Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
 
23/10/2022
André Letowski 
Etudes 

7 profils de créateurs en 2018, dont 5 concernent davantage les microentrepreneurs

La comparaison des profils permet de différencier quelques caractéristiques essentielles entre notamment les “entreprenants”, les microentrepreneurs à l’activité principale et ceux en activité complémentaire.

⇒ Le profil général des créations et des créateurs

♦ Celui des créations
52 % sont le fait de microentrepreneurs (dont 22 % en activité de complément à une activité principale) et 48 % d’entreprises classiques (dont 38 % sous forme de société et 10 % en entreprise individuelle non microentrepreneur).

♦ Celui des créateurs

65 % des créateurs sont des hommes ; 56 % de l’ensemble des créateurs ont moins de 40 ans ; 44 % sont sans expérience dans l’activité de création ; par contre la moitié des expérimentés dans l’activité (les 56 % autres créateurs) pratiquent le métier depuis au moins 10 ans. Enfin, pour 74 % des créateurs, c’est devenu leur seule activité professionnelle rémunérée. 72 % sont sans expérience dans l’entrepreneuriat.

Par ailleurs, 42 % étaient salariés juste avant la création (dont 33 % du secteur privé, 5 % de la fonction publique et 4 % en CDD ou Intérim) ; 24 % viennent du chômage (dont 14 % de courte durée) ; 17 % étaient déjà chefs d’entreprise ; 8 % étaient étudiants, 6 % sans activité professionnelle et 3 % retraités.

⇒ 7 profils de créateurs

2 profils d’entreprenants : les anciens salariés et les entrepreneurs créateurs à nouveau

♦ Le profil le plus fréquent est celui des « anciens salariés créateurs d’une entreprise classique » (25 % des créateurs). Au sein de ce groupe, 71 % ont choisi la forme de l’entreprise classique (dont majoritairement la forme sociétaire 48 % et l’entreprise individuelle non microentrepreneur 23 %), et 29 % la microentreprise (surtout en activité principale 24 %).

75 % au sein de ce groupe étaient salariés (dont 65 % du privé, 8 % de la fonction publique et 2 % en CDD ou Intérim) ; ajoutons que 16 % étaient chômeurs (dont 6 de courte durée).

84 % créent pour la 1ère fois une entreprise. 52 % sont motivés en 1er lieu par le désir d’indépendance. 68 % ont créé dans le métier dont ils ont la pratique (33 % plus de 10 ans d’expérience et 29 % de 3 à 10 ans). 82 % ont entre 30 et 50 ans.

L’investissement de démarrage est plus élevé que dans l’ensemble des créations : 52 % ont investi au moins 4 000€ (vs 38 % l’ensemble des créateurs) et 28 % au moins 16 000€.

♦ 89 % sont des créateurs à nouveau (15 % de la cohorte) ; 30 % en avaient même créé plusieurs.
80 % créent en société, 7 en entreprise individuelle classique et 13 % en microentreprise (dont 9 à titre principal).

C’est le profil avec l’investissement le plus élevé : 37 % ont investi 16 000€ ou plus, contre 28 % les ex-salariés et19 % l’ensemble des créateurs.

En plus du désir d’indépendance (44 %), ces créateurs ont pour but de relever de nouveaux défis (39 %) ; 19 % espèrent aussi augmenter leurs revenus et 18 % ont saisi une opportunité.

5 profils concernent surtout les microentreprises

Le profil microentrepreneur en activité de complément (87 % de microentrepreneur dans ce groupe), les étudiants (72 %), les seniors (62 %) et 2 profils de chômeurs, les créateurs éloignés de l’emploi ou de longue durée (78 %), les chômeurs de courte durée (57 %).

♦ 81 % ont choisi la microentreprise comme activité de complément, vs 6 comme activité principale (16 % de la cohorte).

79 % sont en même temps salariés, dont 53 % à temps complet ; seuls 18 % n’ont pas d’autre activité en parallèle. La moitié ont été motivés à créer leur entreprise pour percevoir un complément de revenu.

77 % développent une activité différente de celle de leur métier principal.

41 % n’ont fait aucun investissement et 40 % moins de 4 000€.

On y compte 43 % de femmes (le groupe où les femmes sont les plus nombreuses) vs 35 % dans l’ensemble des créateurs.

♦ Le groupe “étudiants et jeunes diplômés” (72 % en micro dont 44 % en activité de complément) et 8 % de la cohorte. Un 5éme a fondé une entreprise individuelle hors micro, notamment dans le secteur médical. Ce sont presque exclusivement des entrepreneurs individuels.

38 % ont recours à des plates-formes numériques pour exercer leur activité (vs 13 % pour les autres créateurs).
Les entreprises qu’ils ont créées interviennent plus souvent dans les activités juridiques et de conseil de gestion (30 %, contre 18 dans l’ensemble), les transports (20 % contre) et la santé (13 % contre 7). 78 % ont investi au plus 1 000€.

Les motivations sont diverses : 22 % assurer leur propre emploi, 20 % répondre à une opportunité ponctuelle, 19 % développer une activité complémentaire ; 9 % signalent avoir créé une entreprise par nécessité légale pour exercer leur profession.

