Quel constat vous a conduit à faire de la reprise d'entreprise une priorité ?
Dans le département de la Loire, nous avons identifié un nombre important de TPE-PME à céder et très peu de repreneurs pour les absorber. Et ce, non pas parce que ces entreprises manquent de valeur, mais parce qu'il y a un manque d’information des 2 côtés du marché.Du côté des cédants, beaucoup s'y prennent trop tard, par manque de temps ou de motivation. Surtout, ils ne se déclarent pas.
Du côté des repreneurs potentiels, il y a des candidats sérieux qui ne savent pas par où commencer, ou qui ne mesurent pas encore que reprendre est une voie entrepreneuriale à part entière.
Pourquoi la reprise plutôt que la création ?
Nous continuons d'accompagner les créateurs, mais reprendre, c'est aussi entreprendre.Dans certains territoires, cet aspect de l’entrepreneuriat est même plus urgent que la création. L'enjeu est considérable : à l'échelle nationale, 40 % des TPE-PME envisagent de transmettre leur entreprise d'ici 2030. C'est environ 400 000 entreprises, et 3 millions d'emplois potentiellement impactés. Si ces transmissions n'aboutissent pas, ce sont des savoir-faire qui disparaissent et des bassins d'emploi qui s'effacent.
Reprendre est aussi souvent plus rapide, moins risqué et pour beaucoup de profils, plus accessible.
En quoi consiste le parcours Reprise Initiation ?
C'est un parcours destiné aux repreneurs potentiels : salariés qui envisagent de racheter leur entreprise, enfants qui s'interrogent sur la succession familiale, cadres souhaitant quitter un grand groupe, étudiants en fin de cycle. Le critère central est d’avoir un projet pouvant être concrétisé dans les 18 mois, sur une structure d'au moins 5 salariés dans l'industrie, les services à l'industrie ou le bâtiment.Le parcours leur fait découvrir le métier d'entrepreneur, via des rencontres avec des chefs d'entreprise membres du réseau, des experts en financement et en droit social. Nous organisons également des rencontres d'associés, après le constat que beaucoup de reprises s’effectuent plus facilement à 2 et des échanges avec nos partenaires bancaires pour comprendre comment une banque analyse un dossier de reprise.
Vous développez aussi un accompagnement côté cédants ?
C'est la deuxième phase, en cours de déploiement. Environ 90 % des cédants ne se déclarent pas, et ce quasi exclusivement pour des raisons de confidentialité. Les dispositifs existants sont utiles, mais dès qu'on s'y inscrit, l'information se propage, l’intention de vente circule, tout l'écosystème est informé (salariés, clients, fournisseurs) et ça fragilise la sortie.Or la confidentialité est une valeur fondatrice du Réseau Entreprendre. Notre démarche consiste à inviter les cédants à venir nous rencontrer en toute discrétion, pour travailler leur dossier en amont. On les aide aussi à envisager leur écosystème autrement : un client, un fournisseur, un salarié pourrait être le repreneur naturel. Avant de chercher à l'extérieur, il faut regarder ce qui existe à l'intérieur.