Qui sont-elles ?
Au 30 juin 2026 :Elles sont 18 000 start-up dont 44 % en Île-de-France (7 877), employant 530 000 personnes, dont 62 % en Île-de-France (330 000). Le sud et Auvergne-Rhône-Alpes regroupent 6 071 start-up (34 %), le centre et l'ouest 2 228 (12 %) et le nord et l'est 1 726 (10 %). Le sud et Auvergne-Rhône-Alpes emploient 126 300 personnes (24 %), le centre et l'ouest 36 350 (7 %) et le nord et l'est 37 300 (7 %). 2,78 Md€ levés au 1er semestre 2025 et 4,58 Md€ levés au 1er semestre 2026.
Les évolutions :
- La création nette avoisine +1 800 start-up sur un an ; le rythme accélère nettement par rapport à 2024-2025 (+1 200 seulement). Ce rebond se diffuse sur l'ensemble du territoire. L'Île-de-France repart à la hausse (+7,9 %), alors que la hausse a été plus favorable en Bretagne (+41 %), dans le Grand Est (+13,5 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (+12,8 %).
- Au 1er semestre, les montants levés bondissent de 65 % (2,78 à 4,58 Md€), mais l'Île-de-France capte à elle seule plus de 80 % des montants et le ticket moyen dépasse 16 M€, contre moins de 9 M€ un an plus tôt. Cette levée avait toutefois été de 8,39 Md€ en 2022 et de 4,26 Md€ en 2023 et 2024. Le Royaume-Uni conforte son leadership européen avec 14,59 Md€ levés sur 616 opérations (+97 % en valeur, +21 % en volume). En Allemagne, la croissance est marquée : 5,92 Md€ levés sur 213 opérations (+66 % en valeur).
Sur le plan de l'emploi, les recrutements s'intensifient partout en France (+30 000 emplois directs en 2026, +6 %). 65 % des recrutements l'ont été dans des TPE, 10 % dans des entreprises de 10 à 50 salariés et 5 % dans de plus grandes entreprises ; 15 % des entreprises n'ont pas connu d'évolution. 66 % des emplois sont en France, 25 % en Europe et 9 % hors Europe.
Leur chiffre d'affaires 2025 est de 16,77 Md€ (+27 %) dont 10,17 Md€ en France (+44 %), 3,45 Md€ en Europe (-2 %) et 3,15 Md€ (+23 %) hors Europe.
En 2025, la part des entreprises rentables a fortement augmenté, notamment pour les scale-ups en séries B et C (+30 %), cette rentabilité étant devenue une nécessité pour lever des fonds.
Les difficultés rencontrées
En 2025, la contractualisation des grands groupes avec les start-ups, PME et ETI innovantes est difficile : seuls 14 % des grands groupes répondants annoncent mesurer précisément leurs achats auprès de ces entreprises, 29 % de manière partielle, 14 % annoncent qu'une structuration des outils pour le faire est en cours. 43 % annoncent ne pas le faire.53 % estiment le délai moyen avant la signature d'un premier contrat à au moins 6 mois.
Une entreprise sur cinq se dit complètement dépendante de solutions étrangères pour au moins un type d'outils numériques (hébergement, support, SaaS, acquisition). En moyenne, 37 % des dépenses des start-up sont réalisées auprès de fournisseurs non européens pour ces outils. Les dépenses auprès des fournisseurs non européens sont particulièrement élevées pour les start-up en série A (42 à 51 % selon les thématiques), tandis qu'elles diminuent nettement pour les start-up plus matures (22 à 35 %).
Plus d'une entreprise sur quatre déclare avoir déjà été confrontée à des pratiques commerciales anticoncurrentielles de la part de grandes entreprises étrangères. Les abus prennent des formes diverses :
- 48 % des entreprises concernées ont subi de l'autopréférence (inclusion à coût nul ou réduit d'un co-produit au service qui faisait l'objet de la négociation),
- 46 % ont subi de l'enfermement contractuel (pénalités économiques, pénalités techniques en cas de rupture du contrat),
- 42 % ont subi de l'abus de dépendance économique (forme d'exploitation où la partie dominante impose des conditions excessives),
- 29 % des entreprises concernées ont subi de la limitation d'interopérabilité (formatage de fait des données hébergées pour rendre plus difficile/long/coûteux la migration des données).
62 % des start-up ne tentent même pas leur chance auprès des marchés publics. Pour 67 % d'entre elles, le principal frein exprimé est la complexité des démarches administratives pour répondre.
56 % ayant déjà répondu à un appel d'offres public ont plus souvent perdu que gagné.
Les craintes exprimées : l'accroissement de la dépendance aux solutions étrangères (24 %), la raréfaction des sources de financement (17 %), la rigidité de l'encadrement du travail en France (10 %).
Les pistes d'amélioration proposées : une commande publique plus souveraine et innovante (43 %), la promotion des solutions de l'écosystème français et européen (26 %), un allègement du poids de la réglementation fiscale pour les entreprises (20 %).
L'écosystème d'accompagnement au 30 juin 2026
Les 45 structures d'accompagnement interrogées accompagnent 6 200 entreprises à l'année.45 % sont des incubateurs, dont 32 % privés et 13 % publics, 29 % une association ou structure indépendante, 16 % une école ou une université. 36 % sont des multispécialistes, 33 % des spécialistes et 31 % des généralistes.
Les chiffres d'affaires totaux des start-up accompagnées sur l'année 2025-2026 : 38 % ont réalisé plus de 2 millions, 40 % moins d'un million et 13 % entre 1 et 2 millions.
La moitié a créé moins de 50 emplois et l'autre moitié plus de 50 emplois : 29 % ont créé moins de 20 emplois, 22 % entre 20 et 50, 18 % entre 50 et 100, et 22 % plus de 100 emplois.
Pour financer leurs actions, 67 % ont bénéficié de fonds publics, 64 % de recettes de leurs prestations (86 % les missions d'accompagnement, 41 % la location d'espaces, 24 % la mise en relation), 53 % d'autres fonds privés, 29 % de partenariat public-privé.
60 % estiment leur situation financière solide, et 2 % à risque de fermeture.
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"BAROMÈTRE 2026 DE L'ÉCOSYSTÈME D'INNOVATION FRANÇAIS", France Digitale, EY, septembre 2026
Méthodologie : ont été interrogés 255 start-up, 37 fonds de capital-risque, 45 structures d'accompagnement et 21 grands groupes entre le 7 mai et le 28 juillet 2026.
Les conditions pour être interrogé : avoir son siège social en France ou au moins 50 % de ses effectifs basés en France, être non cotée ou cotée depuis moins de 5 ans, développer un produit ou service innovant dans le secteur technologique.