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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
01/09/2020
André Letowski 
Indicateurs 

Activité 2020 et perspectives 2021 pour les PME

Les perspectives s’améliorent même si les investissements et embauches sont toujours en retrait au regard des perspectives formulées début 2020.

Les perspectives d’activité pour 2020, une chute de 15 % aprés une hausse de 3 % en 2019.


9 % envisagent une hausse, 23 % une stabilisation alors que 68% prévoient une baisse ; parmi ceux qui envisagent une diminution de leur chiffre d’affaires, 16 % l’envisagent pour moins de 15 %, 40 % entre 15 et 30 %, 12 % plus de 30 %.

Cette contraction est plus forte dans le tourisme (39 % de baisse en moyenne) et en régions Parisienne et Paca. La reprise est aussi le fait de la plupart des régions; elle est jugée plus difficile en Hauts-France, Grand Est et Normandie.

Les difficultés proviennent de la fermeture réglementaire (47 %, mais 90 % dans le tourisme), dans la difficulté à produire comme avant (29 %, mais 46 % dans l’industrie), à la difficulté approvisionnement (22 %), au manque de débouché (20 %), notamment dans la construction pour ces 2 derniers items, et 10 % au manque de main d’œuvre.

Les perspectives d’embauche sont à la baisse : 79 % ont eu recours à l’emploi partiel. Parmi les PME qui avaient manifesté l’intention d’embaucher avant l’épidémie, 43 % maintiennent cette intention, 35 % la reportent et 22 % l’annulent. 66 % rencontrent des difficultés de recrutement.

La trésorerie des PME s’est fortement détériorée, davantage chez les exportatrices (38 % vs 22 % il y a un an et 34 % chez les non exportatrices).

90 % ont mobilisé au moins un dispositif public pour faire face ; 74 % ont eu recours à 2 dispositifs (71 % les 1-9 salariés et 85 % les 100-250 salariés), 49 % à au moins 3.

Par ordre décroissant d’importance, ce sont :
  • le recours à l’activité partielle (79 %), très mobilisés par toutes les tranches de taille,
  • le report d’échéances fiscales et sociales (53 % +5 % envisagé), davantage mobilisé par les plus grandes tailles,
  • le PGE (51 % + 12 % envisagé), très mobilisés par toutes tranches de taille ; cet apport est envisagé comme une réserve de liquidités pour les dépenses courantes actuelles et a venir ; 33 % disent y avoir eu recours mais ne l’ont pas encore utilisé, du fait d’une trésorerie jugée suffisante et 26 % n’ont dépensé qu’une minorité du crédit disponible.
  • l’imposition de congés payés (41 %),
  • le rééchelonnement de prêt bancaire (34 %),
  • et fort peu le fonds de solidarité (12 % du fait de conditions restrictives; pour ces bénéficiaires, 88 % ont mobilisé au moins 3 dispositifs).
Toutefois 49 % des PME disent avoir une trésorerie suffisante et 39 % en capacité de surmonter ces difficultés financières, vs 3 % jugées insurmontables et 8 % sans visibilité.

Les perspectives d’investissement

41 % envisageaient d’investir en 2020 ; 41 % pensent le faire, 41 % le reporter et 19 % l’annuler.

La chute de l’activité (61 %), la faiblesse de la rentabilité (47 %), le manque de fonds propres (33 % vs 42 en 2014) et le niveau élevé des incertitudes pèsent sur l’investissement.

Le niveau des fonds propres est une contrainte forte pour 17 % et modérée pour 39 %. 22 % des PME se disent prêtes à ouvrir leur capital (44 % pour ceux qui disent contrainte forte et 14 % en cas de contrainte modérée) ; 75 % l’envisagent alors sous la forme de l’arrivée d’un nouvel associé et 37 % sou celle d’un fonds d’investissement.

Perspectives 2021

46 % anticipent un retour rapide à un niveau d’activité normal mais 39 % sans rattraper pertes accumulées vs 7 % qui envisagent ce rattrapage ; alors que 53 % estiment que ce sera difficile ; 2 % envisagent la liquidation de leur affaire.

Ceci étant, le jugement sur les carnets de commande reste dégradé, notamment les exportatrices, mais sont plus favorables qu’au regard des mois récents, qu’il s’agisse :
  • de la reprise d’activité (retour à la normale 46 % dans l’enquête PME du 2-16 juin vs 35 dans le baromètre du 20-27 avril),
  • de la trésorerie (trésorerie suffisante 49 % vs 39 : difficultés de trésorerie surmontables 39 % vs 45),
  • de l’emploi (maintien des perspectives d’embauche, 43 % vs 31 ; report, 35 % vs 39 ; annulation, 22 % vs 30),
  • et des perspectives d’investissement (maintien, 41 % vs 27 ; report, 41 % vs 45 ; annulation, 19 % vs 28).
Pour en savoir davantage : https://www.bpifrance.fr/

Source : "LES PME SOUFFRENT MAIS SEMBLENT ARMÉES POUR SURMONTER LA CRISE", Bpifrance, 71 éme enquête de conjoncture, juillet 2020.
Méthodologie : 37 922 entreprises des secteurs marchands non agricoles, de 1 à moins de 250 salariés et réalisant moins de 50M€ de chiffre d’affaires, ont été interrogées de mi-novembre à début décembre. 5 556 réponses reçues avant le 16 juin, jugées complètes et fiables, ont été exploitées au niveau national et ont fait l’objet de déclinaisons pour l’ensemble des régions excepté la Corse et les Outre-Mer dont le nombre de réponses est insuffisant. 2 875 ont fait l’objet d’une analyse à propos de l’impact du covid.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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