction de nouveaux produits ou services (45 % après 42 %) ainsi qu’à la mise aux normes (33 % après 30 %).
79 % auraient alors recours au crédit, une proportion en recul sur le trimestre (81 % au T1 2020) et plus fortement sur un an (88 % au T2 2019). Parmi elles, 17 % signalent des difficultés pour financer leurs investissements, vs 16 % au T1 2020 et 14 % au T2 2019.

Les freins

Les perspectives de demandes dégradées sont citées par 66 % et le manque de débouchés par 29 %.

Les difficultés de recrutement et la concurrence, principaux freins relevés par les PME lors des précédentes enquêtes, sont nettement moins pesants (29 % et 18 % contre 55 % et 42 % au trimestre précédent).

À noter que l’accès au financement est un peu plus cité par les dirigeants comme un frein (13 % vs 10 % au T1 2020), même s’il reste un frein mineur.

L’impact du covid (analyse Rexécode)

91 % estiment que la crise amputera leur chiffre d’affaires annuel en 2020.

41 % anticipent une baisse comprise entre 10 % et 30 % et 41 % prévoient une baisse supérieure à 30 %. Seuls 5 % des chefs d’entreprise s’attendent à un impact neutre ou positif.

Cette perte de chiffre d’affaires s’explique principalement par le manque de débouchés (45 %), la perte d’activité liée à la fermeture règlementaire de leur entreprise (36 %), les difficultés d’approvisionnement (26 %), la mise en place de conditions sanitaires suffisantes (17 %), l’insuffisance de main d’œuvre (13 %).

Interrogés sur la reprise d’activité de leur PME après la levée des mesures de confinement, 59 % des dirigeants anticipent un retour à la normale difficile et 40 % un retour rapide à la normale, dont 29 % sans rattrapage des pertes accumulées pendant le confinement.

Moins de 1 % des dirigeants interrogés envisagent à ce stade une liquidation de leur entreprise.

La connaissance des mesures

Les chefs d’entreprise ont eu massivement recours à l’activité partielle pour tout ou partie de leurs salariés (79 % ont fait une demande et 6 % l’envisagent).

58 % ont eu recours au report d’échéances fiscales ou sociales.

44 % ont sollicité le Prêt Garanti par l’État (PGE) et 27 % l’envisagent.

8 % ont demandé des prêts (autres que le PGE) mis en place spécifiquement dans le contexte de la crise (ex : prêt Atout Bpifrance) et 5 % ont sollicité le Fonds de solidarité.

44 % ont renégocié leurs échéances de prêts bancaires.

46 % ont imposé des jours de congés payés à leur salariés (46 %).

Financement de la trésorerie et des investissements face au covid

Compte tenu de la mobilisation des dispositifs de soutien, un tiers des dirigeants jugent la trésorerie de leur entreprise suffisante pour affronter la crise et 49 % estiment que les difficultés de trésorerie rencontrées seront surmontables.
À l’inverse, 7 % des PME rencontrent des difficultés de trésorerie jugées insurmontables. 11 % ne se prononcent pas faute de visibilité.

Parmi les 38 % de PME qui ont sollicité des crédits de trésorerie pour faire face à la crise actuelle, 69 % ont obtenu la totalité ou quasi-totalité des montants demandés (c’est-à-dire à plus de 75 %). 19 % ont eu une acceptation partielle et 11 % ont essuyé un refus.

81 % avaient des projets d’investissement avant le déclenchement de la crise : un tiers envisagent de les maintenir, 46 % les reporter et 22 % les annuler.

Ceux qui comptent annuler leurs projets d’investissement le feraient (81 %) en raison des incertitudes élevées entourant l’environnement économique, 49 % pour des contraintes de trésorerie et 27 % en raison de l’insuffisance des débouchés.

77 % avaient des projets d’embauches avant la crise; 36 % envisagent de les maintenir tandis que 41 % comptent les reporter et 23 % les annuler.

Source : "TRÉSORERIE, INVESTISSEMENT ET CROISSANCE DES PME, Baromètre trimestriel" Bpifrance/rexecode, mai 2020
Méthodologie : interrogation par voie numérique de 1579 dirigeants de PME/TPE du 20 au 27 avril 2020. L’analyse porte sur les 615 premières réponses jugées complètes et fiables reçues.
Champ : PME des secteurs marchands non agricoles, de 1 à moins de 250 salariés et réalisant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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