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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
02/11/2020
Gérard  Ostermann 
Forme 
Santé 
Fondation 

La régulation optimale de ses émotions

Consultez le 2ème chapitre de l'entretien de Gérard Ostermann, médecin et psychothérapeute, présent dans le guide de la Fondation MMA "L'entrepreneur en forme".
L’émotion, c’est la mise en mouvement. Accueillir ou apprivoiser l’émotion, c’est développer son intelligence émotionnelle au profit de son intelligence relationnelle.

Comprendre et agir sur le stress

C’est en 1925 que le concept de stress apparait pour la 1re fois : il est amené par Hans Selye, endocrinologue et chercheur. Ses premiers travaux de recherche ont permis de décrypter les réactions du vivant (animal, homme) face à des agressions environnementales, avec par exemple le déclenchement de la sécrétion de cortisol. Selon sa vision à cette époque, le stress était une réponse « réflexe » visant à maintenir un état d’équilibre de l’organisme. Par exemple, le cortisol sécrété active dans le foie les enzymes de la néoglucogenèse, permettant de produire du glucose qui sera libéré dans le sang, afin d’augmenter la glycémie.

Lorsque le stress ne dépasse pas les capacités de réponse normale, l’organisme gère et il n’y a pas de conséquence.
À l’inverse si les ressources de l’organisme ne suffisent pas à combattre le stress, le système d’adaptation du corps s’épuise. Il en résulte des effets délétères. En 1956, dans son ouvrage « The stress of life » (Le stress de la vie), H. Selye décrivait les 3 phases de la réaction de stress ou le syndrome « d’adaptation » : la « phase d’alarme », la « phase de réaction », la « phase d’épuisement ». Il s’agissait là de la 1re description d’un système de vigilance qui permet de gérer les évènements stressants, inhabituels de façon à maintenir les conditions vitales nécessaires à l’équilibre physiologique. Lorsque le niveau de stress est trop intense, les capacités de réponse sont dépassées et c’est l’épuisement.

L’inégalité des genres. Bien que les femmes dirigeantes apportent une contribution positive aux organisations, elles restent nettement sous-représentées aux postes de direction. En 2016, deux auteurs américains ont montré que les femmes sont plus susceptibles que les hommes d’être promues à des postes de direction à haut risque : c’est la fameuse « falaise de verre ». A l’aune de la théorie de l’évolution, certains chercheurs pensent que la biologie et la culture ont façonné la perception des femmes comme étant des personnalités plus empathiques que les hommes et, par conséquent, comme étant capables d’atténuer certaines crises.

Les femmes sont donc plus souvent appelées en renfort lorsque la crise dépend de facteurs internes (mouvements sociaux, dysfonctionnement de l’organisation) alors que les hommes sont choisis comme dirigeants lorsque la menace est extérieure. Ces situations exposent les femmes à des niveaux de stress élevés. Combinés à une empathie et une réactivité émotionnelle en général plus importante, les femmes dirigeantes sont donc plus souvent enclines à des troubles anxieux et de l’humeur.

Le modèle du syndrome général d'adaptation (SGA) de Hans Selye
syndrome adaptation

Quelques conseils pratiques pour une meilleure gestion du stress et des émotions :

1 - Développer une hygiène de vie saine :
la capacité du corps à s’adapter à des stimuli inhabituels est sous conditions de « ressources », à savoir le stock de nutriments qui va permettre de déclencher les réponses appropriées.

2 - Communiquer :
s’ouvrir aux autres pour échanger, relativiser, livrer ses émotions et continuer à avancer. Chercher du soutien auprès de personnes constructives et s’éloigner des profils toxiques.

3 - Gérer son temps :

ne plus subir un rythme imposé mais choisir de faire vos tâches et missions au moment qui vous conviendra. Ex : se déconnecter du téléphone et des mails pendant 2h pour terminer sereinement la rédaction d’un rapport.

4 - Développer ses capacités personnelles : 
mieux se connaître pour mieux se comprendre. Cette introspection renforce le mental et permet de mettre en place des stratégies d’évitement.

