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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
30/07/2020
André Letowski 
Finance 

Un zoom sur les profils des bénéficiaires des rémunérations les plus importantes

4 profils qualifient les salariés bénéficiaires de hauts revenus dans le secteur privé.
En 2017, 1 % des salariés du secteur privé (163 000 salariés) perçoivent plus de 8 680 € nets par mois en équivalent temps plein, soit 4,5 fois le salaire médian (1 850 €) et 7,5 fois le Smic. Tout en haut de l’échelle salariale, le top 0,1 % perçoit plus de 22 860 € par mois, les 1 000 salariés les mieux rémunérés plus de 89 530 €, et les 100, plus de 280 580 €.

L’importance des non-salariés dans les hautes rémunérations

En 2017, 74 % des personnes en emploi aux plus hauts revenus sont des salariés du privé, 18 % des salariés du public et 7 % des non-salariés.

Le top 1 % se répartit entre salariés du privé (53 %), non-salariés (42 %) et salariés du public (5 %), proche de la répartition du top 0,1 % (respectivement 52, 48 et 0 %).

Le top 1 % de l’ensemble des personnes en emploi (salariés du privé et du public, ainsi que non-salariés) aux revenus d’activité les plus élevés perçoivent un revenu d’activité mensuel moyen supérieur à 9 490 € et le top 0,1 % un revenu supérieur à 25 170 €. Le revenu d’activité, à la différence du salaire en EQTP, ne tient pas compte du temps de travail effectué.

Les non-salariés les mieux rémunérés exercent majoritairement des professions libérales : en leur sein, les médecins et les dentistes non-salariés représentent 45 % du top 1 % et 42 % du top 0,1 % ; viennent ensuite les non-salariés des secteurs juridiques (avocats, notaires) et experts-comptables, représentant 17 % du top 1 % et 33 % du top 0,1 %.

Leur profil est relativement similaire à celui de leurs homologues du seul secteur privé : il s’agit majoritairement d’hommes de plus de 50 ans habitant en Île-de-France; les femmes n’y constituent que 19 % du top 1 % et 14 % du top 0,1 %.

4 profils principaux se distinguent au sein des salariés du secteur privé 

  • Les salariés assurant la direction de leurs entreprises : les dirigeants salariés (présidents, directeurs généraux, gérants…17 % du top 1 et 24 % du top 0,1 %) et leurs cadres d’état-major (9 et 15 %) ; au total, ils sont 2 % des salariés du privé et constituent 26 % du top 1 %, 39 % du top 0,1 % et même 45 % du top 1 000.
     
  • Les autres cadres à hautes responsabilité ou expertise (hors banques) : il comprend des cadres administratifs et commerciaux, des cadres comptables et financiers ainsi que des ingénieurs et cadres techniques. Ils sont 16 % des salariés du privé mais 58 % du top 1 %, 43 % du top 0,1 % et 29 % du top 1 000.
     
  • Les cadres des organismes bancaires et des marchés financiers, incluant les gérants de portefeuille et les traders ; peu nombreux parmi l’ensemble des salariés du privé (1 %), ils sont particulièrement concentrés dans les plus hautes rémunérations (7 % du top 1, 10 % du top 0,1 % et 11 % du top 1 000).
     
  • Enfin, le 4ème groupe est constitué notamment de sportifs professionnels, de salariés des domaines juridiques et comptables. S’ils ne sont que 3 % des salariés du privé, ils sont dans l’ensemble des hauts revenus 5 % du top 1 % et 6 % du top 0,1 % et 13 % du top 1 000 (dont 11 % pour les sportifs).
Même si leur part est plus marginale, notamment dans le top 1 000, d’autres professions salariées sont aussi surreprésentées parmi les hautes rémunérations : des professions scientifiques, et des artistes.

