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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
04/09/2020
André Letowski 
Emploi 

Fin juillet, 69 % des salariés sont au travail dont 11 % en télétravail, 15 % au chômage partiel

L’emploi est globalement stable (81 % des effectifs sont constants) ; mais 13 % des entreprises ont licencié (fin de CDD et ruptures conventionnelles).

En juillet, l’activité poursuit sa reprise

9 % des salariés sont dans un établissement dont l’activité est arrêtée ou a diminué de plus de moitié après 13 % en juin, 27 % en mai et 45 % en avril ; seuls 1 % des salariés travaillent encore dans un établissement dont l’activité est totalement arrêtée et 7,5 % avec une diminution d’au moins 50 %. 27 % ont une diminution de moins de 50 % ; 53 % ont une situation inchangée (vs 37 % en juin) et 11 % ont connu une augmentation, comme en juin.

Cette amélioration est particulièrement visible dans l’hébergement et la restauration (35 % à l’arrêt ou en baisse d’activité de plus de moitié en juillet après 57 % en juin) et dans les arts, spectacles et activités récréatives (38 % à l’arrêt ou en baisse d’activité de plus de 50 % en juillet après 58 % en juin).

Alors que la baisse d’activité était plus marquée dans les établissements de 10 à 19 salariés les mois précédents, elle est maintenant similaire à celle observée dans les établissements de plus grande taille.


Pour 33 % des 10-19 salariés le chiffre d’affaires se situe entre nul et plus de 50 % (une situation très proche des autres tailles hors les 500 salariés et plus qui totalisent 41 %) ; 55 % ont connu une situation inchangée, là encore très proche des autres tailles (hors les 500 salariés et plus avec 48 %). 11 à 12 % ont connu une augmentation quelle que soit la taille.


Les causes de la réduction des activités pour les établissements concernés et pour l’ensemble, les difficultés rencontrées

Les causes de réduction du chiffre d’affaires sont avant tout la perte de débouchés (77 % après 64 % en juin), une situation qui progresse dans tous les secteurs. Seconde difficulté d’importance, la gestion des questions sanitaires (37 % après 34 % en juin). Les autres causes telles le manque de personnel pouvant travailler (5 % après 10 % en juin), les difficultés d’approvisionnement (6 %, comme en juin) sont beaucoup plus modestes.

Les difficultés évoquées par l’ensemble des établissements sont la gestion des questions sanitaires (37 %), le manque de débouchés (29 %), le financement (26 %), le manque de personnel (15 %), l’approvisionnement (13 %).


Les effectifs : stabilité, baisse et hausse

Les réductions d’effectifs restent contenues (13 % des entreprises) ; cependant, le recours au non-renouvellement de CDD (43 % vs 51 fin juin) reste important et les ruptures conventionnelles sont en nette augmentation (17 % vs 10).

22 % des établissements, dont les effectifs ont diminué, pensent que la situation va encore se dégrader, alors que 39 % ne se prononcent pas sur un retour à la normale. Ces situations concernent en fait 8 % de la totalité des établissements.

Noter en ce qui concerne le chômage : en juillet 2020, en France hors Mayotte, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi n’ayant exercé aucune activité (catégorie A) baisse de nouveau fortement (-174 300, après ‑204 700 en juin et ‑149 900 en mai) mais demeure à un niveau élevé (4 046 600). Le nombre de demandeurs d’emploi ayant exercé une activité réduite au cours du mois (catégories B et C) continue d’augmenter (+129 400). Au total, l’effectif des catégories A, B et C diminue (‑44 900), pour la première fois depuis mars 2020.
  • 81 % ont connu des effectifs constants (entre 79 et 83 % selon les tailles) et en légére baisse au regard de mars (83 à 88 %).
     
  • 6 % des établissements ont augmenté leur effectif (après 8 % en juin et 4 % en mai), en particulier dans ceux de grande taille (5 à 6 % dans les 10-49 salariés et 7 à 8 % dans les grandes tailles hors les plus de 500 salariés avec 5 %) et dans le secteur du commerce. Les établissements qui n’ont pas encore vu leurs effectifs diminuer du fait de la crise n’anticipent pas pour la grande majorité d’entre elles une baisse au cours des trois prochains mois.


Le recours au chômage partiel

2,4 millions de salariés auraient effectivement été en activité partielle au mois de juillet 2020, (soit un peu moins de 15% des salariés du privé). Les 3 secteurs ayant le plus grand nombre de salariés en activité partielle au mois de juillet seraient les services aux entreprises (500 000 salariés), les HCR (420 000 salariés), ainsi que les transports et l’entreposage (270 000 salariés). Les établissements de 10-19 salariés concentreraient 24 % des salariés en activité partielle vs 44 % pour ceux de 250 salariés ou plus.

La baisse du nombre de salariés en chômage partiel est particulièrement forte en juillet dans la construction, le commerce, le transport-entreposage, l’hébergement-restauration, les activités spécialisées, scientifiques et techniques.

Le nombre de salariés en chômage partiel pour raison de vulnérabilité (ou pour garde d’enfants) est estimé à 120 000 (sur 2,4 millions), après 720 000 en juin (sur 4,5 millions)

Le recours à l’activité partielle pour un motif de réduction des débouchés/commandes se renforce dans les HCR (55 % en juillet, après 38 % en juin).

