Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Etude 
26 mar 2026

Entreprendre en 2026 : consolider pour durer

Record des créations, tensions sur la trésorerie, charge mentale élevée : l’entrepreneuriat traverse une zone de turbulence, sans perdre son élan. L’enjeu pour 2026 est de mieux piloter, mieux s’entourer et renforcer sa solidité.
Alors que la France a battu un record de créations d’entreprise en 2025, les défaillances restent à un niveau élevé. Derrière cet élan entrepreneurial, la réalité du quotidien reste exigeante. L’enquête menée par Initiative France auprès de 1 747 entrepreneurs* montre d’abord une énergie toujours bien présente : 88 % des entrepreneurs se disent heureux au travail, 76 % referaient le même choix et 36 % anticipent une année 2026 meilleure que 2025. Même dans un climat tendu, l’entrepreneuriat continue donc d’apparaître comme un levier d’indépendance, de challenge et d’épanouissement professionnel. Mais ils doivent composer avec des fragilités très concrètes. Problèmes de trésorerie, marges sous pression, charge mentale élevée : le vrai défi n’est donc pas seulement de croître, mais de tenir dans la durée sans s’épuiser.

Repérer tôt les signaux de fragilité

Premier enseignement de l’enquête : une entreprise ne bascule pas du jour au lendemain. Avant les difficultés majeures, des signaux apparaissent : délais de paiement qui s’allongent, rentabilité qui s’effrite, décisions repoussées faute de visibilité, fatigue du dirigeant. Ces alertes ne doivent pas être vécues comme un aveu de faiblesse, mais comme des indicateurs de pilotage. Dans un environnement plus instable, la vigilance devient une compétence entrepreneuriale à part entière. Cette lecture invite à une approche plus sereine des défaillances : elles ne sont pas seulement un sujet statistique ou judiciaire, elles rappellent surtout l’importance de la prévention. Mieux suivre sa trésorerie, revoir ses priorités d’investissement, ajuster ses prix, sécuriser ses marges et diversifier ses débouchés sont autant de leviers concrets pour réduire l’exposition aux chocs.

Ne pas rester seul face aux tensions

Autre message fort, la résilience se construit rarement en solitaire. Lorsqu’ils rencontrent une difficulté, les entrepreneurs citent parmi leurs premiers recours l’expert-comptable, le banquier ou les réseaux d’accompagnement. Un réflexe qui mérite d’être encouragé. Demander un appui en amont permet souvent d’éviter que les tensions ne se transforment en impasse. C’est aussi une manière de reprendre la main. Être accompagné, ce n’est pas subir la situation, c’est retrouver des marges de manœuvre, de la méthode et de la visibilité. Dans cette logique, la prévention et le dialogue avec ses partenaires sont essentiels.



*Enquête Initiative France « Entreprendre en 2025 : les entrepreneurs en zone de turbulence » menée du 25 novembre au 24 décembre 2025
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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