Rebondir par la création d’entreprise
La création d'entreprise est l'une des solutions à une rupture de parcours. Selon l'Insee, parmi les créateurs d'entreprise de 2022, environ 25 % étaient au chômage, dont environ 10 % depuis plus d'un an. Pour une partie d’entre eux, se mettre à son compte est un moyen de retrouver une activité, un revenu et une place dans le monde du travail.L’entrepreneuriat ne se limite pas à un emploi de transition. Lorsqu’il est accompagné, il produit des effets profonds. L’étude d’impact 2024 de l’Adie indique que près de 8 entrepreneurs sur 10 financés par l’association entre 2021 et 2022 sont toujours en activité après 3 ans et 95 % sont aujourd’hui insérés professionnellement. Au-delà de l’emploi, l’étude révèle que 6 entrepreneurs sur 10 qui percevaient des minima sociaux n’en touchent plus et 8 entrepreneurs pérennes sur 10 déclarent une plus grande estime d’eux-mêmes.
Créer son emploi, puis celui des autres
Une entreprise qui tient dans la durée finit souvent par dépasser son fondateur. Elle recrute, accueille des stagiaires, fait travailler des partenaires. Celui ou celle qui a trouvé sa place par l’entrepreneuriat devient alors, à son tour, une porte d’entrée vers l’emploi.Batiwomen, l’entreprise de rénovation et de maçonnerie fondée par Gabriella Brami, en est un exemple. L’entreprise, qui compte aujourd’hui 4 salariés, accueille régulièrement des stagiaires et travaille avec un réseau d’artisanes et d’artisans. Chaque chantier y est aussi une occasion de mettre le pied à l’étrier à des personnes, et en particulier à des femmes, qui n’auraient pas imaginé leur place dans le bâtiment.
Former, accompagner, essaimer
Créer des opportunités pour d’autres passe aussi par la transmission. Nombre d’entrepreneurs prolongent leur activité par du mentorat, de l’accueil en stage ou des actions associatives.Batiwomen a ainsi donné naissance à une association dotée d’un centre de formation, qui accompagne vers l’emploi des femmes qui en sont éloignées : femmes immigrées ou réfugiées, en reconversion, ou ayant interrompu leur parcours. L’objectif : reprendre confiance, comprendre les codes du monde du travail et explorer toutes les voies, du salariat à la création d’activité.
Car le premier frein est souvent intérieur. « La femme a beaucoup de choses à offrir mais ses peurs et doutes, accompagnés de l’image renvoyée par la société, la freinent dans ses engagements », observe Gabriella Brami.
Voir quelqu’un réussir là où on ne s’autorisait pas à aller change la donne. C’est d’ailleurs la vocation de concours comme « Créatrices d’Avenir », qui a distingué 8 entrepreneures franciliennes, parmi lesquelles la fondatrice de Batiwomen pour son engagement en faveur de la mixité dans un secteur traditionnellement masculin.