Récupérer n’est pas perdre du temps
Première ressource à préserver ? Le sommeil. Trop souvent perçu comme une variable d’ajustement, il joue pourtant un rôle central dans la récupération, la régulation émotionnelle et la prise de décision. Dormir moins pour travailler davantage peut donner une impression d’efficacité immédiate. Mais ce calcul se retourne vite contre le dirigeant : fatigue, irritabilité, baisse de concentration, décisions moins lucides. Maxime Elbaz, neuroscientifique et directeur scientifique de SOS Oxygène, rappelle que « le sommeil est un très bon médicament » et qu’il est « contre-productif » de ne pas dormir suffisamment, soit entre 6 et 8 heures, conseille-t-il.À côté du sommeil, l’activité physique aide aussi les dirigeants à préserver leur équilibre. Il ne s’agit pas nécessairement de préparer un marathon, mais de sanctuariser dans l’agenda de vraies plages de récupération : marcher, faire du sport, s’accorder une sieste, un massage, un loisir ou un moment en famille. « C’est en lâchant et en se déconnectant que l’entrepreneur va aller mieux », souligne Barbara Quaranta, entrepreneure et autrice d’une thèse sur le stress des dirigeants de PME. Pour Maxime Elbaz, ces temps doivent aussi être associés à des activités qui leur font réellement plaisir.
S’entourer pour ne pas tout porter seul
L’autre enjeu est de rompre avec l’idée d’un dirigeant qui devrait tout absorber seul. Or, cette culture de l’autonomie reste très ancrée : 72 % des dirigeants déclarent ne pas souhaiter être accompagnés. La solitude du décideur est pourtant une fragilité bien connue des entrepreneurs, surtout lorsqu’il faut arbitrer vite, gérer l’incertitude ou porter seul certaines difficultés.Rejoindre un réseau de pairs, échanger avec d’autres entrepreneurs, solliciter un accompagnement ou simplement verbaliser ses difficultés permet de prendre du recul. « Un réseau de dirigeants est une safe place qui permet de s’entraider, de faire du codév*’ et de se nourrir des expériences des autres. Cela aide à voir clair dans les situations de stress », souligne Barbara Quaranta. Autrement dit, il s’agit moins de “se faire aider” que de confronter ses propres angles morts au regard d’autres dirigeants.
* Le codéveloppement est un processus de formation inversé où l'on apprend de ses pairs, dans un climat bienveillant et constructif.