Fondation d'entreprise
 
 
André Letowski
Etude 
05 nov 2026

Ce dont les TPE et PME ont besoin pour réussir

CCI France et Opinion Way publient une étude complète sur les besoins des TPE et PME françaises. Priorités stratégiques, attentes vis-à-vis de l’action publique, besoins de formation : les chefs d’entreprise dressent un tableau précis de leurs enjeux pour les années à venir. 
Cette étude rend compte des enjeux en cours, des priorités d’action et des besoins de formation des TPE et PME avec salarié.

Une approche globale

Les enjeux de transformation pour les 5 prochaines années et la façon d’y faire face :
  • L’instabilité géopolitique s’impose comme le premier facteur de transformation anticipé par les chefs d’entreprise (33 %), particulièrement dans les secteurs du commerce (40 %) et de la construction (38 %). L’instabilité géopolitique est d’autant plus déstabilisatrice que les chefs d’entreprise n’y trouvent pas de réponse ; seuls 10 % ont engagé des actions, et 5 % s’apprêtent à en engager.


  • Viennent ensuite :
    • l’intensification de la concurrence (28 %, plus vive pour les 50 salariés et plus 40 % et 52 %, et plus marquée pour le commerce 33 %),
    • l’intelligence artificielle (28 %, mais 46 % pour les services aux entreprises et 39 % pour les 50 salariés et plus),
    • l’adaptation aux conséquences du changement climatique (24 %, mais 40 % pour la construction et 37 % pour l’industrie),
    • le renouvellement générationnel des employés (18 %, mais 42-43 % pour les 50 salariés et plus et seulement 13 % pour les services aux entreprises)
    • et la décarbonation (7 % et 14 % pour les 250 salariés et plus).

Noter que la moitié ont déjà engagé ou s’apprêtent à engager des actions concernant la décarbonation (55 %), l’intelligence artificielle (53 %) et l’adaptation au changement climatique (50 %). Les plus de 10 salariés ont davantage conduit des actions.

La prudence économique domine les stratégies à court terme : le projet prioritaire numéro un pour les 12 prochains mois consiste à mieux maîtriser les coûts et préserver les marges, notamment dans la construction (61 %), l’industrie (59 %) et le commerce (56 %).

L’accompagnement sollicité
  • 60 % estiment avoir besoin d’accompagnement (60 %), dont 82 % dans les entreprises de 250 salariés et plus. Les attentes se portent en priorité sur l’accès à des informations régulières et de la veille sur l’actualité de ces enjeux (25 %), des moments d’échange avec d’autres dirigeants (19 %), les conseils ciblés (18 %) et les sessions de formation (18 %). Pour ce faire, 30 % privilégient des prestations individuelles et 28 % des formats collectifs. 27 % souhaitent des informations ciblées adressées par email, 21 % des banques de données consultables sur internet pour rester informés au quotidien.
  • En matière de formation, 46 % placent la formation continue de leurs salariés comme priorité absolue. Les thématiques recherchées visent l’efficacité directe comme l’amélioration de la gestion d’entreprise en période de difficultés (jusqu’à 46 % dans l’industrie, 32 % dans les services aux particuliers et la construction), le déploiement de l’intelligence artificielle (35 % dans les services aux entreprises) ou encore la transmission des savoir-faire en interne (36 % dans la construction).
  • Les chefs d’entreprise attendent surtout que l’action publique aille à l’essentiel d’où la simplification administrative (88 %, 58 % la jugent essentielle), la stabilité réglementaire (85 %, et pour 51 % essentielle) et la politique fiscale (83 %, pour 47 % essentielle). Ces demandes devancent largement les aides financières directes (63 %, pour 30 % essentielles) et par ailleurs davantage sollicitées par l’industrie (71 %), les HCR (74 %) et les 50 salariés et plus (83-84 %) ; et enfin l’accès à la commande publique (31 %, pour 12 % essentiel).

Une approche par secteur d’activité et projets prioritaires

Selon leurs priorités assez différentes selon les secteurs d’activité :
Toutes les activités ont comme priorité N°1 le fait de mieux maîtriser leurs coûts et préserver leurs marges (42-43 % les HCR et les services aux particuliers, vs 59-61 % l’industrie et la construction) et 2 autres priorités fréquentes : intégrer l’IA (10-19 % mais 40 % pour les services aux entreprises) et développer le numérique (entre 14 et 29 %, mais ce qui n’est plus prioritaire pour les services aux entreprises).

