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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 
 
13/07/2018
Gérard  Ostermann 
Forme 

Une Nutrition pour être en forme ! Acte 1

Être en bonne santé ne signifie plus aujourd'hui ne pas être malade mais bénéficier de la plénitude de son bien-être physique et psychologique. Qui n'a pas rêvé aujourd'hui d'être plus en forme ?
Devenir plus conscient de ses propres rythmes et prendre davantage soin de soi, c'est souvent la résolution numéro un qui trône en haut de la liste de nos priorités. À la différence de la santé, qui comporte des indicateurs objectifs, la forme est un but qui peut être nourri par des meilleures connaissances nutritionnelles, l'activité physique, la meilleure gestion du stress, la régulation des émotions, l'ergonomie et bien d'autres choses. Être en forme à quelque chose de subjectif, de relatif et de relationnel. Il est possible de subir une maladie chronique et, malgré tout, se sentir en forme parce que l'on s'est donné les moyens de cela et que l'on bénéficie probablement aussi d'un environnement favorable. Il y a dans l'idée de la forme quelque chose qui est très en rapport avec le sentiment d'harmonie.

Chacun perçoit l'importance d'une alimentation saine et équilibrée pour prévenir les risques des maladies, en particulier celles dont on parle plus, les cancers et les maladies cardio-vasculaires, l'obésité… mais aussi pour se sentir en meilleure forme ; il faut une bonne alimentation pour vivre mieux et plus longtemps. Une alimentation saine, des produits naturels, une hygiène de vie optimale pour rester en forme et en bonne santé est une philosophie à laquelle on ne peut qu'adhérer. Nul besoin de nous convaincre des multiples bienfaits d'une assiette de qualité, ni de s'attarder sur les répercussions heureuses que notre corps y trouvera.

Si la santé peut peut-être s’ « acheter » à coup de médicaments et de gélules de compléments alimentaires, nous ne pouvons « nous sentir bien », « être en forme » que si l’harmonie de notre métabolisme se construit très en amont à coup de diversités nourricières pour que les aliments redeviennent ce qu’ils n’auraient jamais dû cesser d’être : des sources d’équilibre, de plaisir, de solidarité et de partage. Il faut sans doute arrêter de se poser des questions autour du manger « sans » pour se reconstruire autour du manger « avec » : avec les acteurs de la chaîne alimentaire, paysans, artisans, distributeurs, industriels, médecins, diététiciens, éleveurs …pour ne plus avoir peur de nos assiettes !

Le mangeur occidental moderne a changé d’inquiétude : c'est la pléthore, et non plus le manque, qui menace sa santé et sa vie. C'est l'excès, au lieu de la privation, qui fait souffrir de plus en plus de mangeurs. Aujourd'hui, la crainte est de manger trop, trop riche et, surtout, de ne plus pouvoir s'arrêter. Nous avons en Occident une façon réductrice de concevoir le corps. Le discours nutritionnel actuel en est la conséquence. Si de l'énergie était nécessaire pour les muscles, du carburant est aussi obligatoire pour nos neurones. D'un point de vue scientifique biochimique cette proposition est vraie, de manière relative à nos connaissances actuelles, car le cerveau est un organe dit « gluco-dépendant » nécessitant des petits déjeuners riches en glucides. D’où cette formule empruntée à la médecine chinoise : « Le matin mange comme un prince, à midi comme un marchand et le soir comme un mendiant ». Cette formulation certes un peu simpliste s'accorde toutefois assez bien avec les données de la chronobiologie.

À l'époque d'une esthétisation du corps, la notion de forme a glissé de l'intérieur du corps vers l'extérieur, sa surface, de l'invisible au visible. Être en forme, aujourd'hui, doit se voir au moins aussi bien de l'extérieur que de l'intérieur. C'est donc un double enjeu qui est demandé à la nutrition aujourd'hui. Proposer une nutrition qui permette d'être en forme sur le plan de la vitalité alliée à une nutrition qui ne génère pas (trop) de formes. C'est une exigence qui est demandée à la discipline qu'est la nutrition humaine : nourrir sans faire grossir.

Montaigne définissait le plaisir comme "la prime accordée par la nature au bon fonctionnement du corps". Comme le souligne le socio-anthropologue Jean-Pierre Poulain, « Le plaisir est une intensification du rapport à soi, au temps, aux autres ».

L'acte de mettre le monde en nous, si l'on y songe un peu, réclame de notre part une présence à nous-mêmes, ce qui implique de réinvestir de manière plus éthique, voire même spirituelle, l'acte de nous nourrir.  

 
Gérard Ostermann est professeur de thérapeutique, médecin interniste et psychothérapeute-analyste. Il est diplômé de thérapie cognitivo-comportementale, praticien EMDR et membre de l'A.P.N.E.T (Association pédagogique nationale pour l'enseignement de la thérapeutique). Il est également chargé d'enseignement à Bordeaux 2. Il est le fondateur et président du Collège Régional de la société Française d'Alcoologie et Président de l'institut des conduites alimentaires de Bordeaux. 
 

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