Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Etude 
05 mar 2026

Femmes entrepreneures : le difficile cap de la croissance

Les femmes représentent 33,1 % des créations d’entreprises, un niveau globalement stable, avec de fortes disparités sectorielles. Si la création d’entreprise au féminin progresse en France, un point de friction demeure : passer de l’activité à l’entreprise qui crée des emplois, puis à la PME.
Stables, mais moins employeuses : le baromètre 2025 (DGE–Bpifrance) montre que, sur trois ans, les entreprises créées par des femmes tiennent plus souvent le cap (70 %, contre 60 % pour les hommes), mais créent moins souvent des emplois (26 %, contre 35 %). Les entreprises à forte croissance sont deux fois plus souvent le fait d’hommes que de femmes.

Le même baromètre souligne aussi le rôle du capital de départ : une part des entreprises lancées avec moins de 1 000 € reste à faible chiffre d’affaires après trois ans.

Ces écarts s’expliquent aussi par la répartition sectorielle des créations : selon les activités, les besoins en capital et les trajectoires de croissance diffèrent fortement. Les services concentrent une part importante des créations, tandis que la santé/care et la transition écologique progressent ; l’immobilier se féminise principalement via les services associés. À l’inverse, les femmes restent minoritaires dans les segments numérique de rupture, ainsi que dans l’industrie et la deeptech, où les projets sont plus capital-intensifs et l’industrialisation plus complexe. Pour franchir un cap, les leviers évoqués portent sur les tickets de financement, les réseaux de pairs, la gouvernance et l’accès à la reprise.

Reprise-transmission : un levier vers la taille critique

Pour l’heure, 36 % des projets de reprise-transmission sont portés par des femmes. Le baromètre relève des freins spécifiques : 53 % des femmes déclarent rencontrer des difficultés, contre 34 % des hommes, notamment sur la négociation et le financement.

Capital-risque : l’écart dans la tech

Dans les start-ups, l’écart reste important : selon le baromètre européen SISTA x BCG (2025), 10 % seulement sont fondées par des équipes 100 % féminines, qui ne captent que 2 % des fonds levés. Au bout de six ans, les équipes masculines lèvent 18,5 fois plus que les équipes féminines.
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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