Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
20/05/2021
André Letowski 
Emploi 

En 2018, on compte 1,3 million d’associations dont 13% employeuses

L’enquête Insee s’est focalisée sur les associations employeuses, les différenciant par grand secteurs d’activité.
C’est un domaine à part entière de l’économie à cheval entre le privé et le public.
L’enquête Insee s’est surtout focalisée sur les associations employeuses (effectifs salariés et bénévolat, budgets), les différenciant par grand secteurs d’activité. C’est un domaine à part entière de l’économie à cheval entre le privé et le public.

⇒ Une approche globale des associations

  • 4 secteurs d’activité couvrent 72% des associations : les sports, les loisirs/divertissements/vie sociale, la défense des causes, droits et intérêts et les spectacles et activités créatives, mais ils ne regroupent que 58% des employeuses.
     
  • Les 170 000 associations employeuses ont un effectif de 2,2 millions de salariés (1,5 million en équivalent temps plein), 53% étant à temps partiel (ETP). Ce sont 12% des salariés du secteur privé ; à titre de comparaison les TPE chiffrent environ 2,8 millions de salariés.
     
  • Avec 21 millions de « participations » bénévoles, l’engagement représente 580 000 emplois en ETP : 230 000 pour les associations employeuses (40%) et 350 000 pour les associations non employeuses (60%), une même personne pouvant participer à l’activité de plusieurs associations.
     
  • Les ressources courantes des associations employeuses sont sans commune mesure avec celles des non employeuses, ce qui reflète surtout l’importance des frais de personnel. Pour les seules associations employeuses, 4 domaines d’activité concentrent 82Md€ sur 111Md€ (soit les 3/4) : il s’agit de l’hébergement social ou médico-social, l’action sociale, humanitaire ou caritative, l’enseignement, la formation/recherche, et la santé.
L’hébergement social et médico-social (26 Md€) et l’action sociale, humanitaire ou caritative (25Md€) totalisent un budget de 51Md€ (46% du budget de l’ensemble des associations employeuses), et 56% des heures de travail salarié (811 000 emplois en ETP).

Noter que 176 associations « collectrices », dont 157 associations employeuses, regroupent 22 000 salariés fin 2018, soit 20 000 ETP ; leurs ressources n’ont pas été évaluées par l’enquête.






⇒ Un tissu associatif très concentré

Les 500 associations aux ressources courantes les plus élevées, toutes employeuses, absorbent à elles seules un quart de l’ensemble des ressources et 5 000 avec 53% des budgets totaux ; à l’opposé, 1,255 million d’associations fonctionnent avec 31% de la ressource courante totale.

L’apport du bénévolat est moins concentré : les 500 plus grandes associations attirent 13% du temps total de bénévolat, les 5 000 premières 28% et les 1,255 million 60%.
  • Quelles évolutions depuis 2013 ?
- Le nombre d’associations actives est relativement stable entre 2013 et 2018, diminuant sensiblement dans les domaines des loisirs, de l’action sociale, humanitaire ou caritative, et de défense de causes, de droits et d’intérêts ; à l’inverse, les associations de l’enseignement (y compris les écoles de musique, de danse), de spectacles et de la culture sont plus nombreuses.

- L’emploi salarié au 31 décembre (toutes durées de travail confondues) croît de 15% et le volume de travail salarié (en heures rémunérées annuelles) de 12%, augmentant dans toutes les activités, y compris dans celles où le nombre d‘associations diminue. Les effectifs s’accroissent nettement dans les activités culturelles et de spectacles, mais aussi dans la défense de causes, de droits et d’intérêts, le sport et l’hébergement social ou médico-social.

- Le nombre de participations bénévoles diminue globalement de 7%. La baisse est concentrée dans les domaines où le bénévolat est traditionnellement élevé : les loisirs, la défense de causes, de droits et d’intérêts, l’action sociale, humanitaire ou caritative et le sport.

⇒ Une approche par grand secteur d’activité des employeuses

  • L’hébergement social et médico-social compte notamment une soixantaine d’unités de 1 000 salariés ou plus ; ce secteur recouvre les hébergements médicalisés pour personnes âgées et handicapées, l’hébergement social pour enfants en difficulté et les foyers de travailleurs pour un budget moyen par association atteignant 5,6M€.
     
  • L’action sociale, humanitaire ou caritative compte 21 000 associations employeuses et couvre notamment les grands réseaux d’aide comme la Croix-Rouge, le Secours catholique, le Secours populaire, les Restos du cœur, les banques alimentaires et Emmaüs. S’y trouvent aussi des associations proches des entreprises : l’aide à l’emploi, les établissements et services d’aide par le travail aux personnes handicapées (ESAT) et les missions locales. Le budget moyen est de 1,2M€. Les associations d’aide à domicile cumulent le plus d’emplois (plus de 200 000 postes fin 2018), très souvent à temps partiel.
     
  • Les associations employeuses de la santé sont peu nombreuses (5 700, soit 3% des employeuses) mais avec de grands établissements employant 129 000 salariés ETP pour un budget de 13 Md€. On y trouve les hôpitaux, les associations de santé au travail (médecine du travail interentreprises), de prévention, de soins infirmiers à domicile (SSIAD) et les centres d’hémodialyse et de recherche médicale ; une part importante est financée par l’assurance maladie. Le budget est en moyenne de 2,3 M€ par association. Le bénévolat y représente seulement 4% des heures d’activité.
     
