En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies à des fins statistiques et de personnalisations. En savoir plus.
Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
10/02/2021
André Letowski 
Indicateurs 

88 entreprises à mission fin 2020.

La mise en place des entreprises à mission : quel profil, d’où vient l’initiative, qui participe au comité de mission ?

⇒ Qu’est-ce qu’une société à mission ?

La qualité de société à mission peut être obtenue par une entreprise qui, en parallèle de la recherche du profit, souhaite œuvrer pour le bien commun en mettant au cœur de son modèle la résolution des défis sociaux et environnementaux.

“Devenir société à mission est un parcours exigeant. Il doit être porté par les dirigeants et impliquer les collaborateurs. Il est également recommandé d’associer un certain nombre de parties prenantes : fournisseurs, clients, partenaires, pouvoirs publics, associations. La mission permettra de mettre en mouvement toute l’entreprise, de sa stratégie à son pilotage opérationnel. En somme, elle servira de boussole dans toutes les prises de décision.”

Si la qualité de société à mission existe depuis le 22 mai 2019, le mouvement a réellement débuté en 2020. Les sociétés à mission sont au nombre de 88 aujourd’hui (8 en 2019), en forte évolution entre le 3éme et 4éme trimestre 2020 (+60%).

⇒ Leur profil

  • Les 2/3 ont moins de 50 salariés : 33% des TPE, 57% des PME, 7% des ETI et 3% des grandes entreprises.
  • 79% relèvent des activités de services : le conseil (31%) et la finance et les assurances (18%). Le poids des entreprises relevant de l’ESS, dont au premier plan les mutuelles et les coopératives, est deux fois plus important que dans la moyenne nationale.
  • 62% sont localisées en Ile-de-France.
  • Plus de la moitié des sociétés à mission ont été créées depuis moins de 10 ans (une sur cinq est « née à mission »); elles ont toutes moins de 50 salariés, sont toutes des SAS/SASU ; la moitié d’entre elles sont implantées en Île-de-France.

⇒ Le pourquoi de ce choix

  • La plupart des sociétés à mission expliquent leur démarche par plusieurs enjeux majeurs :
- Le plus fréquent (36%), “Adresser des enjeux de transition (sociale, écologique, économique)”,

- Suivent : “Préserver des écosystèmes naturels ou des biens communs”, “consolider les relations avec l’écosystème” (chaîne de valeur, partenaires, clients, ONG…), “améliorer l’engagement des collaborateurs et la marque employeur” et “pérenniser des engagements” (face à des changements potentiels d’actionnaires / direction). “Protéger une ambition d’innovation” et “Créer un nouveau type de compétition” font pour l’instant peu partie des objectifs relevés par les répondants.
  • Les raisons d’être intègrent un prisme social dans la quasi-totalité des cas (plus des 3/4) 
- « humaniser l’accompagnement des personnes ».
- « favoriser une économie soucieuse du bien commun ».
- « agir pour un monde du travail respectueux du développement humain ».
  • Les enjeux environnementaux sont aussi très fortement présents (⅔ des sociétés) et souvent combinés aux enjeux sociaux (pour la moitié) :
- « Proposer des produits et services pour la maison au bénéfice de l’Homme et de la planète » -“« La contribution à l’émergence d’une économie durable et respectueuse de l’environnement”.

- « inspirer et inciter un comportement durable

“ Nous appliquons et encourageons les meilleures pratiques environnementales, dans une démarche éthique et collaborative.”
  • Les objectifs statutaires sont, quant à eux, quasi systématiquement à la fois sociaux et environnementaux (¾ des sociétés) :
- « Promouvoir une croissance inclusive, en agissant pour l’égalité des chances au sein de l’entreprise » et « Préserver la planète et renouveler ses ressources, en soutenant l’agriculture régénératrice ».
- « Nous améliorons les conditions de vie des femmes et des hommes, nous développons les territoires et nous préservons l’environnement ».

Cela reflète l’idée que la mission doit dépasser le cadre strict de l’activité de l’entreprise.

⇒ Qui est à l’origine de ce choix ?

  • Majoritairement la “direction” : le dirigeant (93%), l’équipe de direction générale (80%) et la consultation des actionnaires (60%),
  • Puis les salariés : consultation et co-construction avec quelques salariés (58%) ou avec une consultation large des salariés (53%), et le travail d’une équipe de salariés hors le board (55%),
  • Et enfin les partenaires de l’entreprise : consultation des parties prenantes externes (40%), et accompagnement d’un prestataire externe (30%).

⇒Qui participe au comité de mission (outre les salariés) ?

  • La direction générale (75%) et les actionnaires et les investisseurs (44%)
  • Des experts et chercheurs (54%), la société civile (38% dont des ONG…), des collectivités (9%),
  • Des partenaires de l’entreprise : clients (44%), fournisseurs (24%), distributeurs (10%), concurrents (9%).
4 entreprises sur 5 ont intégré au moins une partie prenante externe dans la gouvernance de la mission.

Source : "Premier portait des entreprises à mission", Communauté des Entreprises à Mission et Mines ParisTech, janvier 2021

Méthodologie : les sociétés ont été identifiées sur la base d’une veille quotidienne, de la remontée d’informations des membres de la Communauté des Entreprises à Mission et de Mines ParisTech. Un questionnaire auto-administré leur a été envoyé le 27 octobre et le 15 décembre 2020 et a permis de recueillir des données sur le profil des entreprises, ainsi que des informations qualitatives sur leurs démarches. Seules les sociétés ayant effectivement voté leur changement statutaire ont été prises en compte.


Pour en savoir davantage : Baromètre de l'Observatoire (entreprisesamission.com)
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




Sur le même thème