Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Gestion 
30 mar 2026

Guerre au Moyen-Orient : protéger vos marges face au choc énergie-transport

Si la guerre au Moyen-Orient fait remonter les coûts, les dirigeants ne sont pas pour autant sans leviers et peuvent agir sur plusieurs fronts.
La guerre au Moyen-Orient peut rapidement renchérir l’énergie, le transport et certains intrants, avec un effet direct sur les marges si l’entreprise ne sécurise ni ses prix ni sa trésorerie. Pour un dirigeant, le bon réflexe consiste à transformer ce choc externe en check-list interne : facture d’énergie, contrats, achats, cash. Face à la hausse des coûts, les entreprises ont d’abord intérêt à réduire leur dépendance aux postes les plus exposés et à renforcer leurs marges de manœuvre. Cela peut passer par un diagnostic précis de leurs consommations afin d’identifier les postes qui pèsent le plus dans l’activité — process, chauffage, éclairage, flotte de véhicules — puis par la mise en place d’un suivi régulier. À court terme, des actions simples peuvent déjà produire des effets : réglages, adaptation des horaires, baisse des consommations d’éclairage ou remplacement de certains équipements.

Protéger ses marges

Quand les coûts de l’énergie, des matières premières ou du transport varient fortement, les chefs d’entreprise ont intérêt à mieux sécuriser leurs ventes. Cela suppose de revoir les contrats et, lorsque c’est possible, d’y intégrer des clauses de révision ou d’indexation. Ces mécanismes permettent d’ajuster les prix à partir d’indices définis à l’avance et en lien avec l’activité de l’entreprise. Pour les dirigeants, c’est un moyen de limiter l’érosion progressive des marges quand les coûts évoluent plus vite que les tarifs.

Sécuriser ses achats et ses approvisionnements

Quand les délais s’allongent ou que certains fournisseurs deviennent plus fragiles, l’enjeu n’est pas de stocker davantage partout, mais de sécuriser les références critiques. L’entreprise peut d’abord repérer les références les plus critiques, puis diversifier ses fournisseurs sur ces postes, prévoir un stock de sécurité sur les composants à délai long et identifier des solutions logistiques de repli. Côté achats, elle peut aussi jouer la carte de la mutualisation : regrouper certains volumes entre sites, services ou périodes d’achat pour gagner en pouvoir de négociation, mieux sécuriser les approvisionnements et limiter les surcoûts. Elle peut également resserrer et mieux piloter son portefeuille fournisseurs, négocier des contrats-cadres et rechercher des sources d’approvisionnement alternatives sur les postes les plus exposés.

Et stabiliser le cash

Enfin, la trésorerie doit être suivie de très près en période de forte volatilité. Cela suppose de mettre à jour régulièrement les prévisions de cash sur les semaines à venir, de suivre le poste clients avec attention, de surveiller les impayés et de hiérarchiser les dépenses. Quand le modèle le permet, développer des revenus plus récurrents — maintenance, abonnements, services après-vente — peut aussi aider à lisser le chiffre d’affaires et à mieux absorber les à-coups.
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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