Qu’en est-il des autres priorités selon les activités ?
  • Les services aux entreprises priorisent aussi le commercial : le fait de dynamiser leur développement commercial et celui de se diversifier (45 %), d’attirer et de fidéliser des profils experts dans un marché concurrentiel et le développement à l’international (5 %), puis le fait de renforcer la cybersécurité et la protection des données (25 %).
  • Les services aux particuliers insistent davantage sur les RH : recruter et rendre les métiers plus attractifs (30 %) et professionnaliser les équipes et sécuriser les certifications (29 %).
  • Le commerce s’inscrit davantage dans le commercial : adapter leur offre aux nouveaux comportements de consommation (36 %) et améliorer leur communication pour mieux se faire connaître (30 %) ; plus modestement il souhaite recruter et fidéliser leurs équipes (25 %) et par ailleurs répondre aux exigences de transition écologique et de conformité réglementaire (23 %).
  • Les HCR priorisent aussi le commercial (adapter leur offre aux nouvelles attentes des clients, 34 %), les RH (recruter et fidéliser leurs équipes, 28 %), les normes réglementaires (20 %) et la prise en compte de la transition écologique (9 %).
  • La construction. Hors la maîtrise des coûts et marges (61 %), les autres priorités sont d’importance plus modeste : recruter et fidéliser leurs équipes (21 %), simplifier les normes, lois, textes réglementaires (19 %), s’adapter aux exigences de décarbonation et de rénovation énergétique (15 %), des priorités déjà rencontrées dans d’autres secteurs et une priorité qui leur est propre, celle de sécuriser leurs approvisionnements en matériaux (20 %).
  • L’industrie : 3 priorités lui sont propres, celle d’automatiser et moderniser les outils de production (29 %), celle de financer l’innovation et les investissements de modernisation (22 %) et celle de sécuriser les chaînes d’approvisionnement (13 %) ; comme d’autres activités, la simplification des normes (23 %), la prise en compte de la transition écologique (réduire l’empreinte carbone et maîtriser les coûts énergétiques, 22 %) et les RH (recruter sur les métiers techniques en tension, 15 %) mobilisent.

Les besoins de formation exprimés par thème :
Un besoin unanime concerne l’amélioration de la gestion d’entreprise en période de difficultés mais avec des écarts d’importance : plus marqué pour le commerce (52 %) et les HCR (46 %), pour l’industrie (46 %), puis plus modérés pour la construction et les services aux particuliers (32 %) et plus faible pour les services aux entreprises (20 %).

Autre besoin unanime, celui de l’intégration de l’IA (entre 7 % et 18 %, mais 35 % pour les services aux entreprises).

Le besoin en commercial ne concerne pas la construction ou l’industrie, mais largement les services, dont ceux aux entreprises (accélérer le développement commercial, renforcer la relation client et le conseil à distance, mieux structurer et piloter les offres de services), des propositions que l’on retrouve au sein des services aux particuliers (renforcer la relation client et le conseil à distance, mieux structurer et piloter leurs offres de services, mieux accompagner le grand âge et le handicap). Il concerne plus modestement le commerce et les HCR.

Le besoin en RH est diversifié : mieux transmettre le savoir en interne (construction), mieux manager les équipes (commerce et HCR), améliorer la sécurité et la prévention (construction), accompagner la polyvalence et les reconversions (industrie), développer des compétences hybrides entre expertise métier et outils numériques (services aux entreprises).

Le digital concerne l’ensemble des activités à l’exception de l’industrie et des services aux entreprises.

La transition écologique concerne l’ensemble des activités sauf les services.

Pour en savoir davantage, cliquez ici.

“Ce dont les entreprises ont besoin pour réussir”, CCIfrance, Opinion way, octobre 2026
Méthodologie : échantillon de 1 015 chefs d’entreprise de 1 salarié et plus, interrogé par téléphone du 24 juillet au 25 août 2026. La représentativité de l’échantillon a été assurée par un redressement selon le secteur d’activité et la taille.

 
 
André Letowski est expert en entrepreneuriat, en petites et très petites entreprises. Il publie une note mensuelle regroupant une sélection brute ou retravaillée et commentée des corpus statistiques français, des enquêtes et publications concernant le domaine des TPE, PE et PME.




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