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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
25/08/2020
André Letowski 
Ailleurs 

Formation continue : une comparaison France/UE

Une comparaison des formations continues en France et au seins de l'Union Européenne.
En France, la formation professionnelle continue a peu évolué depuis 2005 en termes de flux; elles reste aussi davantage marquée par l’organisation de cours et stages, et peu par le recours aux formations en entreprises.

La formation continue des salariés est considérée comme un enjeu majeur de l’économie de la connaissance au sein de l’Union européenne. Elle doit participer à la croissance économique, à une plus grande compétitivité accompagnée d’une amélioration quantitative et qualitative de l’emploi et d’une plus grande cohésion sociale.

Un bref état des lieux

Les entreprises européennes ont recours à la formation de manière croissante : en 2015, 73 % des entreprises des 28 membres de l’UE ont organisé des formations pour au moins un membre de leur personnel (vs 60 % en 2005). En 2015, la part la plus élevée d’entreprises formatrices se trouve en Lettonie et en Norvège (99 %), et la moins élevée en Grèce (22 %), la France affichant 79 %.

Quelques exemples :
  • À partir de 2010, la Belgique et le Luxembourg se distinguent par une forte implication de leurs entreprises dans la formation. La part de salariés formés y est la plus importante en Europe (respectivement 54 % et 62 % en 2015) pour un nombre d’heures moyen de cours et stages également le plus élevé (plus de 35 heures par participant). C’est aussi dans ces pays que les écarts entre petites et grandes entreprises restent le moins marqués.
     
  • L’Espagne a instauré en 2015 un droit à une formation de 20 heures pour tout travailleur ayant au moins un an d’ancienneté et introduit un compte individuel de formation.
     
  • Au Portugal, les entreprises ont également été portées par une profonde réforme en 2005, qui a instauré une obligation de formation de 35 heures par an par salarié, avec pour objectif d’élever rapidement le niveau de qualification de la population.
     
  • En 2005, les entreprises françaises étaient parmi celles en Europe qui s’impliquaient le plus dans la formation de leurs personnels (74 % des entreprises) ; toutefois, en 2015, le taux a peu évolué (79 %), tout comme le nombre moyen d’heures de formation par salarié (12,8 heures en 2005, 12,4 heures en 2015).

Avec près de 50 % des salariés qui suivent au moins une formation chaque année, une durée des stages de l’ordre de 25 heures, la France se situe dans la moyenne européenne et traduit un recours à la formation tourné, dans les faits, vers l’adaptation au poste.

En France, les pouvoirs publics mettent en avant sur la période le développement de la formation professionnelle continue au service de la performance des entreprises et de la sécurisation des parcours, notamment des salariés des petites entreprises et des salariés les moins qualifiés.

Le recours à des formations en situation de travail

En 2005, 33 % des entreprises européennes avaient eu recours à des formations en situation de travail, elles sont 44 % en 2015, alors que la part des entreprises françaises formant selon cette modalité est restée stable.

Les entreprises françaises sont assez fortement et régulièrement impliquées dans la formation des salariés au travers de l’organisation de cours et stages, et peu le recours aux autres types de formation (conférences, séminaires, rotation des postes, formation en situation de travail) ; l’accueil d’apprentis y est plus faible.

Un recours important à l’apprentissage, et aux formation en situation de travail plus marqué dans d’autres pays que la France : l’exemple de l’Allemagne.

En Allemagne, en 2015, 64 % des entreprises accueillent des apprentis (55 % en 2005) et 64 % organisent des formations en situation de travail (48 % en 2005).

Une étude du Cedefop insiste sur le fait que le Danemark, l’Allemagne et l’Autriche sont des pays où l’attention est portée depuis longtemps sur l’acquisition de connaissances pratiques, où les jeunes notamment « apprennent en faisant » ; dans ces pays, la forte coordination entre les employeurs et les partenaires sociaux contribuent à garantir un flux de main d’œuvre qualifiée pour stimuler l’innovation et la croissance. est à souligner; les entreprises y jouent un rôle central tant dans la pédagogie que dans le financement de la formation professionnelle initiale.

Formation et petites entreprises

Un lien fort entre croissance économique et recours à la formatibon, et donc une baisse en période de conjoncture difficile, un constat particulièrement vrai pour les petites entreprises.

En 2015, seules 45 % des entreprises françaises de 10 à 20 salariés forment tous les ans, formant avant tout lorsqu’elles estiment en avoir besoin. Autrement dit, les petites entreprises ont une vision plus instrumentale de la formation que les grandes. Elles forment avant tout lorsqu’elles estiment en avoir besoin.

L’effort de formation des entreprises évolue en fonction de la conjoncture. En France, l’étude des données sur longue période issues des déclarations fiscales 2 483 a montré que les entreprises forment moins quand la conjoncture se dégrade. Ce constat est particulièrement vrai pour les petites entreprises.

Dans les différents pays, la croissance de la mobilisation des entreprises pour la formation de leurs salariés est largement le fait des petites et moyennes entreprises. Dans le sillage des plus grandes, ce sont celles qui portent les changements les plus significatifs dans l’intensité et les pratiques de formation.

Pour en savoir davantage : https://www.cereq.fr/

Source : "Regards comparatifs sur la formation en Europe : un plafond de verre du côté des entreprises françaises", Cereq, Bref N°392, lu juin 2020
Méthodologie : l’élaboration des politiques et le contrôle des progrès réalisés par les différents pays s’appuient sur des indicateurs comparables à partir de l’enquête sur les pratiques de formation des entreprises CVTS (Continuing Vocational Training Survey). Les trois dernières éditions de cette enquête (2005, 2010 et 2015) permettent d’analyser la façon dont les entreprises ont fait évoluer leurs efforts dans ce domaine.
Ces enquêtes collectent des informations sur les investissements des entreprises dans la formation professionnelle continue de leur personnel et les actions de formation tout ou partie financées par les entreprises.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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