Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Santé 
09 jul 2026

Santé du dirigeant : les leviers pour tenir dans la durée

La santé des dirigeants conditionne leur capacité à décider et à inscrire leur entreprise dans le temps long. Sommeil, activité physique, réseau… Plusieurs leviers simples peuvent les aider à préserver leur énergie.
Entreprendre demande de l’endurance. Charge de travail, responsabilités, incertitudes économiques, pression administrative : le dirigeant avance dans un environnement exigeant. Le baromètre 2026 de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur le rappelle : si 88 % des dirigeants se déclarent en bonne santé, un dirigeant sur deux a déjà connu ou connaît actuellement des difficultés psychologiques.

Récupérer n’est pas perdre du temps

Première ressource à préserver ? Le sommeil. Trop souvent perçu comme une variable d’ajustement, il joue pourtant un rôle central dans la récupération, la régulation émotionnelle et la prise de décision. Dormir moins pour travailler davantage peut donner une impression d’efficacité immédiate. Mais ce calcul se retourne vite contre le dirigeant : fatigue, irritabilité, baisse de concentration, décisions moins lucides. Maxime Elbaz, neuroscientifique et directeur scientifique de SOS Oxygène, rappelle que « le sommeil est un très bon médicament » et qu’il est « contre-productif » de ne pas dormir suffisamment, soit entre 6 et 8 heures, conseille-t-il.

À côté du sommeil, l’activité physique aide aussi les dirigeants à préserver leur équilibre. Il ne s’agit pas nécessairement de préparer un marathon, mais de sanctuariser dans l’agenda de vraies plages de récupération : marcher, faire du sport, s’accorder une sieste, un massage, un loisir ou un moment en famille. « C’est en lâchant et en se déconnectant que l’entrepreneur va aller mieux », souligne Barbara Quaranta, entrepreneure et autrice d’une thèse sur le stress des dirigeants de PME. Pour Maxime Elbaz, ces temps doivent aussi être associés à des activités qui leur font réellement plaisir.

S’entourer pour ne pas tout porter seul

L’autre enjeu est de rompre avec l’idée d’un dirigeant qui devrait tout absorber seul. Or, cette culture de l’autonomie reste très ancrée : 72 % des dirigeants déclarent ne pas souhaiter être accompagnés. La solitude du décideur est pourtant une fragilité bien connue des entrepreneurs, surtout lorsqu’il faut arbitrer vite, gérer l’incertitude ou porter seul certaines difficultés.

Rejoindre un réseau de pairs, échanger avec d’autres entrepreneurs, solliciter un accompagnement ou simplement verbaliser ses difficultés permet de prendre du recul. « Un réseau de dirigeants est une safe place qui permet de s’entraider, de faire du codév*’ et de se nourrir des expériences des autres. Cela aide à voir clair dans les situations de stress », souligne Barbara Quaranta. Autrement dit, il s’agit moins de “se faire aider” que de confronter ses propres angles morts au regard d’autres dirigeants.




* Le codéveloppement est un processus de formation inversé où l'on apprend de ses pairs, dans un climat bienveillant et constructif.
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

Sur le même thème