Fondation d'entreprise
 

Pitchy 

 Il y a le Néerlandais Vistaprint, qui a démocratisé les cartes de visite, en proposant de personnaliser à petit prix des gabarits en ligne. Et il y a Pitchy, qui décline le même principe pour la vidéo, en quelques clics aussi simples que rapides. De là à ce que la startup française, lancée en 2013 à Paris, devienne à son tour un géant numérique, il y a sa technologie aussi innovante qu'imbattable, doublée de l'expertise entrepreneuriale de ses deux créateurs. Arrêts sur images de cette success story en accéléré. 

La vidéo en générique


C'est ce qui s'appelle apporter la preuve par l'exemple. « Pour faire passer un message, vous pouvez utiliser un pigeon voyageur, un télégraphe ou un homme sandwich, » accrochent d'emblée des illustrations chics, au diapason d'énonciations choc. « Sinon, il y a la vidéo. C'est aujourd'hui la façon la plus efficace de se présenter ». Argument imparable, étayé en direct live. Plus de visibilité, autant dire plus de clients et plus d'achats ; une notoriété conséquente, par voie de cause à effet ; un référencement naturel imbattable, puisque les chances d'être en première page de Google sont multipliées par 53 : on ne peut être plus clair. Et comment douter que « la vidéo est le média le plus regardé, accessible de partout, tout le temps et par tout le monde » ? L'alternative ne se pose plus : à moins d'avoir du temps et de l'argent à perdre, Pichy gagne le casting. « Insérez vos textes et vos visuels. Placez votre logo. Et partagez votre vidéo avec le monde entier. » Le tout en à peine plus de temps - disons une trentaine de minutes - qu'il ne faut pour le démontrer  - soit deux minutes, d'une inégalable efficacité.

Avec cette technologie unique en France, qui permet de générer des vidéos de qualité professionnelle rapidement, simplement et à moindre coût, Benjamin et Lionel Chouraqui ont tout de suite convaincu. Dès le lancement de leur startup en 2013, des business angels investissent dans cette plateforme de personnalisation automatisée ; respectivement diplômés de HEC et de l'Essec, les deux frères trentenaires lèvent un capital de 135 000 euros. Rentable dès la première année, la bien nommée Pitchy s'équilibre par autofinancement et emprunt bancaire. En 2015, c'est auprès de BNP Paribas et de la banque publique d'investissement (BPI) qu'elle mobilise 300 000 euros. Sans doute sa réputation la précède-t-elle. Dès cette année-là, elle figure parmi les “100 startups où investir“, selon le magazine Challenges. Puis, lors de l'IT Night, c'est un jury composé de vingt directeurs des systèmes d'information ou de l'innovation, dans des grands groupes, qui lui décerne le prix de “meilleure innovation digitale B to B“ ; dans leur ensemble, les 1 200 professionnels présents incarnent une formidable chambre d'écho. Deux ans seulement après sa création, l'entreprise peut s'enorgueillir d'une hyper croissance, avec un chiffre d'affaires qui a quadruplé.
 

Des vidéos 5 à 10 fois moins chères

« Notre technologie est maîtrisée par moins de dix sociétés, parmi lesquelles Apple et Adobe », explique Lionel, le benjamin. « Celle-ci a créé le premier logiciel de montage utilisé dans le monde : nous l'avons automatisé, en faisant communiquer Adobe After Effects et les fichiers vidéos, sans intervention humaine. La seconde innovation est ergonomique : à des utilisateurs qui n'ont aucune compétence en logiciels de montage, nous permettons de créer une vidéo en quelques clics, en quelques dizaines de minutes. Enfin, le business model participe à cette originalité inventive puisque nous sommes un logiciel en ligne (SaaS), dont le modèle est conçu sur une formule d'abonnement : en souscrivant à des licences annuelles, nos clients créent leurs vidéos cinq à dix fois moins chères sur notre plateforme, où elles sont consultables à volonté. » Un marketing digital qui a fait de nombreux adeptes, de Bouygues Immobilier à Air Liquide, du ministère de l'Intérieur comme celui de l'Économie et des Finances à la mairie de Paris, des Taxis G7 à Unibail-Rodamco, sans compter MMA ou encore le Groupe la Poste.

Via une filiale de ce dernier, qui est un accélérateur de startups, Pitchy a vu ses opportunités multipliées alors qu'elle n'était qu'en “early stage“ ; non contente de pouvoir nouer des partenariats avec les différentes entités du groupe, elle est aussi présentée à son réseau de partenaires et de clients. « Dans cette équipe d'entrepreneurs expérimentés, avec une grande courbe d'apprentissage, nous avons apprécié la capacité d'exécution hyper performante et, surtout, la technologie », partage Kévin Aserraf, analyste chez Start'Inpost. « Simplicité, gain de productivité : chaque présentation en interne a provoqué un effet “waouh“. Beaucoup de filiales ont donc adopté cette solution, pour de nombreux usages : des newsletters internes, qui intègrent maintenant de la vidéo ; des invitations à des événements ; des réponses à des appels d'offres, où la vidéo vient désormais remplacer ou compléter Power Point ; la publication de résultats financiers, apportant de la fluidité à des chiffres autrement ennuyants. En externe, lors de “demo days“ où nous les invitons, leur capacité à convaincre les clients se confirme ; la direction de Total a été séduite, par exemple. » Directeur marketing et communication du groupe d'audit Mazars, Paul Mazloum abonde : « Répondre à un appel d'offres par vidéo, c'est un moyen non seulement d'être beaucoup plus impactant, mais de se différencier par rapport à la concurrence ! Grâce à Pitchy, nous avons résolu notre problématique : réussir à digitaliser notre contenu pour communiquer plus efficacement et plus directement, sur le web et les réseaux sociaux évidemment, mais aussi dans des canaux de diffusion un peu plus singuliers.  La personnalisation d'un template est facile et rapide, à des coûts imbattables pour produire des vidéos de cette qualité. À recommander. »


