Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Etude 
12 oct 2026

Fonds de commerce : la reprise garde des atouts

Les ventes de fonds de commerce ralentissent, mais certaines activités résistent. L’étude Altares souligne également la pérennité des entreprises créées par rachat d’un fonds. 
Près de 30 000 fonds de commerce ont changé de mains en France en 2025. Selon Altares, plus de neuf opérations sur dix concernent des entreprises de moins de dix salariés. Si le marché recule de 6,1 % en 2025 et de 2,9 % au premier trimestre 2026, certains commerces continuent d’attirer les repreneurs. Restaurants et cafés concentrent ainsi un tiers des transactions. La restauration rapide résiste particulièrement bien, avec 3 119 cessions en 2025, un volume presque stable. Au premier trimestre 2026, ses transactions progressent même de 6,2 %. Les boulangeries-pâtisseries se distinguent par leur valorisation : leur prix moyen de cession augmente de 13,7 % en 2025. Ces différences se retrouvent aussi entre les territoires. Dans les bourgs de 2 000 à 5 000 habitants, les transactions reculent de 10,6 %, contre 1,6 % dans les grandes villes. « La transmission d’un fonds de commerce ne dépend pas uniquement de sa santé financière, elle doit aussi composer avec la réalité de l’économie locale », rappelle Thierry Millon, son directeur des études.

Des commerces qui restent bien valorisés

En 2025, un fonds de commerce se vend en moyenne 241 781 euros, soit 6,4 % de moins qu’en 2024. Cette moyenne reste toutefois tirée vers le haut par les transactions les plus importantes : une pharmacie se négocie en moyenne à plus de 1,2 million d’euros et un supermarché à plus de 900 000 euros. Ce recul du prix moyen de cession ne concerne pas toutes les activités : outre les boulangeries-pâtisseries, les cafés voient leur prix moyen de cession progresser de 8 % et les restaurants traditionnels de 2,6 %. Autre signe de résistance du marché : le prix médian progresse de 2,5 %, à 112 700 euros. La moitié des fonds sont cédés en dessous de ce montant, contre 110 000 euros en 2024.

Reprendre, un atout pour durer

Plus de 90 % des entreprises créées par rachat d’un fonds de commerce sont encore actives trois ans après, selon les analyses Altares. Pour le repreneur, une clientèle, une activité et des savoir-faire existent déjà : autant de points d’appui pour développer son projet. Pourtant, des entreprises viables disparaissent encore faute de successeur, souligne Thierry Millon. Les petits commerces et les activités de proximité sont parfois « délaissés au profit de structures perçues comme plus solides ». Pour faciliter leur transmission, Altares identifie trois conditions : l’anticipation du cédant, l’accès au financement du repreneur et l’attractivité du territoire.
 
 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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