  • Le domaine de l’enseignement, formation et recherche non médicale (18 Md€ de budget) regroupe notamment la plupart des établissements scolaires et universitaires privés, des associations de formation professionnelle initiale et continue, mais aussi des écoles culturelles (danse, musique). On y dénombre 21 000 associations employeuses avec un budget moyen de 0,8 M€ ; elles emploient 173 000 salariés ETP, hors enseignants des établissements sous contrat rémunérés par l’État.
     
  • Les 44 000 associations employeuses dans le sport représentent un quart des associations employeuses et 67 000 emplois ETP (70% sont à temps partiel). Une centaine emploient 100 salariés ou plus. Le bénévolat y est central (la moitié de l’ensemble des heures d’activité sont réalisées par des bénévoles, contre 13% pour l’ensemble des associations employeuses).
    Les ressources courantes (6,3Md€) se répartissent entre un tiers provenant de cotisations, un tiers de ressources d’activité d’origine privée et 19% de subventions publiques.
     
  • La gestion de services économiques ou de développement local regroupe 14 000 associations employeuses, les 2/3 ayant des entreprises comme adhérents. On y trouve des associations de gestion agréées (cabinets comptables sous statut associatif), des groupements d’employeurs ayant pour mission d’embaucher des salariés pour les mettre à disposition de leurs membres, des offices du tourisme et syndicats d’initiative, des agences d’urbanisme, des AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), etc. Elles emploient 93 000 emplois ETP. Le budget global est de 6,4 Md€ provenant essentiellement des recettes d’activité d’origine privée (55%) et de subventions (20%).

⇒ Les associations non employeuses

  • Six fois plus nombreuses que les employeuses, les associations non employeuses sont concentrées dans trois domaines d’activité qui regroupent les trois cinquièmes d’entre elles : le sport (24%), les loisirs, divertissements et vie sociale (21%) et la défense de causes, de droits et d’intérêts (16%), concentrant 70% des heures de bénévolat des associations non employeuses.
     
  • Les non employeuses fonctionnent ainsi grâce à 4 millions de bénévoles, qui consacrent en moyenne 48 heures par an à l’association.

Selon les secteurs d’activité

- L’activité bénévole dans le sport représente 117 000 ETP, contre 64 000 pour les associations employeuses.

- Les bénévoles interviennent aussi beaucoup dans les associations sans salarié de défense de causes, de droits et d’intérêts (3 millions de participations bénévoles, soit 65 000 ETP) ; on y trouve les associations de parents d’élèves, de consommateurs, de locataires ou propriétaires et d’anciens combattants. Les bénévoles y consacrent en moyenne sur un an 36 heures.

- Dans le domaine des loisirs (4 millions de participations bénévoles, ou 62 000 ETP), on y trouve les comités des fêtes, les clubs du 3éme âge ou de personnel d’entreprises, les associations d’activités récréatives et de loisirs, etc. Les bénévoles y consacrent en moyenne sur un an 27 heures.

⇒ Le fonctionnement des associations

  • 56% des présidents d’associations occupent un emploi, 37% sont des retraités.
     
  • Par ailleurs, 35% des présidents d’associations sont des femmes ainsi que 48% des trésoriers. Les femmes sont sous-représentées dans la gouvernance des associations sportives et de gestion de services économiques et développement local (moins d’un quart des présidents, alors qu’elles sont 60% parmi les secrétaires.
     
  • La moitié des présidents, hommes ou femmes, ont plus de 56 ans : 58 ans pour les associations employeuses et 56 ans pour les non employeuses ; toutefois un président sur dix a moins de 35 ans et un sur quatre moins de 45 ans. Ces derniers sont plus présents dans le domaine de l’action sociale, humanitaire ou caritative et dans le domaine des spectacles et activités artistiques. À l’opposé, un président sur dix a plus de 72 ans et un sur quatre plus de 66 ans ; ils sont plus présents dans l’hébergement social ou médico-social et dans les activités culturelles hors spectacles.

Pour en savoir davantage : 1,3 million d’associations : des hôpitaux et Ehpad aux associations de parents d’élèves et aux clubs de gym – Insee Première – 1857


"1,3 million d’associations : des hôpitaux et Ehpad aux associations de parents d’élèves et aux clubs de gym", Insee Première N° 1 857, mai 2021
Source : l’enquête Situation des associations en 2018 a été collectée par l’Insee fin 2019. Il s’agit de la deuxième enquête, après celle collectée en 2014.
34 200 associations ont été interrogées : pour moitié, des associations employeuses. Les associations devaient définir l’activité les représentant le mieux parmi 65 possibilités, regroupées en 10 domaines.
Certaines associations gèrent un budget très important, car leur finalité principale est de collecter des fonds pour les redistribuer. Il s’agit des groupes paritaires de protection sociale, caisses de congés payés, OPCA/OPCO, OPACIF/FONGECIF, l’Agefiph, Action Logement, ainsi que des sociétés de courses liées aux hippodromes.

Définition : les ressources courantes sont les moyens financiers dont disposent les associations pour mettre en œuvre leurs actions (produits d’exploitation du compte de résultat). Il s’agit essentiellement de recettes d’activités, d’origine privée ou publique, de subventions publiques, de cotisations, de dons et du mécénat.
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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