Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
RSE 
13 avr 2026

Entreprises à mission : un statut qui s’installe

Formaliser une contribution sociale ou environnementale dans les statuts est une tendance portée surtout par les PME, prouvant qu'ambition économique et engagement sociétal peuvent aller de pair.
Longtemps perçue comme un marqueur de pionniers, l’entreprise à mission change d’échelle. Fin 2025, la France en comptait 2 411, avec une progression régulière d’environ 500 nouvelles adoptions par an depuis quatre ans. Créé par la loi Pacte, ce statut permet à une entreprise d’inscrire dans ses statuts une raison d’être assortie d’objectifs sociaux ou environnementaux, puis d’organiser leur activité et leur gouvernance pour les poursuivre concrètement. L’enjeu n’est pas seulement de formuler une intention, mais de rendre des comptes sur une trajectoire.

Une dynamique qui s’ancre dans les territoires

Cette dynamique est particulièrement visible dans le tissu des PME, tout en gagnant aussi les grandes organisations : 15 % des grands groupes français comptent désormais au moins une entité à mission. Plus de 1,1 million de salariés travaillent ainsi dans des sociétés à mission. Autre signal fort, selon le 9ᵉ Baromètre de l’Observatoire des sociétés à mission présenté le 24 mars au ministère de l’Économie et des finances, 59 % de ces entreprises ont leur siège hors d’Île-de-France. Un chiffre qui confirme le dynamisme du modèle et sa diffusion à l’échelle nationale.

Un levier de structuration

Le statut peut servir de cap dans une période où les entreprises doivent arbitrer entre performance, attractivité RH, attentes des clients et contraintes de transition. Une analyse publiée fin 2025 par la Communauté des entreprises à mission, à partir des évaluations EcoVadis, indique qu’elles obtiennent en moyenne de meilleurs scores RSE que les autres entreprises — 61,5 sur 100, contre 55,2 — et améliorent aussi plus rapidement ces résultats dans le temps, avec une progression moyenne de 4,9 points par an contre 3,7 pour les autres. Néanmoins, le statut ne garantit pas, à lui seul, la transformation. Il crée avant tout une discipline. Pour un dirigeant, l’intérêt est de passer d’engagements dispersés à une ligne directrice plus lisible, plus suivie et plus durable.

 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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