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Fondation d'entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur
 

GROUPE ID'EES 

 La fin justifie les moyens : un paradoxe pour « deux éducateurs de gauche, un peu syndicalistes », comme se présentent Pierre Choux et Jacques Danière ? Loin s'en faut. Car, « devenus patrons », adhérents du MEDEF, les deux fondateurs du GROUPE ID'ÉES n'ont renié aucunes de leurs convictions. 
Et l'équipe qui leur succède, dirigée par Patrick Choux, brandit le même flambeau ! Si leurs entreprises et agences de travail temporaire se plient volontiers aux contraintes de la gestion et de la production, dans le respect de la concurrence, leur impératif de rentabilité est mis entièrement au service du même projet social, depuis trente ans : l'insertion des personnes éloignées de l'emploi.

Grâce au Groupe, dix personnes en situation difficile sont ainsi embauchées chaque jour, rémunération de leur travail à la clef. Décorés de la légion d'honneur en 2014 pour ce challenge en constant développement, les deux collaborateurs de toujours n'ont d'ailleurs pas mâché leurs mots. Sans renier les difficultés actuelles, ces grands promoteurs de l'insertion sociale par l'économique ont décrié l'inertie de certaines entreprises et administrations, alors que la lutte contre l'exclusion est un enjeu collectif majeur.
 

L'insertion par l'économie, tous au travail !


D'où vient cette pensée dominante qui consiste à exclure du monde du travail ceux qui sont déjà exclus de la vie, en entretenant au passage des préjugés improductifs pour eux comme pour la collectivité ? Non seulement l'emploi est une étape primordiale pour l'intégration et la socialisation de ces populations fragilisées, mais leur accompagnement socio professionnel peut réserver le meilleur. Preuve en est avec NOVIDEM, premier isolant fabriqué à partir du recyclage de carton et innovation technologique brevetée, qualités environnementales et sanitaires à l'appui. Nul doute que cette ouate de cellulose va cartonner ! D'abord, comme le rappelle la Fédération française du bâtiment, ce matériau bio sourcé – contrairement à la laine de verre et la laine minérale, notamment - multiplie les qualités : régulation hydrique et confort d'été, performance thermique et acoustique, production issue du recyclage et se soldant par peu d'énergie grise, etc. Quant aux inconvénients pointés par le guide corporatiste, en 2015, ils restent ici lettres mortes grâce à la sélection soignée des matières premières et à l'ensemble du procédé de fabrication ; exit, la présence de poussière, provoquée par le travail d'autres matières premières, ou encore les risques d'émissions de formaldéhydes, puisque le carton est bien moins encré que le papier, tout en étant dépourvu de chlore. Propre, NOVIDEM impacte d'autant moins l'environnement qu'il est travaillé en circuit court, provenant d'un rayon maximum de 20 kilomètres, tout en donnant une utilité à du carton non conforme bien que neuf, pour 80% des approvisionnements, sinon à des rebuts de commerçants, d'entreprises ou encore de particuliers, délestant d'autant les déchèteries. Les perspectives ? Un cercle vertueux, que l'on doit à une entreprise non moins vertueuse.


L'insertion par l'économique, une valeur ajoutée

Filiale en Saône-et-Loire du GROUPE ID'ÉES, qui figure parmi les premiers acteurs hexagonaux de l'insertion par l'activité économique, Innovation Développement Eco-Matériaux (IDEM) apporte une nouvelle preuve que l'accueil de personnes en difficultés ne freine pas la compétitivité. La démonstration est d'autant plus magistrale qu'elle est rehaussée par un marché porteur. Alors que la France importe 20% des 50 000 tonnes de ouate de cellulose qu'elle consomme annuellement, la demande augmente chaque année de 15 à 20%. Réflexe entrepreneurial oblige, une pré-étude a été réalisée par Idem, que l'Agence De l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie (ADEME) a confortée. Mettant à profit son propre centre de tri, où rentrent chaque année 7 000 tonnes de carton, l'entreprise table ainsi sur une production de 6 000 tonnes par an et un chiffre d'affaires de 3,6 millions d'euros, soutenu notamment par un contrat avec le Grand Chalon. Satisfaction corollaire, dont s'enorgueillit Christian Marie, responsable des développements industriels d'IDEM : « Unique au Monde, ce nouveau produit est destiné en partie à la rénovation thermique de logements sociaux. » Après un investissement de 2,2 millions d'euros, pour l'achat des machines comme l'aménagement des bâtiments, deux équipes de production devraient rapidement nécessiter une quarantaine de nouveaux salariés, dont vingt en insertion.

Éco-matériaux, BTP, transport et déménagement, entretien et propreté, création et suivi d'espaces verts ou d'aires sportives, restauration collective, sous-traitance en pharmacie comme en sérigraphie... De la Côte d'Or au Maine-et-Loire, en passant par l'Île-de-France, le GROUPE ID'EES compte ainsi sept entreprises d'insertion, positionnées sans équivoque dans le secteur marchand. Tablant sur une démarche entrepreneuriale et des alliances économiques durables, elles dépoussièrent allègrement les clichés que l'on peut se faire de l'insertion par l'économique, ici par des démarches de développement technologique, là par une professionnalisation des salariés à travers les métiers de demain, ailleurs par un essaimage de ses activités. Créée en 1990, ID'ÉES 89 a par exemple étayé son expertise, ces dernières années, autour de l'agencement ; de la conception à la pose, son mobilier équipe commerces, bureaux, cabinets médicaux ou encore salons professionnels. Forte de ces réponses sur mesure aux besoins des clients et de marchés emportés au sud de l'agglomération parisienne, l'entreprise a fondé un établissement secondaire à Melun, fin 2015. Suite à l'embauche d'un premier salarié en insertion, un chantier conclu avec le groupe Pierres et Vacances, dans le cadre du projet « Villages nature », lui promet une belle vitrine. À Angers, ID'ÉES 49 essaime depuis deux ans l'offre d'insertion de la filiale de Fragnes (71), ID'ÉES SERVICES ; à son tour de fabriquer des produits de conditionnement à partir de non-conformité de l'industrie cartonnière. Nouvelle création, enfin, ID'ÉES 25 cogère avec Sita Suez un centre de tri à Pontarlier, concrétisant le premier essaimage d'une entreprise d'insertion dans cette activité.

