Une transformation à 2 niveaux
L'IA ne peut créer une valeur durable que si elle est portée simultanément par la direction et par le terrain. La direction générale doit fixer une vision stratégique claire, arbitrer les priorités et allouer les moyens nécessaires sur la durée. Sur le terrain, les équipes doivent être impliquées dans la réinvention concrète des façons de travailler pour que les outils soient réellement adoptés plutôt que subis.Mick Lévy résume cette double exigence par l'image d'une stratégie qui doit « marcher sur deux jambes » : d'un côté, l'IA générative du quotidien, mise entre les mains de chaque collaborateur pour améliorer sa performance individuelle ; de l'autre, une IA insérée directement dans les processus et les produits de l'entreprise pour créer de la valeur à l'échelle.
Les erreurs stratégiques les plus fréquentes
Plusieurs travers reviennent régulièrement au sein des entreprises qui se lancent dans l'IA sans préparation suffisante :- L'absence de vision d'ensemble, avec des initiatives dispersées, lancées service par service, sans cohérence ni objectif commun.
- Des projets portés par des équipes techniques ou métiers isolées, sans réel soutien de la direction générale. « Ce n'est pas le sujet de la DSI » ou du Chief Data Officer seul, c'est un sujet de stratégie, « parce que ça touche à l'organisation, au process ».
- La confusion entre expérimentation et industrialisation avec de nombreux « proof of concepts » qui ne sont jamais intégrés durablement dans les processus.
- Le sous-investissement dans l'accompagnement du changement. La technologie avance plus vite que son appropriation par les équipes, ce qui peut entraîner des blocages, des résistances ou des usages superficiels.
3 enjeux qui structurent les transformations à venir
Ces constats permettent de dégager 3 grands enjeux pour les entreprises.D'abord, la création de valeur durable : il s’agit de dépasser les gains de productivité ponctuels pour ancrer l'IA dans le modèle économique et les avantages compétitifs de l'entreprise sur le long terme. C'est tout le sens de la mise en garde de Mick Lévy sur l'IA du quotidien, dont l'usage sera banalisé d'ici quelques années et n'offrira alors « plus aucun avantage concurrentiel ».
Ensuite, une refonte plus profonde des façons de travailler. Il ne suffit pas de superposer l'IA à l'existant. Les entreprises doivent aussi repenser leurs organisations, leurs processus et leurs méthodes de travail.
Enfin, la vigilance environnementale. L'empreinte énergétique et écologique de l'IA doit être prise en compte dès la conception des projets afin de concilier innovation, performance et responsabilité.
Retrouvez l’épisode des Carnets de l’IA avec Mick Lévy.