Fondation d'entreprise
 
 
André Letowski
Conjoncture 
14 avr 2026

Femmes entrepreneures : freins et défis

Le grand public femmes et hommes est interrogé sur l’entrepreneuriat féminin, notamment sur les motivations à la création et les inégalités avec les hommes pour créer leur entreprise. 

Entre attrait et hésitation : les femmes face à l'entrepreneuriat


50 % des femmes françaises estiment qu'il est plus motivant pour elles de créer leur propre entreprise plutôt que d'être salariées.

En termes d'âge, les Français les plus jeunes (18-24 ans) sont les plus enclins à la création (58 % d'entre eux) contre les 25-64 ans (41-50 %) ; il en est de même des CSP+ (47 % contre 43 % pour les CSP-).

10 % des femmes le feraient dès que possible (contre 11 % pour les hommes), 14 % dans quelques années (contre 16 %), alors que 26 % ne s'en sentent pas capables (un peu plus que les hommes, 22 %) et 49 % n'en ont pas envie (contre 51 %).

À noter que 17 % des Françaises de 18 à 24 ans déclarent qu'il faudrait le faire le plus tôt possible ; 12 % des 25-34 ans envisagent de le faire d'ici quelques années, et seulement 6 % des 35-64 ans. Par ailleurs, 29 % des moins de 35 ans envisageraient de le faire dans quelques années, contre 17 % des 35-49 ans et 2 % des 50-64 ans.

Les moins de 35 ans sont 34 % à ne pas s'en sentir capables, contre 25-29 % pour les 35-64 ans ; par ailleurs, plus l'âge avance, moins l'envie se fait sentir (20 % des moins de 35 ans n'en ont pas envie, contre 40 % pour les 35-49 ans et 67 % pour les 50-64 ans).

Pourquoi créer une entreprise ?

Les raisons qui donnent le plus envie de créer une entreprise au sein de la population Française


Peu de différences entre les femmes et les hommes, notamment sur des items importants : donner plus de sens à sa vie professionnelle (56 % les femmes contre 58 % les hommes), concrétiser une idée personnelle (52 % contre 54 %), créer son propre emploi (42 % contre 41 %), gagner plus d'argent (35 % contre 33 %), innover et faire autrement que ce qui existe (25 % contre 26 %), apporter une réponse à un besoin social et/ou environnemental (23 % contre 20 %) et le fait de créer d'autres emplois (17 % contre 18 %).

Seuls 2 items font la différence : l'un plus favorable aux femmes, à savoir gagner de la flexibilité et de la liberté dans l'organisation de son travail (47 % contre 39 %), l'autre aux hommes, le fait d'avoir plus de responsabilités (32 % pour les hommes contre 23 % pour les femmes).

Si l'on observe les tranches d'âge, les plus de 35 ans mettent davantage en avant les motivations suivantes : donner plus de sens à sa vie professionnelle (55-66 % contre 46-50 % pour les moins de 35 ans), concrétiser une idée personnelle (50-65 % contre 33-37 %), voire créer son propre emploi (42-44 % contre 34-38 %) ; il en est de même pour les CSP+.

En revanche, les moins de 35 ans priorisent davantage le fait de gagner plus d'argent (41-46 % contre 24-36 % pour les plus de 35 ans) et celui de créer d'autres emplois (26-29 % contre 12-26 %) ; il en est de même pour les CSP-.

Ces mêmes répondants expriment les raisons d'un éventuel projet de création : les moins de 35 ans privilégient, par rapport aux plus de 35 ans, les raisons suivantes : bénéficier d'un statut prestigieux (26 % contre 12 %), sortir d'une situation précaire (32 % contre 19 %), travailler avec des amis (29 % contre 19 %), s'engager sur le territoire (23 % contre 16 %), partager la richesse créée (20 % contre 11 %) ; ils sont rejoints en cela par les CSP-.

Les plus de 35 ans, quant à eux, sont plus sensibles au fait de concrétiser une idée personnelle (54 % contre 31 %) et de donner plus de sens à leur vie professionnelle (58 % contre 33 %) ; il en est de même pour les CSP+ sur ces 2 derniers items.

Les raisons qui donnent envie à celles qui envisageraient de créer


3 raisons seulement sont proches pour les femmes et pour les hommes : donner plus de sens à sa vie professionnelle (44 % contre 46 % pour les hommes), concrétiser une idée personnelle qui leur tient à cœur (41 % contre 43 %) et travailler avec des amis, des proches (23 % contre 25 %).

