Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Transmission 
29 jun 2026

Fondations actionnaires : transmettre autrement et dans la durée

Encore peu connues, les fondations actionnaires offrent une voie originale pour transmettre son entreprise hors des schémas classiques.
Longtemps marginal, le modèle commence à changer d’échelle. Selon la nouvelle étude de Prophil, cabinet spécialisé dans la contribution des entreprises au bien commun, réalisée avec la communauté De Facto, le nombre de fondations actionnaires est passé de 4 à 50 en 10 ans en France, avec une projection de 500 dans la prochaine décennie.

Donner pour protéger l’entreprise

Le mécanisme repose sur une logique de transmission particulière : l’entrepreneur ou la famille actionnaire transfère tout ou partie du capital de l’entreprise à une fondation, qui devient actionnaire de long terme.

Selon Prophil, cette organisation permet d’inscrire l’entreprise dans une logique de stabilité capitalistique, en limitant le risque de cession à un tiers et en protégeant son indépendance, sa mission, sa culture ou encore son ancrage territorial. Une fondation n’appartenant à personne, elle peut ainsi constituer un actionnaire durable, éloigné d’une logique de revente à court terme. Le cabinet souligne aussi que ce type de montage peut constituer une alternative aux schémas classiques de transmission, notamment en évitant que les titres concernés n’entrent dans une succession familiale. Il peut enfin cohabiter avec d’autres formes d’actionnariat, familial dans 53 % des cas étudiés par Prophil, salarié ou managérial dans 42 % des cas.

Des dividendes au service de l’intérêt général

La fondation actionnaire porte aussi une dimension philanthropique forte. Les dividendes qu’elle perçoit sont consacrés à des projets d’intérêt général, dans des domaines variés : éducation, insertion, santé, transition écologique, culture ou solidarité. Selon Prophil, les 38 fondations actionnaires étudiées représentaient déjà 54 millions d’euros de budget philanthropique en 2025. Déjà très installé en Europe du Nord — le Danemark en compte plus de 1 400 —, ce modèle fait ainsi le lien entre performance économique et contribution au bien commun.

Une étude danoise menée par Steen Thomsen en 2017 souligne sa robustesse : les entreprises détenues par des fondations actionnaires auraient 20 % de chances de survie supplémentaires sur 40 ans par rapport aux entreprises classiques, ainsi qu’une image deux fois plus positive. Mais le modèle reste toutefois exigeant. Il suppose une réflexion patrimoniale, juridique et familiale approfondie, car donner une partie de son capital revient aussi à renoncer à une part de propriété.
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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