Définition de la moyenne des prix d'acquisition : le prix moyen représente la somme des montants d'acquisition des fonds divisée par le nombre de transactions dont le montant est compris entre 10K€ et 10M€.
Pour prendre du recul, je propose des comparaisons entre 2025 et la moyenne 2021-2024, la base de mon analyse et le 1er trimestre 2026, comparé à la moyenne des 1ers trimestres 2023-2025 en complément pour repérer l'évolution récente.
Les reprises de fonds de commerce sont le fait de TPE (91,6 %)
Si les TPE ont connu la stabilité (-2,9 %) entre 2025 et la moyenne 2021-2024, les10-49 salariés ont nettement chuté (-11 %), alors que les plus de 50 salariés progressaient (+23 %) mais elles sont peu nombreuses (1 172 en 2025 vs 953 en moyenne 2021-2024). Ce sont les 250 salariés et plus qui y progressaient le plus (+34 %) y compris au 1er trimestre 2026 (+13 %).
Les reprises de fonds de commerce par grands secteurs d'activité
♦ Leur nombre tout d'abord : ce sont en 2025, 29 766 reprises, en baisse de 5,8 % au regard de la moyenne 2021-2024. Le 1er trimestre 2026 affiche une baisse de 3,1 % comparé à la moyenne 2023-2025.2 activités regroupent les 2/3 de ces reprises, les HCR et le commerce ; si l'on ajoute les activités les services aux particuliers (majoritairement la coiffure/esthétique et le pressing), l'industrie, la construction et les services aux entreprises, ce sont alors 93 % des reprises.
2 activités ont connu une hausse entre 2025 et la moyenne 2021-2024 : les HCR (+5,9 %) et l'informatique/communication (+3,9 %), les services aux entreprises s'inscrivant dans la stabilité (-0,6 %) ; alors que les autres activités connaissent des baisses, notamment l'industrie (-11,4 %) et 3 activités importantes en nombre : le commerce, les services aux particuliers et la construction, très tournées vers la clientèle de particuliers.
Noter que l'informatique et les services aux entreprises sont encore en hausse quand on compare le 1er trimestre 2026 aux premiers trimestres 2023-2025), contrairement aux autres secteurs en régression.
♦ Les montants : 241 800€ en moyenne (mais 212 700€ si l'on retire les pharmacies et 122 700€, si l'on s'en tient à la médiane), en hausse de 5,2 % au regard de la moyenne 2021-2024 ; noter l'évolution plus favorable des prix médian (+12,2 % vs en moyenne + 5,2 %).
2 activités ont connu les évolutions les plus favorables : les services aux entreprises (+27,5 %) et l'informatique/communication (+21,1 %) ; cependant le commerce a connu la stabilité (-0,1 %).
Noter que les montants les plus élevés sont localisés dans l'informatique (401 888€) et le commerce dont les pharmacies (329 709€) et les plus faibles dans les services aux particuliers (84 248€).
Les 20 activités les plus importantes (65 % des reprises)
♦ 3 sous-groupes peuvent être identifiés quant au nombre de reprises :
– Celui aux progressions conséquentes entre 2025 et la moyenne 2021-2024 (entre +4,3 et + 20,3 %) : dominent en nombre les débits de boisson et la restauration rapide, aux côtés d'activités en développement comme les jardineries (+10,3 %) ou les pressing (+8,6 %),– Un groupe d'activités stables avec la réparation automobile, les agences immobilières et les hôtels (entre +2,2 et -3 %)
– Un groupe en régression (entre -3,9 et -16,1 %) : on y trouve 3 activités importantes en nombre telles la restauration traditionnelle (-3,9 %), la coiffure/esthétique (-10 %) et la boulangerie-pâtisserie (-10,2 %) et dans cette même baisse le commerce d'habillement (-11,8 %), et les buralistes (-16,1 %).
♦ Les montants des transactions des 20 activités les plus importantes (65% des reprises).
Si les hausses sont habituelles entre 2025 et la moyenne 2021-2024, quelques activités toutefois état de baisse (entre -1,8 et -20,5 %) : la plus forte est celle du commerce automobile (-20,5 %), mais aussi celle du commerce de détail d'habillement (-11,2 %) et des magasins d'optique (-6,8 %) ; l'observation des montants relatifs aux supermarchés (-13,3 %) ne s'avère pas pertinente du fait de variation atypique et du petit nombre de reprise concernées.Ces transactions ne concernent que 8 % des reprises.