4 raisons de type social sont plus favorables aux femmes : sortir d'une situation professionnelle précaire (29 % contre 22 %), apporter une réponse à un besoin social et/ou environnemental (24 % contre 19 %), s'engager sur son territoire et créer de l'emploi au niveau local (22 % contre 18 %), opter pour une façon plus humaine de diriger (21 % contre 17 %).

3 raisons de type plus statutaire sont plus favorables aux hommes : gagner plus d'argent (45 % pour les hommes contre 34 % pour les femmes), bénéficier d'un statut plus prestigieux (24 % contre 14 %) et partager davantage la richesse créée (18 % contre 14 %), ce qui correspond à une vision de développement d'entreprise plus ambitieuse.

Quant aux difficultés envisagées (ensemble des répondants)


7 items sont proches pour les femmes et pour les hommes :
  • Le financement : le fait de ne pas avoir de capital de départ (32 % pour les femmes contre 30 % pour les hommes) et de trouver le financement (27 % contre 28 %),
  • La complexité des démarches (29 % contre 29 %),
  • L'accompagnement : le besoin d'une formation spécifique et de conseils d'entrepreneurs (20 % contre 18 %), le besoin d'être accompagné (15 % contre 16 %), le manque de soutien de l'entourage (9 % contre 9 %),
  • Le fait d'avoir des responsabilités d'aidance (aider un proche) : 7 % contre 9 %.

3 difficultés sont plus présentes chez les femmes :
  • La peur : la peur d'échouer (25 % contre 21 %) et celle de se lancer (20 % contre 17 %),
  • Le fait de concilier vie de famille et vie professionnelle (15 % contre 12 %).

En revanche, les femmes sont plus averties en ce qui concerne la gestion (tâches domestiques, mais aussi administratives, logistiques…) : 17 % contre 12 %.

En ce qui concerne les âges et les CSP des répondants, ce sont les CSP- qui présentent les écarts les plus significatifs : absence de capital de départ et crainte de ne pas trouver de financement, peur de l'échec et manque de soutien de l'entourage ; les autres items ne présentent pas de différences notables.

Les écarts entre l’ensemble des répondantes et les femmes ayant envie de créer


Le besoin de formation et d'accompagnement, celui de trouver des financements, la crainte de l'échec et celle d'une difficile conciliation entre vie professionnelle et vie privée sont bien plus souvent cités par les femmes ayant l'envie de créer que par les autres femmes. En revanche, ces mêmes femmes citent moins fréquemment l'absence de capital de départ et la complexité des démarches administratives.

Les inégalités entre femmes et hommes en matière de financement


2 difficultés font état d'un écart de 16 points : le fait de lever des fonds auprès d'investisseurs (53 % contre 37 % pour les hommes) et celui de faire appel à des solutions de financement participatif (38 % contre 22 %).

4 autres difficultés présentent des écarts plus faibles (entre 7 et 12 points) : le fait de disposer d'un apport financier personnel suffisant (43 % contre 31 %), celui de solliciter son entourage (34 % contre 23 %), celui d'obtenir un prêt bancaire (42 % contre 32 %) et enfin celui de faire appel à des subventions publiques ou des aides associatives (37 % contre 30 %).

Les actions prioritaires pour les soutenir


2 actions montrent une proximité entre les femmes et les hommes : la simplification des démarches administratives et la réduction des obstacles réglementaires (54 % contre 52 %), et des dispositifs pour concilier entrepreneuriat et vie familiale (49 % contre 49 %).

En revanche, 2 actions sont jugées plus importantes par les femmes : une meilleure répartition des tâches domestiques et familiales (49 % contre 39 %) et le fait de bénéficier de programmes d'accompagnement, de conseils, de mentorat et de formations (42 % contre 39 %).

2 actions sont jugées plus importantes par les hommes : le fait de promouvoir des modèles inspirants de femmes entrepreneures dans les médias et les réseaux professionnels (43 % pour les hommes contre 37 % pour les femmes) et la sensibilisation dès l'école et à tous les niveaux de formation pour déconstruire les stéréotypes de genre liés à l'entrepreneuriat (47 % contre 50 %).

"Les femmes et la création d’entreprise, 4éme vague", FBF, France Active, Opinion Way, mars 2026
Méthodologie : échantillon de 1 061 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de catégorie d’agglomération et de région de résidence.
L’échantillon a été interrogé par questionnaire auto-administré en ligne sur système CAWI entre le 28 et le 30 janvier 2026.
« Sondage Opinion Way pour France Active et la Fédération bancaire française ».

 
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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