Seul profil qui se distingue par une implantation géographique marquée, les 2/3 ont créé dans une aire d’influence des villes de plus de 700 000 habitants, et en particulier dans celle de Paris (40 %), localisations qui sont aussi celles de leurs études.

Ce profil « étudiants et jeunes diplômés » est passé de 3 % des créateurs en 2010 à 8 % en 2018, du fait du statut de microentrepreneur.

♦ Les seniors expérimentés (39 % sous forme de microentreprise de complément, 23 % à titre principal et 38 % sous forme de société) ; 6 % de la cohorte.

93 % ont au moins 60 ans. 39 % étaient retraités juste avant de créer leur entreprise ; 27 % étaient déjà chefs d’entreprise ; seuls 21 % étaient salariés.

Si seulement 57 % sont expérimentés dans l’activité de création, 95 % d’entre eux ont plus de dix ans d’expérience dans l’activité qu’ils ont créée.

43 % n’ont pas investi et 15 % moins de 1 000€ ;
15 % seulement ont perçu une aide financière vs 45 % dans l’ensemble.).

2 profils qui caractérisent davantage les chômeurs

♦ Les créateurs éloignés de l’emploi (78 % en micro) et 13 % de la cohorte ; 54 % sont au chômage (78 % depuis plus d’un an) et 28 % sans activité professionnelle.

73 % ont choisi la microentreprise comme activité principale (seulement 3 % en activité de complément) et 22 % la création classique. 97 % n’ont aucune autre activité rémunérée. Leur objectif est de créer leur emploi (57 %).
Ce profil se distingue du profil des « anciens travailleurs précaires » (chômage de courte durée notamment) par plusieurs aspects : plus âgés, moins diplômés, au chômage depuis plus longtemps ou sans activité professionnelle.

Comme dans le profil des « anciens travailleurs précaires », les « créateurs éloignés de l’emploi » bénéficient plus souvent que les autres d’une aide financière : 62 % perçoivent encore des prestations sociales quelques mois après le démarrage de leur activité ; 65 % ont eu recours à un dispositif d’aide à la création d’entreprise. Ceci étant, la moitié n’ont investi au plus que 1 000€.

♦ Les chômeurs de courte durée, intitulés “anciens travailleurs précaires” dans l’étude, (57 % en micro dont à 49 % en activité principale, et 39 % en création de société), 13 % de la cohorte.

50 % sont au chômage depuis moins d’un an et 7 % depuis plus d’un an. 34 % sont salariés (dont 35 % d’entre eux en CDD ou Intérim).

Sans autre activité rémunérée (93 %), ils sont plus jeunes que l’ensemble des créateurs (les 3/4 ont moins de 40 ans).

Ils bénéficient plus souvent d’aides financières : 61 % percevaient des prestations sociales avant la création et en perçoivent encore au cours des premiers mois d’activité (contre 31 % pour l’ensemble des créateurs).

72 % ont bénéficié d’un dispositif d’aide à la création d’entreprise (contre 46 % pour l’ensemble des créateurs).

⇒ A l’épreuve de la crise sanitaire

Les créateurs de la génération 2018 ont dû faire face à la crise sanitaire de la Covid 19 environ 2 ans après avoir démarré leur activité. Alors que leur chiffre d’affaires trimestriel augmentait régulièrement depuis la création de leur entreprise jusqu’à atteindre 4 770€ en moyenne au 4éme trimestre 2019, il chute de 19 % au 1er semestre 2020.

Le chiffre d’affaires des microentrepreneurs exerçant en activité principale a été plus affecté
par la crise (-24 % entre le 2éme trimestre 2019 et le 2ème trimestre 2020, contre -17 % pour ceux exerçant en activité complémentaire).

Un an après, la reprise est plus faible (+ 26 % des trois premiers trimestres 2020 aux trois premiers trimestres 2021, contre + 40 % pour ceux exerçant en activité complémentaire).

Pour en savoir davantage : 
"Quatre entrepreneurs sur dix étaient salariés avant la création de leur entreprise", Insee Première N°1922, septembre 2022

Source : le système d’information sur les nouvelles entreprises (Sine) interrogeant l’ensemble des créations d’entreprise du premier semestre 2018 soit 80 000 entreprises (tout type de création).
Par ailleurs, la base non-salariée est issue de deux sources administratives gérées par l’Urssaf, et par la Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA). Elle fournit les chiffres d’affaires déclarés par les cotisants. Les millésimes de 2014 à 2021 ont été exploités pour l’étude des chiffres d’affaires des générations d’autoentrepreneurs 2014 et 2018.

Méthodologie : une analyse des correspondances multiples (ACM) a été réalisée sur 13 variables (comportant 53 modalités) décrivant le créateur et l’activité de l’entreprise créée durant les mois qui suivent la création (statut avant la création, âge, diplôme le plus élevé, situation familiale, expérience dans la branche, expérience en matière de création d’entreprise, type d’entreprise créée, type de clientèle, recours aux plateformes numériques, lieu d’implantation, aides financières perçues, conseils reçus, autre activité exercée). Cette méthode permet de résumer l’information en construisant des axes de caractérisation des créateurs d’entreprise en 2018 et met en évidence les variables qui y contribuent le plus.

 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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