Pitchy-L

Une approche dans l'air du temps

Ironie de l'histoire, Lionel et Benjamin Chouraqui ont été leurs premiers clients, si l'on peut dire, Pitchy faisant office d'auto-prescription. « Lorsque nous avons fondé notre première entreprise, en 2006, nous avons souhaité recourir à une vidéo, support en pleine expansion, devenu incontournable ces dernières années : il représente 90% du trafic web. Or nous nous sommes aperçu de trois écueils : le prix, le temps de réalisation et la compétence. Alors que Cap Enseignement Supérieur était devenu autonome, nous avons décidé de nous lancer dans une deuxième aventure pour combler cette souffrance de marché », poursuivent-ils de conserve. Leur objectif : démocratiser le marché de la vidéo, en la rendant accessible aux très petites, petites et moyennes entreprises, notamment. D'autant que, si cet outil permet de gagner en visibilité et de booster les ventes, à quoi bon payer une fortune pour l'obtenir après un long délai, ce qui risque d'en rendre le message obsolète ? A l'opposé de cette offre intégralement sur mesure, inadaptée aux réalités du marché autant qu'aux usages sur la toile – où les contenus ont la vie courte -, une proposition en prêt-à-porter ou en demi-mesure avait toute sa place.

96% d'augmentation du taux de clics dans un emailing vidéo, 30% d'augmentation du passage à l'acte sur un site de e-commerce... A l'heure de l'e-learning, autrement dit de l'apprentissage en ligne, ce sont autant de nouvelles perspectives qui s'ajoutent. Invité à débattre sur le sujet lors de l'université du numérique, en mars dernier, Pitchy a redoublé d'arguments. « On dit que l'image vaut 1 000 mots... Je vous laisse imaginer combien vaut une vidéo !  En plus de la rationalité du message qu'elle va véhiculer, la vidéo permet d'amener de l'émotion. Ce qui permet d'atteindre un taux d'adhésion des équipes, des collaborateurs, des salariés qui est beaucoup plus fort qu'avec un simple texte, par exemple. Quand on a réussi à convaincre, il y a autre chose qui est important : la mémorisation du message, alors 4 fois plus importante d'après les études. » Nouveau marché faisant, l'interface historique, qui ne nécessitait pas de caméra, va se doubler d'une interface d'habillage des films, permettant de les monter et les habiller en ligne. Destiné aux MOOCS notamment, soit une digitalisation de l'enseignement accessible en ligne, un professeur de l'Essec atteste qu'elle a de beaux jours devant elle. « Un support qui soit prêt vite, ne coûte pas cher, soit de grande qualité, suscite l'envie et permette de travailler en autonomie ? Ce type d'approche est très pertinente pour la pédagogie dite “en classe inversée“ », plaide Thierry Sibieude, par ailleurs co-fondateur de la chaire d'entrepreneuriat social de cette grande école.
 

Un apprentissage renouvelé

Au rang des priorités des deux frères, donc : l'innovation technologique et produit.  Nul doute que le “one year startup programme“ de Google, qui vient de sélectionner Pitchy pour son haut potentiel, y contribue : en plus d'un financement de 100 000 dollars à investir dans l'année, les développeurs et autres experts techniques du géant accompagnent les équipes techniques des heureux élus. Par ailleurs, une levée de fonds de série A, totalisant plusieurs millions d'euros, est prévue en 2016. En support du développement commercial, y compris à l'international, 4 embauches en CDI sont venues renforcer l'équipe de 10 salariés et 2 stagiaires, pendant qu'est planifiée l'ouverture d'un bureau à Londres, puis d'un autre à New-York en 2017. De là à savoir, dans quelques années, où pister et attendre ces créateurs d'entreprise(s), enseignant chacun à l'Essec l'entrepreneuriat... « Ce n'est pas un métier, mais une compétence, transmettons-nous à nos étudiants. Aujourd'hui, les membres de notre génération (Y) auront 13 métiers différents ; ils seront indifféremment entrepreneurs, freelances, en CDI, expatriés, etc. Plusieurs de ces modes de travail cohabitant parfois. Il faut se remettre en question et s'adapter, mettre à profit ses qualités de prise d'initiative et de capacité à embarquer les autres. Voilà le message clef. » Et La preuve par l'exemple.


Plus d'infos :

Site web : www.pitchy.fr

☎ 01 55 90 53 70

✉ 46, avenue Niel Paris – 75017


Belle histoire de primé racontée par Anne Laure Murier pour le compte de la Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur
 
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