5 - Apprendre à se relaxer :
sport, yoga, sophrologie, méditation, lecture, cinéma. Les émotions comme la colère et la tristesse remuent le corps. Pratiquer des exercices de relaxation ou une activité physique permet de réguler les réponses physiologiques.

La roue des émotions de Plutchik
Exemple de lecture : une simple contrariété
peut se muer en colère, voire en rage.
roue des emotions

Se connaître pour une meilleure disponibilité mentale

En tant que dirigeant / manager, la connaissance de ses propres émotions, la capacité à les gérer et à capter celles des autres est un atout considérable.
Dans les années 80, Robert Plutchik, psychologue américain, a défini un modèle des émotions humaines, de leurs relations et combinaisons : c’est la roue de Plutchik. Selon ce modèle, les humains ressentent huit émotions fondamentales différentes, lesquelles sont divisées en 4 paires opposées : la joie et la tristesse, l’anticipation et la surprise, la peur et la colère, et le dégoût et l’attirance.
Il existe de multiples nuances à partir de ces émotions principales. Par exemple, la joie se trouve entre la sérénité, représentée par une couleur plus légère au niveau extérieur de la roue, et l’extase, plus foncée au centre du diagramme.

Lorsque nous ressentons des émotions, il est parfois difficile de les identifier. Or, les connaitre est la clé pour les gérer et avancer. En considérant les éléments de base ou en cherchant l’émotion qui caractérise le mieux votre état, vous pouvez trouver le fil d’Ariane pour commencer à démêler la situation.

Dans une introspection visant à influencer notre analyse sont appelés des biais cognitifs. Ils sont à l’origine de raccourcis inconscients de raisonnement et in fine de prises de décisions faussées. Quelqu’un à qui on a dit toute son enfance « Tu n’es vraiment bon à rien » baissera plus rapidement les bras face à un échec. Et pourtant, cette injonction n’a aucune valeur pragmatique. Reconnaître ses émotions est essentiel, en identifier les raisons vraies est crucial. Or, pour en faire une analyse objective, il faut savoir prendre de la distance avec ses propres biais cognitifs.

Avoir un coach sportif est signe d’une grande attention à son corps ; la plupart des personnes financièrement
à l’aise et soucieuses de leur capital Forme en ont un. Avoir un coach mental est à peine dicible. Un coach qui vous éclaire sur les faits, vous incite à prendre du recul, à réfléchir autrement et à sortir la tête du guidon.
Ces professionnels de l’accompagnement mental gravitent dans l’ombre des dirigeants ou grands managers. Pourquoi ne pas les exposer au même titre que les coachs sportifs ?

Scientifiquement prouvé : 10 minutes de méditation pour un cerveau plus efficace 

Une étude contrôlée randomisée a été menée afin d’étudier les effets de la méditation de pleine conscience sur les fonctions cognitives importantes pour la vie quotidienne (la mémoire de travail). Les participants à cette étude ont été répartis aléatoirement en 2 groupes : l’un des groupes a pratiqué la méditation de pleine conscience pendant 8 semaines, pendant que les personnes du second groupe pratiquait des exercices de relaxation musculaire. Des exercices intellectuels « standardisés » ont été demandés aux participants et des mesures de l’activité cérébrale ont été réalisées.

Chez les volontaires du groupe ayant pratiqué la méditation, la concentration et la mémoire de travail se sont améliorées de 9 % comparé à leurs performances au démarrage de l’étude. Les performances des participants au groupe contrôle ne se sont, elles, pas du tout améliorées. Pratiquer la méditation de pleine conscience pendant dix minutes/jour améliore donc la concentration et la capacité à garder une information « active » dans le cerveau.


Retrouvez tous les autres conseils d'experts dans notre guide "L'entrepreneur en forme".

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guide-expert
 
Gérard Ostermann est professeur de thérapeutique, médecin interniste et psychothérapeute-analyste. Il est diplômé de thérapie cognitivo-comportementale, praticien EMDR et membre de l'A.P.N.E.T (Association pédagogique nationale pour l'enseignement de la thérapeutique). Il est également chargé d'enseignement à Bordeaux 2. Il est le fondateur et président du Collège Régional de la société Française d'Alcoologie et Président de l'institut des conduites alimentaires de Bordeaux. 
 

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