En termes d’activité

Le tertiaire emploie 75 % des salariés à hauts revenus, contre 18 % dans l’industrie et 8 % dans la construction ; le tertiaire est le secteur le mieux rémunéré avec 79 % dans le top 1 %, 86 % dans le top 0,1 % et 92 % dans le top 1 000. Il devance l’industrie (respectivement 18, 12 et 7 %) et plus encore la construction (3, 2, 1).

Au sein du tertiaire, les secteurs d’activité des sièges sociaux et conseil de gestion et les services financiers sont surreprésentés.

Les salariés aux plus hautes rémunérations travaillent dans les plus grandes métropoles

Notamment en Île-de-France : un quart du top 1 % travaille à Paris et un autre quart dans les Hauts-de-Seine. Hors région parisienne, les salariés aux plus hautes rémunérations exercent en très grande majorité dans les départements contenant les principales métropoles, notamment le Rhône (Lyon), avec 4 % du top 1 % et du top 1 000, les Bouches-du-Rhône (Marseille) et le Nord (Lille). Les salariés du top 1 000 exerçant en province sont plus souvent des sportifs et des dirigeants d’entreprise.

Les femmes

Elles représentent 42 % des salariés du secteur privé, mais seulement 18 % du top 1 % et seulement 9 % du top 1 000. Rappelons aussi qu’en 2017, les femmes gagnent 16,8 % de moins que les hommes, mais hors top 1 %, l’écart tombe à 12,4 %. Parmi les hauts salaires, les femmes sont moins souvent dirigeantes salariées ou cadres d’état-major.

Les âges

Les postes de direction étant généralement atteints en fin de carrière, les salariés de plus de 50 ans (25 % des salariés) représentent plus de la moitié du top 1 % et 60 % du top 1 000, contre un quart de l’ensemble des salariés du privé. Les plus de 60 ans (3 % des salariés) sont 19 % des salariés du top 1 000. À l’inverse, un peu plus d’un salarié sur dix du top 1 000 a moins de 40 ans (surtout des hommes, et 8 sur 10 des sportifs).

Les salariés concernés et leurs salaires sont plus volatils

Le groupe des salariés aux plus hautes rémunérations se renouvelle au fil des départs à la retraite, des démissions ou des licenciements, des promotions ou encore des changements de statut (passage au non-salariat par exemple). Ainsi, un tiers des salariés du top 1 % en 2016 ne font plus partie du top 1 % en 2017 ou n’exercent plus dans le même établissement ; dans le top 1 000, le renouvellement est plus fort encore (58 % des salariés dans le top 1 000 en 2016 ne sont plus présents en 2017).

En outre, parmi les salariés occupant le même poste en 2016 et 2017, les fluctuations de salaires d’une année sur l’autre sont d’autant plus importantes que les niveaux de rémunérations sont élevés. Ainsi, parmi les salariés en place appartenant au top 1 000 en 2016, un tiers d’entre eux ont baissé d’au moins 25 % en 2017, vs 13 % des salariés en place du top 1 % et de 3 % des salariés en place dans l’ensemble du privé.

Noter que la part de la masse salariale perçue dans le privé par le top 0,1 % a crû de plus de moitié en vingt ans. Lors de la crise économique de 2008, la hausse a été momentanément interrompue, les hautes rémunérations ayant été plus fortement affectées que les autres. Par contre, la part des top 1 % et 0,1 % a assez peu bougé dans la masse salariale depuis 1967, connaissant une baisse entre 1974 et 2014, puis une reprise ensuite, qui va en progressant.

Pour en savoir davantage : https://www.insee.fr/

Source : "Les hauts salaires dans le secteur privé : davantage de directeurs que de traders et de footballeurs", Insee Première N°1800, mai 2020
Méthodologie : Les salaires annuels et les effectifs du privé sont issus des déclarations sociales nominatives (DSN) et des déclarations annuelles de données sociales (DADS) ; le panel tous salariés, issu des DSN et DADS permet de connaitre les salaires du public ; les revenus des non-salariés sont issus de la base non-salarié.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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