Fondation d'entreprise
 
 
Charlotte de Saintignon
Transmission 
19 jun 2026

Reprendre une entreprise : une autre façon d’entreprendre

Avec le vieillissement des dirigeants, la reprise apparaît comme un levier d’entrepreneuriat à part entière : plus rapide qu’une création ex nihilo, mais tout aussi exigeant.
40 % des dirigeants de TPE, PME et ETI envisagent de transmettre leur entreprise dans les cinq ans selon Bpifrance Le Lab. Soit un potentiel d’environ 370 000 entreprises d’ici 2030. Un enjeu d’autant plus sensible qu’aujourd’hui, une entreprise sur deux ne trouverait pas de repreneur. Derrière ces chiffres, l’enjeu est considérable : préserver des savoir-faire, maintenir l’activité dans les territoires et permettre à de nouveaux entrepreneurs de prendre le relais.

Reprendre une entreprise, c’est d’abord s’appuyer sur un socle existant. Contrairement à la création, le repreneur dispose déjà de clients, d’équipes, d’un savoir-faire, d’un outil de production, d’une histoire et d’une place sur son marché. Pour un entrepreneur, cette base peut constituer un accélérateur. Elle permet de gagner du temps et de sécuriser plus rapidement un chiffre d’affaires, sans partir d’une page blanche.

Reprendre, c’est savoir embarquer

Néanmoins, la reprise demande une préparation rigoureuse. Le repreneur doit identifier la bonne cible, comprendre son modèle économique, évaluer ses forces et ses fragilités, avoir une bonne lecture du marché, réunir les financements, mais aussi construire une relation de confiance avec le cédant et les équipes.

La dimension humaine est centrale : reprendre une entreprise, ce n’est pas seulement acquérir une activité déjà existante, c’est aussi s’inscrire dans une histoire, et préserver ce qui fait sa valeur. Pour bien se préparer, plusieurs accompagnements sont possibles, auprès des chambres consulaires, du CRA, de l’incubateur des Premières dédié à la reprise par des femmes, du bootcamp spécialisé de Business School Acquisition ou encore de conseils d’experts – avocats d'affaires, cabinets de transaction, notaires.

Le plan gouvernemental « Objectif reprises » vise aussi à mieux structurer cette mise en relation entre cédants et repreneurs, à faire connaître les outils de financement existants et à encourager des solutions comme le crédit vendeur.

Et donner un nouvel élan à l’existant

Pour le repreneur, l’enjeu est donc double. Il doit rassurer les salariés, les clients et les partenaires, tout en apportant sa propre vision. Une reprise réussie ne consiste pas à tout bouleverser dès les premiers mois, mais à comprendre ce qui fait la solidité de l’entreprise avant d’engager de nouvelles étapes. Sur cette base, il peut alors concentrer son énergie sur le développement : structuration commerciale, transformation digitale, diversification, conquête de nouveaux marchés ou amélioration de l’organisation. C’est dans cet équilibre entre continuité et transformation que se joue la réussite du projet.

 
Journaliste depuis 20 ans, Charlotte est spécialisée dans les problématiques de l'entrepreneuriat des TPE/PME de l'artisanat de la franchise et des start-ups. Elle a été auparavant rédactrice en chef d'un magazine professionnel à destination des chefs d’entreprise. Elle travaille aujourd’hui pour plusieurs médias et est membre du bureau de l'Association des journalistes PME (Ajpme).

Charlotte anime depuis 2026 la nouvelle rubrique de la Fondation MMA : « La minute entrepreneuriale ».
 

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