Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
28/03/2022
André Letowski 
Etudes 

Les femmes représentent 37% des chef d'entreprises classiques et 42% des autoentrepreneurs

Quelques données statistiques plutôt rares sur leur poids et leurs revenus dans 41 sous-groupes d’activités.

⇒ Le nombre d’entreprises individuelles dites classiques et autoentrepreneurs

♦ Le nombre de chefs d’entreprises classiques : 1 875 142 dont 695 520 femmes (37%)

La très grande majorité des entreprises dont le chef d’entreprise est une femme, sont localisées dans les activités santé (41%), les services aux entreprises (14%), le commerce (14%), les services aux personnes (12%), et les HCR (7%).

Les activités de santé sont de loin celles qui ont la proportion la plus élevée de femmes chefs d’entreprise (60%), devant les services aux personnes (54%) ; le commerce, les HCR, les services aux entreprises ont un taux proche de la moyenne (entre 27 et 37% vs en moyenne 37%).

Noter le peu de femmes comme d’hommes exerçant une autre activité (respectivement 7 et 7,2%), ce qui est moins vrai dans certaines activités de services aux entreprises et de transport, alors que dans d’autres activité, la pluriactivité est très rare (pharmacies, BTP, activités juridiques…)

♦ Les femmes autoentrepreneures sont au nombre de 561 490 (42% des 1 332 635 indépendants).

Elles sont avant tout dans les services aux personnes (45% des femmes chefs d’entreprise et un taux de femmes chefs d’entreprise dans l’activité de 63%) ; en revanche leur présence est moyenne dans les services aux entreprises, les HCR et le commerce (des taux compris entre 39 et 43%) ; ces groupes d’activité cumulent 42% des femmes autoentrepreneures. Par contre, elles sont très peu présentes dans les transports, le BTP (entre 2 et 5% de femmes parmi les autoentrepreneurs) et ne comptent que 2% au plus des femmes autoentrepreneures.

⇒ Les revenus issus de leur activité d’entreprise

Le nombre de chefs d’entreprise peut légèrement varier (présence tout au long de l’année vs présence en fin d’année pour leur chiffrement en nombre)

♦ Les revenus des entreprises individuelles classiques

La comparaison avec le revenu moyen est faussée du fait des rémunérations élevées de certaines activités (notamment la santé et les activités juridiques). Il aurait mieux valu comparer avec la valeur médiane, dont je ne dispose pas.

Sans surprise, ce sont les professions réglementées et intellectuelles (santé, activités juridiques) qui tirent les meilleurs revenus (entre 63 329€ pour la médecine générale et 91 048€ pour les spécialistes et labo d’analyses), vs des revenus moyens dans les services aux entreprises, les activités financières, les professions paramédicales) et des revenus plutôt faibles en comparaison avec les revenus élevés pour l’ensemble des autres activités.

Les écarts avec les rémunérations des chefs d’entreprise
(en moyenne -22,3%) sont particulièrement élevés dans les activités réglementées et intellectuelles (-35 à -47%), alors qu’ils sont plus proches de la moyenne pour les autres activités (entre -17 à -28%).

♦ Les revenus des autoentrepreneurs

Les meilleurs revenus sont à nouveau le fait de professions intellectuelles (services aux entreprises, activités immobilières et financières, santé), mais aussi le BTP et l’hébergement (les chambres d’hôte notamment), autour de 8 à 9 000€. Par contre la plupart des autres activités chiffrent entre 3 et 4 000€, hors les métiers d’art, les livraisons à domicile, le commerce sur les marchés (moins de 2 000€).

Si les écarts entre les rémunérations des femmes et des hommes sont en moyenne générale proches (-22%), ils sont moins importants que celui des entreprises classiques dans bien de activités ; nombre d’activités connaissent de faibles écarts telles la coiffure, la santé, certaines activités de services aux entreprises, les HCR, et certains commerces.

Pour en savoir davantage : "Informations statistiques sexuées issues des données collectées par les Urssaf Édition 2022", Urssaf, mars 2022

Les tableaux trop lourds pour être lisibles sur smartphone seront disponibles sur le blog au moment de la parution de la note d’analyse.

Méthodologie : les données sur les effectifs et les revenus sont issues d’une extraction des bases de données centralisées à l’Urssaf Caisse nationale au 31 mai 2021. Les effectifs sont ceux de fin 2020 ; pour les AE, ne sont présentés que les effectifs économiquement actifs (chiffre d’affaires > 0 €) également présents en fin d’année. Les revenus des indépendants classiques sont ceux de 2019 et présentés hors taxation d’office. Pour les AE, ce sont les revenus 2020 correspondant aux chiffres d’affaires strictement positifs déclarés desquels est déduit l’abattement forfaitaire pour prise en compte des frais professionnels.

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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