En revanche, 6 activités manifestent des hausses (entre +11 et +33 %) notoirement supérieures à la moyenne (+5,2 %) : on y trouve les pressings, la réparation automobile, la boulangerie-pâtisserie, la restauration rapide et les agences immobilières ; noter que le montant des transactions y est toujours inférieur à la moyenne (229 763€).
Mais ces transactions ne concernent que 22 % des reprises.
35 % des transactions, le flux le plus important, s'inscrit dans une relative stabilité des montants (entre +2,1 et +9,5 %). On y trouve notamment les débits de boisson, la restauration traditionnelle et l'hébergement (entre +7,2 et +8,2 %), les pharmacies (+2,6 %) et la coiffure (+2,1 %).
Une approche par région
♦ En nombre de transactions.
– Tout d'abord l’importance des reprises de commerce comparée au nombre de création en 2025. La moyenne est de 2,6 %, mais l'Ile de France affiche un % bien plus bas (1,4 %), alors que l'ouest oscille entre 3,8 % (les Pays de Loire), (4,2 %) la Normandie et 4,3 % la Bretagne, alors que les autres régions se situent entre 2,9 et 3,1 %. L'Ile de France a beau afficher le plus grand nombre de reprise, cette réalité est bien plus modeste que pour l'ensemble des autres régions.– Le nombre de reprises entre 2025 et la moyenne 2021-2024 est en baisse de 5,8 %. 3 régions connaissent une évolution favorable : la Bourgogne-Franche-Comté avec +6,5 % et même +15,4 % entre le 1er trimestre 2026 et les1ers trimestres 2023 à 2025, puis Les Hauts-de-France (+2,4 % et +3,2 % pour les 1ers trimestres) et Paca (+1 %). 2 régions affichent la situation la moins favorable : la Nouvelle Aquitaine (-6,8 et -8 %) et la Corse (-12,7 %).
– Les montants des reprises : le montant moyen chiffre 241 781€ et progresse de 5,2 % entre 2025 et la moyenne 2021-2024. A nouveau l'Ile de France se distingue avec un montant moyen supérieur de 45 % à la moyenne, alors que 6 régions sont -15 à -10 % inférieurs à la moyenne (Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne et Grand-Est, Nouvelle-Aquitaine) ; les 6 autres régions sont proches de la moyenne.
Une approche par taille de commune.
– En nombre de reprises : les 3 espaces urbains (petites villes, villes moyennes et grandes villes) font état d'un % proche de reprise (entre 21 et 24,4 %), alors que les bourgs ruraux et villages ont un poids plus faible (15,5 et 16,5 %).Le nombre moyen de transaction par commune montre la difficulté pour conduite une politique dans 3 espaces (villages, bourgs et petites villes avec entre 0,2 et 4,2 transactions en moyenne par commune.
2 types d'espace connaissent la stabilité (les grandes villes et les villages), alors que les autres espaces font état de baisse (entre -6,6 et -9,1 %) ; en revanche la comparaison des 1ers trimestres n'est à l'avantage d'aucun espace (-6,4 à -12 %), notamment des villages (-19,1 %).
- En montants moyens. Les grandes villes et les villes moyennes ont des montants nettement supérieurs à la moyenne (indice 119 et 109), alors que les villages sont 29 % en dessous de la moyenne. Par ailleurs, seules les grandes villes ont connu une hausse des transactions entre 2025 et la moyenne 2023-2024 (+4,6 %), alors que les espaces bourgs et villages chutaient de 10 %.
Les âges des cédants et des repreneurs, l'ancienneté des entreprises et la pérennité des entreprises reprises.
L'âge moyen des cédants est de 52 ans (sans grande évolution depuis 2021, mais en légère hausse au 1er trimestre 2026 avec 53,1 ans) ; celui des repreneurs est de 42 ans (43 au 1er trimestre 2026).Plus précisément l'âge des vendeurs : 61% ont au moins 51ans (30 % entre 51 et 60 ans et 31 % plus de 60 ans) ; 17% ont moins de 41 ans et 21 % entre 41 et 50 ans.
L'ancienneté des entreprises reprises : 40 % ont plus de 16 ans (42 % au 1er trimestre 2026), 40 % de 6 à 15 ans et 20 % de 0 à 5ans (18 % au 1er trimestre 2026).
Le taux de survie des entreprises reprises à 3 ans chiffre entre 91 et 95 % entre 2018 et 2022 à comparer à celui des créations (82 % pour la génération 2018).
Pour en savoir davantage : "Ventes et cessions d'entreprises, édition 2026", Altares, juin 2026