Femmes entrepreneures : le difficile cap de la croissance
Les femmes représentent 33,1 % des créations d’entreprises, un niveau globalement stable, avec de fortes disparités sectorielles. Si la création d’entreprise au féminin progresse en France, un point de friction demeure : passer de l’activité à l’entreprise qui crée des emplois, puis à la PME.
Stables, mais moins employeuses : le baromètre 2025 (DGE–Bpifrance) montre que, sur trois ans, les entreprises créées par des femmes tiennent plus souvent le cap (70 %, contre 60 % pour les hommes), mais créent moins souvent des emplois (26 %, contre 35 %). Les entreprises à forte croissance sont deux fois plus souvent le fait d’hommes que de femmes.
Le même baromètre souligne aussi le rôle du capital de départ : une part des entreprises lancées avec moins de 1 000 € reste à faible chiffre d’affaires après trois ans.
Ces écarts s’expliquent aussi par la répartition sectorielle des créations : selon les activités, les besoins en capital et les trajectoires de croissance diffèrent fortement. Les services concentrent une part importante des créations, tandis que la santé/care et la transition écologique progressent ; l’immobilier se féminise principalement via les services associés. À l’inverse, les femmes restent minoritaires dans les segments numérique de rupture, ainsi que dans l’industrie et la deeptech, où les projets sont plus capital-intensifs et l’industrialisation plus complexe. Pour franchir un cap, les leviers évoqués portent sur les tickets de financement, les réseaux de pairs, la gouvernance et l’accès à la reprise.
Reprise-transmission : un levier vers la taille critique
Pour l’heure, 36 % des projets de reprise-transmission sont portés par des femmes. Le baromètre relève des freins spécifiques : 53 % des femmes déclarent rencontrer des difficultés, contre 34 % des hommes, notamment sur la négociation et le financement.
Capital-risque : l’écart dans la tech
Dans les start-ups, l’écart reste important : selon le baromètre européen SISTA x BCG (2025), 10 % seulement sont fondées par des équipes 100 % féminines, qui ne captent que 2 % des fonds levés. Au bout de six ans, les équipes masculines lèvent 18,5 fois plus que les équipes féminines.