 

pierre-choux

Le travail temporaire d'insertion, un gisement de compétences

Logique d'insertion faisant, le Groupe a eu l'idée de « faire de l'insertion chez les autres » : en 1991, il crée ID'ÉES INTÉRIM, dont le leader Adecco devient le second actionnaire, en 1996. Totalisant 34 agences ou établissements de travail temporaire d'insertion (ETTI), il devient ainsi l'un des premiers acteurs français luttant contre l'exclusion par l'activité économique. À nouveau, le réseau est attentif aux enjeux du marché du travail et veille à élargir son offre professionnelle à de nouveaux métiers. Dès 2010, il se positionne ainsi sur les secteurs de l'industrie et de la métallurgie, dits en tension car ils manquent de main d'œuvre qualifiée. Dès lors des formations courtes ou en alternance ont été proposées aux intérimaires ; six d'entre eux ont obtenu leur certificat de conduite d'équipement industriel grâce au Contrat de Développement Professionnel des Intérimaires (CDPI) dans le bassin de Montbard, en Côtes d'Or. « La démarche a été soutenue par le Fonds A2I, Agir pour l'Insertion dans l'Industrie », explique Valérie François, directrice de développement Grand Est d'ID'ÉES INTÉRIM. « Les intérimaires sont montés en compétences, sans rupture dans leur parcours d'insertion professionnel. »

Quelques mois plus tard, six nouvelles recrues suivaient le même parcours. Le bilan en 2015 ? Implanté dans 28 départements, le Groupe totalisait 500 salariés permanents en 2015, accompagnant 3 666 salariés en insertion. Sur 1601 personnes sorties, 1 056 pouvaient se prévaloir d'un emploi ou d'une formation, fixant le taux de sorties dynamiques à 66%. Le coût de cette mise à l'emploi ? On peut dire aucun, puisque pour un euro alloué par l'État et les collectivités locales, plus du triple est reversé en taxes, impôts et charges sociales. Ratio qu'il importe par ailleurs de mettre en perspective : dans toute autre situation de prise en charge, les mêmes résultats coûteraient beaucoup plus cher – sans préjuger de leurs bénéfices durables...


Le vivre ensemble, une valeur à partager

Car dès l'origine, ce projet économique et social s'est fondé sur une pédagogie volontariste, que l'expérience a confirmée au fil des années. Les droits, par exemple, ne vont pas sans les devoirs : c'est le socle de relations humaines positives. Hétérogène, l'espace de l'entreprise impose de vivre avec des collègues différents : d'où la nécessité de comprendre et de respecter les règles collectives. Autre principe, la conquête de l'autonomie se marie très bien avec un encadrement attentif : c'est ainsi que s'échafaude le mieux un projet individuel. In fine, la réussite est la meilleure des motivations : gagné dès la feuille de paye et la rétribution qui l'accompagne, ce sentiment de fierté convainc qu'une embauche durable n'est pas un vœu pieu. Loin d'être sorti d'un traité de psychologie, ce credo a pris pied dans la rue. Éducateurs à la fin des années 70, Pierre Choux et Jacques Danière constatent que si le travail reste relativement ouvert aux personnes peu qualifiées, il est inaccessible à celles qui font plus preuve de comportements plus instables. Concernant les jeunes en rupture sociale, en particulier, seule une mise au travail peut les stabiliser et leur donner un projet de vie. D'expérimentations en chantiers éducatifs, les futurs fondateurs du GROUPE ID'ÉES vérifient que ces jeunes sont tout à fait capables de travailler, parfois durement, dès lors qu'une confiance leur est accordée, dans le partage du labeur et le vivre-ensemble qui l'entoure. Passerelles, les « entreprises intermédiaires » du début deviennent peu à peu des « entreprises d'insertion ». Et les premières ID'ÉES, soit « Initiatives D'Entreprises Et Services », entraînent en 1988 la structuration du Groupe éponyme.

Aux côtés des fondateurs, l'actionnariat s'est élargi au gré des projets territoriaux, des rencontres, des réponses aux sollicitations et autres opportunités partenariales ; il compte aujourd'hui la Macif, France Active, Adecco, Sodexo, AG2R, Suez et April Group. Quant au financement public, octroyé par conventionnement, il vient légitiment compenser l'improductivité inhérente à cet écosystème ainsi que les surcoûts d'encadrement... En trente ans, plus de 100 000 personnes ont été ainsi accompagnées vers l'emploi. Du temporaire qui dure !



Plus d'infos

Site web : www.groupeidees.fr

☎ 03 80 51 66 76

✉ 8 bis, rue Paul Langevin CHENOVE – 21300

 

 


Belle histoire de primé racontée par Anne Laure Murier pour le compte de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur

 
 
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