38 % des salariés sont dans un établissement qui a mis au moins une partie de ses salariés au chômage partiel
, après 58 % fin juin et 73 % fin mai. Comme en juin,et à l’inverse du début de la crise, ce sont les petits établissements qui recourent le moins au chômage partiel : 20 % pour les établissements de 10 à 19 salariés, et 47 % pour les établissements de plus de 500 salariés.

S’il est particulièrement important dans les secteurs de la fabrication de matériels de transport (89 % des salariés du secteur) et les HCR (66 %), Il diminue très fortement dans tous les autres secteurs (entre 18 et 31 points de baisse).


La situation des salariés : au travail sur le site, au télétravail….

Le retour des salariés sur site se confirme : 4 % des salariés sont au chômage partiel complet, 11 % en télétravail (après 17 % fin juin), et 58 % travaillent sur site ou sur chantiers (stable par rapport à fin juin). Les salariés en congés sont 21 % (après 7 % fin juin), ceux en arrêt maladie (stable à 6 %).

Le télétravail reste important dans les grands établissements (16 % après 22 % fin juin) alors qu’il reflue dans les petites (6 %, après 9 % fin juin). Le télétravail reste particulièrement fréquent dans les secteurs de l’informatique et de la communication, même s’il est en nette diminution (36 % des salariés après 52 % en juin), et dans les activités financières et d’assurance (23 % après 36 %). Il l’est nettement moins dans l’hébergement-restauration (3 %, stable), la construction (3 % après 5 % en juin) et l’industrie agro-alimentaire (4 % après 9 % en juin).

Une enquête de You Gov pour la société Cardiosens, début août auprès de 4 000 personnes en France et au Royaume-Uni, citée par les Échos du 26 août révèle que les Français au télétravail sont passés de 27 % pendant le confinement à 15 % 3 mois plus tard contre pour les Anglais 35 à 29 %. A Paris, ils sont passés de 45 % à 22, en Ile-de-France de 39 % à 14.

La part des salariés en arrêt maladie croît également avec la taille de l’établissement et représente 4 % des situations dans les plus petits établissements (stable), contre 7 % dans les plus grands d’entre eux (stable également).


Impact du covid sur la productivité

43 % des salariés travaillent dans un établissement qui considère que les mesures de prévention ont réduit la productivité ou augmenté les coûts (45 % en juin). 14 % de ces salariés sont dans un établissement qui juge que cet impact est d’au moins 10 %. Les secteurs les plus impactés (impact d’au moins 10 %) sont ceux de la fabrication de matériels de transport (33 %, après 27 % en juin)et des HCR (24 % après 26 %) ; la construction est affectée moins fortement ce mois-ci (18 % en juillet contre 29 % en juin).

29 % des salariés travaillent dans un établissement qui considère que les mesures de prévention ont réduit la productivité horaire de travail, mais de moins de 10 %.


Le retour à la normale

Les établissements indiquant que l’activité est déjà revenue à la normale ou que ce sera le cas d’ici moins de 3 mois représentent 43% de l’emploi salarié (dont 24 % dés maintenant, vs 18 en juin), celles qui anticipent que l’activité mettra plus de temps pour revenir à la normale représentent 27 % ; pour les autres, c’est une grande incertitude.

Les secteurs où l’activité est le plus fréquemment revenue à la normale fin juillet relèvent de l’agroalimentaire (43 % de l’emploi, après 32 % fin juin), de l’activité immobilière (33 % de l’emploi, après 26 % fin juin) et du commerce (32 % de l’emploi, après 26 % fin juin).
  • 19 % (après 26 % fin juin) des salariés travaillent dans un établissement dont l’activité reviendrait à la normale dans moins de 3 mois, dont 7 % d’ici un mois. C’est particulièrement le cas de l’enseignement, santé humaine et action sociale (28 % de l’emploi, après 41 % fin juin) et des autres activités de service (25 % de l’emploi, après 33 % fin juin).
     
  • 11 % des salariés (après 14 % fin juin) travaillent dans un établissment dont l’activité mettra plus de 3 mois pour revenir à la normale. Les secteurs concernés sont ceux de l’information communication (30 %, après 27 %) et des biens d’équipement (21 % après 23 %).
     
  • 30 % des salariés (après 21 % fin juin) travaillent dans un établissement qui ne sait pas quand son activité reprendra normalement. C’est dans le secteur de la fabrication de matériels de transport que cette incertitude est la plus fréquente (en très nette augmentation, 46 %, après 17 % fin juin). Les secteurs des transports et de l’entreposage ainsi que de l’hébergement et de la restauration sont également dans le flou (respectivement 41 % et 39 %, après 20 % et 31 % fin juin).

Pour en savoir davantage : https://dares.travail-emploi.gouv.fr/

Source :"Activité et conditions d’emploi de la main-d’œuvre pendant la crise sanitaire Covid-19 Synthèse des résultats de l’enquête flash " Dares, août 2020"
Méthodologie : la cinquième édition de l’enquête Acemo spéciale Covid, réalisée par la Dares avec l’appui de l’Insee, a interrogé les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole entre le 30 juillet et le 18 août 2020, sur leur situation et les conditions d’emploi de la main-d’œuvre en juillet.
38 000 établissements ont été interrogés; les stagiaires et les intérimaires sont exclus du champ des salariés observés. L’enquête couvre 15 millions de salariés.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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