Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
31/03/2022
André Letowski 
Etudes 

Les freins au développement sont fort présents en 2022

Si globalement la trésorerie et les investissements sont des indicateurs favorables, les freins conduisent à augmenter les prix de vente et à baisser les marges.

⇒ Trésorerie et investissements

♦ La trésorerie des PME / TPE s’est dégradée au cours des 3 derniers mois, mais 76% la jugent « normale » ou « aisée » (en baisse de 4 points sur le trimestre mais bien supérieure à la moyenne d’avant crise). Les hausses de coûts (matières premières, énergie) subies semblent affecter leur trésorerie.

69% ont fait appel à un organisme de crédit pour financer leur trésorerie (vs 73% sur la période T1 2017 – T4 2019).

♦ 59% des dirigeants comptent investir en 2022 (55 % il y a un an pour l’année 2021).

Le renouvellement et la modernisation des équipements demeurent la principale destination de l’investissement (76 et 71%). Viennent ensuite les motifs d’introduction de nouveaux produits ou services et l’extension de la capacité de production (40 et 38%). Le motif environnemental continue de gagner (34%, en hausse de 11 points par rapport à la période pré pandémie).

29% des dirigeants comptent augmenter leurs dépenses d’investissement. 23 % anticipent les réduire. L’investissement des entreprises resterait dynamique en 2022, porté par des conditions de financement toujours favorables, mais ralentirait très nettement après le fort rebond enregistré en 2021 : +2,4% prévu en 2022 par la Banque de France, après +11,7% en 2021.

♦ 78% des dirigeants ayant l’intention d’investir au cours de l’année 2022 ou l’ayant déjà fait auraient recours au crédit pour financer leurs investissements, une proportion en hausse de 3 points sur le trimestre mais toujours inférieure à sa moyenne d’avant crise (82%).

♦ Les conditions d’accès au crédit restent favorables, que ce soit à court ou moyen terme. Toutefois 14% déclarent rencontrer des difficultés de financement de leur exploitation courante. Noter que les dirigeants signalant des difficultés de financement de leurs investissements baissent à 15% (−2 points sur le trimestre) et retrouve les niveaux observés avant crise.

⇒ Les freins à la croissance

♦ Les difficultés de recrutement restent la première préoccupation des dirigeants (57%).

Par ailleurs, la moitié des dirigeants anticipent d’augmenter le salaire de leurs collaborateurs
en 2022.

♦ 73% font état de tensions accrues sur les approvisionnements. 63% déclarent que ces tensions limitent l’activité de leur entreprise, dont 18% fortement, des proportions en hausse depuis octobre dernier (58% dont 15% fortement alors). 59 % des dirigeants estiment qu’elles se sont intensifiées au cours des 3 derniers mois.

32% estiment leurs coûts trop élevés.

♦ Le manque de débouchés est cité par 13% des dirigeants, une proportion en baisse de 2 points sur le trimestre et de 13 points sur l’année. Les perspectives de demandes dégradées contraignent l’activité de 30% des dirigeants, une proportion là aussi en net recul sur un an (50% au T1 2021) et proche du niveau de fin 2019.

⇒ Les conséquences de ces freins

♦ La moitié des dirigeants envisagent d’augmenter le salaire de leurs collaborateurs en 2022 (46% chez les TPE contre 68% chez les PME). Parmi eux, la moitié anticipent une augmentation supérieure à 3%.

63% prévoient des augmentations de salaire plus importantes que celles octroyées en
moyenne avant crise
et 33% de même ampleur ; seuls 5% pensent accorder des évolutions de salaires inférieures à celles octroyées avant la crise.

75% le font avant tout dans le but de fidéliser leurs collaborateurs, 48% dans le souci de maintenir le pouvoir d’achat de leurs salariés, 32% pour rémunérer la performance.

Ceux qui ne comptent pas augmenter les salaires de leurs collaborateurs en 2022 l’expliquent pour 57% par des résultats insuffisants, et pour 48% par le souci de privilégier l’octroi de rémunérations annexes au salaire (primes, intéressement…).

♦ 58% prévoient d’augmenter leurs prix de vente en 2022 (dont 25% de plus de 5%) ; 38% les laisseraient inchangés alors que 4% prévoient de baisser leurs prix de vente. Les dirigeants rencontrant des difficultés d’approvisionnement sont plus nombreux à prévoir une hausse de leur prix de vente cette année (67%). 72% prévoient une évolution de leurs prix de vente supérieure à celle des salaires de leurs collaborateurs en 2022.

Les prix de vente des PME/TPE augmenteraient de 3,8% en moyenne en 2022.

Ceux qui ne prévoient pas de hausse de leurs prix de vente l’expliquent avant tout par l’intensité de la concurrence (54%), par la pression de leurs donneurs (41%), afin d’essayer de gagner des parts de marché (24%), alors que 19% ne peuvent pas augmenter leurs prix car ceux-ci sont négociés dans le cadre de contrats pluriannuels non révisables.

Plus spécifiquement, ceux qui anticipent une baisse de leurs prix de vente (4%) l’expliquent pour 60% par la forte pression de leurs donneurs d’ordre.

♦ 34% anticipent une dégradation de leur marge nette cette année (27% une légère baisse, 7% une franche baisse), sous-entendant qu’ils font par ailleurs face à une hausse de leurs coûts hors salaires supérieure à la hausse anticipée des prix.

18% anticipent à l’inverse une amélioration de leur marge nette en 2022 et 48% une stabilisation.

Pour en savoir davantage : 'Trésorerie, investissement et croissance des PME/TPE : baromètre trimestriel", Bpifrance, Rexecode, février 2022

Méthodologie : interrogation par voie numérique de 2 203 dirigeants de PME/TPE du 31 janvier au 9 février 2022. L’analyse en 1ére partie porte sur les 674 premières réponses jugées complètes et fiables reçues. L’analyse en 2éme partie porte sur 670 PME/TPE, dont les réponses ont été redressées par taille d’effectif et secteur d’activité.
Champ : PME/TPE des secteurs marchands non agricoles, de 1 à moins de 250 salariés et réalisant moins de 50 M€ de chiffre d’affaires.

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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