Fondation d'entreprise
 
 
André Letowski
Conjoncture 
21 sep 2026

18 000 start-ups et 530 000 emplois à juin 2026

Le Baromètre 2026 de l'écosystème d'innovation français, publié par France Digitale et EY, fait le point sur la santé du secteur. Dynamisme retrouvé, mais fragilités structurelles persistantes : voici les chiffres clés au 30 juin 2026. 

Qui sont-elles ?

Au 30 juin 2026 :
Elles sont 18 000 start-up dont 44 % en Île-de-France (7 877), employant 530 000 personnes, dont 62 % en Île-de-France (330 000). Le sud et Auvergne-Rhône-Alpes regroupent 6 071 start-up (34 %), le centre et l'ouest 2 228 (12 %) et le nord et l'est 1 726 (10 %). Le sud et Auvergne-Rhône-Alpes emploient 126 300 personnes (24 %), le centre et l'ouest 36 350 (7 %) et le nord et l'est 37 300 (7 %). 2,78 Md€ levés au 1er semestre 2025 et 4,58 Md€ levés au 1er semestre 2026.

Les évolutions :
  • La création nette avoisine +1 800 start-up sur un an ; le rythme accélère nettement par rapport à 2024-2025 (+1 200 seulement). Ce rebond se diffuse sur l'ensemble du territoire. L'Île-de-France repart à la hausse (+7,9 %), alors que la hausse a été plus favorable en Bretagne (+41 %), dans le Grand Est (+13,5 %) et en Auvergne-Rhône-Alpes (+12,8 %).
  • Au 1er semestre, les montants levés bondissent de 65 % (2,78 à 4,58 Md€), mais l'Île-de-France capte à elle seule plus de 80 % des montants et le ticket moyen dépasse 16 M€, contre moins de 9 M€ un an plus tôt. Cette levée avait toutefois été de 8,39 Md€ en 2022 et de 4,26 Md€ en 2023 et 2024. Le Royaume-Uni conforte son leadership européen avec 14,59 Md€ levés sur 616 opérations (+97 % en valeur, +21 % en volume). En Allemagne, la croissance est marquée : 5,92 Md€ levés sur 213 opérations (+66 % en valeur).

Sur le plan de l'emploi, les recrutements s'intensifient partout en France (+30 000 emplois directs en 2026, +6 %). 65 % des recrutements l'ont été dans des TPE, 10 % dans des entreprises de 10 à 50 salariés et 5 % dans de plus grandes entreprises ; 15 % des entreprises n'ont pas connu d'évolution. 66 % des emplois sont en France, 25 % en Europe et 9 % hors Europe.

Leur chiffre d'affaires 2025 est de 16,77 Md€ (+27 %) dont 10,17 Md€ en France (+44 %), 3,45 Md€ en Europe (-2 %) et 3,15 Md€ (+23 %) hors Europe.

En 2025, la part des entreprises rentables a fortement augmenté, notamment pour les scale-ups en séries B et C (+30 %), cette rentabilité étant devenue une nécessité pour lever des fonds.

Les difficultés rencontrées

En 2025, la contractualisation des grands groupes avec les start-ups, PME et ETI innovantes est difficile : seuls 14 % des grands groupes répondants annoncent mesurer précisément leurs achats auprès de ces entreprises, 29 % de manière partielle, 14 % annoncent qu'une structuration des outils pour le faire est en cours. 43 % annoncent ne pas le faire.
53 % estiment le délai moyen avant la signature d'un premier contrat à au moins 6 mois.

Une entreprise sur cinq se dit complètement dépendante de solutions étrangères pour au moins un type d'outils numériques (hébergement, support, SaaS, acquisition). En moyenne, 37 % des dépenses des start-up sont réalisées auprès de fournisseurs non européens pour ces outils. Les dépenses auprès des fournisseurs non européens sont particulièrement élevées pour les start-up en série A (42 à 51 % selon les thématiques), tandis qu'elles diminuent nettement pour les start-up plus matures (22 à 35 %).

Plus d'une entreprise sur quatre déclare avoir déjà été confrontée à des pratiques commerciales anticoncurrentielles de la part de grandes entreprises étrangères. Les abus prennent des formes diverses :
  • 48 % des entreprises concernées ont subi de l'autopréférence (inclusion à coût nul ou réduit d'un co-produit au service qui faisait l'objet de la négociation),
  • 46 % ont subi de l'enfermement contractuel (pénalités économiques, pénalités techniques en cas de rupture du contrat),
  • 42 % ont subi de l'abus de dépendance économique (forme d'exploitation où la partie dominante impose des conditions excessives),
  • 29 % des entreprises concernées ont subi de la limitation d'interopérabilité (formatage de fait des données hébergées pour rendre plus difficile/long/coûteux la migration des données).
Parmi ces entreprises, ce sont les start-up les plus matures qui sont le plus impactées (53 % de ces dernières concernées). Les secteurs les plus touchés sont la défense (40 %), la DeepTech (29 %) et l'énergie (27 %).

62 % des start-up ne tentent même pas leur chance auprès des marchés publics. Pour 67 % d'entre elles, le principal frein exprimé est la complexité des démarches administratives pour répondre.
56 % ayant déjà répondu à un appel d'offres public ont plus souvent perdu que gagné.

Les craintes exprimées : l'accroissement de la dépendance aux solutions étrangères (24 %), la raréfaction des sources de financement (17 %), la rigidité de l'encadrement du travail en France (10 %).

Les pistes d'amélioration proposées : une commande publique plus souveraine et innovante (43 %), la promotion des solutions de l'écosystème français et européen (26 %), un allègement du poids de la réglementation fiscale pour les entreprises (20 %).

L'écosystème d'accompagnement au 30 juin 2026

Les 45 structures d'accompagnement interrogées accompagnent 6 200 entreprises à l'année.
45 % sont des incubateurs, dont 32 % privés et 13 % publics, 29 % une association ou structure indépendante, 16 % une école ou une université. 36 % sont des multispécialistes, 33 % des spécialistes et 31 % des généralistes.

Les chiffres d'affaires totaux des start-up accompagnées sur l'année 2025-2026 : 38 % ont réalisé plus de 2 millions, 40 % moins d'un million et 13 % entre 1 et 2 millions.

La moitié a créé moins de 50 emplois et l'autre moitié plus de 50 emplois : 29 % ont créé moins de 20 emplois, 22 % entre 20 et 50, 18 % entre 50 et 100, et 22 % plus de 100 emplois.

Pour financer leurs actions, 67 % ont bénéficié de fonds publics, 64 % de recettes de leurs prestations (86 % les missions d'accompagnement, 41 % la location d'espaces, 24 % la mise en relation), 53 % d'autres fonds privés, 29 % de partenariat public-privé.
60 % estiment leur situation financière solide, et 2 % à risque de fermeture.

Pour en savoir davantage, cliquez ici.

"BAROMÈTRE 2026 DE L'ÉCOSYSTÈME D'INNOVATION FRANÇAIS", France Digitale, EY, septembre 2026
Méthodologie : ont été interrogés 255 start-up, 37 fonds de capital-risque, 45 structures d'accompagnement et 21 grands groupes entre le 7 mai et le 28 juillet 2026.
Les conditions pour être interrogé : avoir son siège social en France ou au moins 50 % de ses effectifs basés en France, être non cotée ou cotée depuis moins de 5 ans, développer un produit ou service innovant dans le secteur technologique. 
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




Sur le même thème