Fondation d'entreprise
 
 
André Letowski
Santé 
09 fév 2023

64 % des bénéficiaires d’Initiative France sont plus heureux que quand ils étaient salariés

Motivés par le fait d’être leur propre patron et d’avoir de bonnes relations avec leurs clients, ils sont toutefois insatisfaits de leur rémunération de leurs premières années d’exercice.

Conjoncture

En 2022, 46 % déclarent une trésorerie stable, 31 % en baisse et 23 % en hausse. Celle-ci a été impactée pour 58 % par la hausse du coût des matières premières et pour 45 % par les hausses énergétiques.

Les perspectives 2023 : 39 % la stabilité, 26 % une situation légèrement moins bonne, 23 % en progression et 12 % fortement dégradée.

Pour 2023, 66 % envisagent d’assurer la croissance de leur entreprise (dont 9 % lancer de nouvelles offres de produits ou services et 4 % créer un ou plusieurs emplois), 21 % maintenir le niveau actuel d’activité et 10 % redresser l’entreprise (dont 1 % cesser).

État d’esprit et motivations

61 % affichent un état d’esprit positif ; l’enthousiasme est plus marqué chez les entrepreneurs qui se sont lancés il y a moins de trois ans (67 %), les acteurs de la construction (72 %) et les prestataires de services (67 %). 25 % un état d’esprit à la fois positif et négatif et 11 % un état d’esprit uniquement négatif.

Le moral des entrepreneurs est moins bon chez les entrepreneurs s’étant lancés il y a 3 ans ou plus (51 %) et les plus de 45 ans (58 %).

♦ En termes de motivation, 2 motivations dominent “être mon propre patron” (64 %), en 1ère ligne avec “avoir de bonnes relations avec ses clients” (62 %). Suivent Innover (33 %), se réinventer chaque jour (32 %), travailler avec les acteurs du territoire (27 %), créer des emplois (17 %), agir concrètement pour l’environnement (10 %). Et par ailleurs une meilleure articulation vie professionnelle/vie personnelle (32 %).

En ce qui concerne l’emploi, noter qu’un bénéficiaire accompagné par Initiative France a créé en moyenne 3,8 emplois (dont le sien). 

30 % envisagent d’embaucher en 2023 : 33 % des commerçants et 31 % des hôteliers-restaurateurs pensent créer des emplois l’année prochaine, alors qu’ils ne sont que 12 % des prestataires de service et 4 % des agriculteurs. 36 % des hommes pensent créer des emplois contre seulement 23 % des femmes.

Mais la rémunération ne suit guère en ce qui concerne leurs 1ères années d'exercice : 63 % en sont insatisfaits (dont 36 % peu satisfaits et 27 insatisfaits), contre 35 % de satisfaits.

♦ Ceci étant, 64 % disent être plus heureux qu’avant leur implication comme dirigeant de leur entreprise et seulement 6 % moins heureux. D’ailleurs les 2/3 conservent un bon équilibre vie professionnel et vie privée.
Les entrepreneurs les plus récents sont les plus heureux de leur expérience entrepreneuriale : 69 % contre 56 pour les plus de trois ans d’exercice. Les femmes ne sont que 4 % à s’estimer moins heureuses que dans leur situation professionnelle antérieure.

Des entrepreneurs bien connectés à leur écosystème

♦ 88 % des entrepreneurs soutenus par Initiative France ont des occasions de rencontre avec d’autres entrepreneurs. 27 % sont motivés au quotidien par le fait de « travailler avec les acteurs de leur territoire ».

♦ 2/3 des entrepreneurs considèrent l’impact écologique, social et sociétal de leur entreprise comme au moins aussi important que l’enjeu économique. 54 % l’ont considéré au moment de structurer leur projet. C’est le cas de 60% des moins de 35 ans, de 56 % des femmes, de 57 % des entreprises de moins de 3 ans.

90 % des femmes considèrent comme importante la prise en compte de l’impact écologique ; de même 90 % le partage du pouvoir et de la valeur ou 88 % l’impact social et 72 % la stratégie globale à impact positif.

Les jeunes de moins de 35 ans
sont aussi plus engagés dans les transitions : 90 % citent comme une priorité l’impact écologique (vs 86 % en moyenne), 87 % une priorité pour l’impact social (vs 83 % en moyenne).

♦ Comment ils imaginent améliorer l’impact de leur entreprise ? Le tri et recyclage des déchets (47 %), la baisse de la consommation en énergie (39 %), l’utilisation de produits respectueux de l’environnement (37 %), l’optimisation des déplacements (33 %), le recours aux circuits courts (32 %), la réduction de l’empreinte carbone (28 %), la mise en place d’une stratégie d’achats durables (16 %), la formation aux enjeux de la transition écologique (10 %) et la mise en place de nouvelles pratiques de gouvernance (9 %).

Accompagnement

♦ 39 % sont intéressés par une sensibilisation ou une formation aux différentes formes d’engagement et de reconnaissance de stratégie responsable. 34 % veulent mettre en place une mesure des impacts.

A la question “à quelle(s) étape(s) auriez-vous eu besoin d’un accompagnement renforcé ?” 36 % répondent dans les mois et années qui suivent le lancement de l’entreprise, 23 % au moment de structurer leur projet, 23 % pendant la recherche de financement, et 21 % à aucun moment.

Quelques idées déconstruites à propos des femmes entrepreneures.

♦ Elles se lancent dans l’entrepreneuriat avec les mêmes motivations que les hommes ; 73 % veulent être indépendantes (vs. 76 %), 62 % se lancent par goût d’entreprendre ou désir d’affronter de nouveaux défis (vs. 61 %), 33 % avaient une opportunité de création d’entreprise.

Pour 80 % des hommes, entreprendre n’est pas plus difficile pour les hommes que pour les femmes ; 69 % des femmes le disent aussi !
Les moins de 35 ans ont une perception plus tranchée sur la facilité d’entreprendre en fonction du genre : 35 % des jeunes femmes pensent qu’il est plus facile d’entreprendre quand on est homme (vs. 21 % des plus de 45 ans) ; 25 % des jeunes hommes le pensent aussi.

♦ L’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle n’est pas un sujet qui distingue les femmes des hommes : 66 % des femmes et des hommes parviennent à conserver un bon équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

♦ Seules 22 % disent avoir été confrontées à des difficultés parce qu’elles étaient une femme. Dans ce cas, il s’agit pour 71 % de préjugés, pour 65 % le fait d’être reconnue comme illégitime, pour 32 % d’articuler leur vie professionnelle et privée, pour 27 % d’accéder au financement, pour 16 % de manque de confiance, pour 11 % de construire un réseau professionnel, pour 6 % de manque de soutien de l’entourage.

Pour en savoir davantage : Les entrepreneurs Initiative optimistes envers et contre tout, Initiative France, lu février 2023

Méthodologie : 1 732 dirigeants bénéficiaires d’Initiative France ont été interrogés entre le 10 novembre et le 13 décembre 2022. 56 % sont des hommes. Age moyen des répondants 43 ans ; 61 % ont créé, 26 % repris et 8 % développé. Le commerce et les HCR dominent avec 40 % des interviewes, 17 % les services aux entreprises, 13 % l’industrie et la construction 10 %.

Noter que 66 % étaient déjà “du métier”, alors que pour 34 % c’est une reconversion ; elle concerne alors plus souvent les plus de 45 ans (41 %), les artisans et entrepreneurs de l’industrie (41 %), les commerçants (40 %).


 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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